COMMENT LA RECONNAITRE
cher, sans rien ajouter de leur propre cru à celle symptoma- (ologie si complexe et si spéciale à la fois.
En général, Messieurs, peul-êlre pourrait-on dire forcément, le simulateur est un fantaisiste. Il imagine volontiers, il brode et exécute des fioritures. Rappelez-vous la consultalion donnée par Sganarclle à Lucinde, laquelle peut être considérée comme une parfaite simulatrice.
Sganahelle. — Qu'avez-vous ? Quel est le mal que vous
sentez ?
Lucinde {répojid par signes en portant sa main à sa bouc/ie, à sa tête et sons son menton), — Han, hi, hon, han. '
Sganarllle. — Hé ! que dites-vous?
Lucinde, continuant les mêmes gestes, — Han, hî, hon, han, han, hi, hon '.
Sganarelle. — Quoi ?
LuQNDE. — Han, hi, hon.
Eh bien, Messieurs, ces han, hi, hon, han, sont évidemment de trop et révèlent la simulation. Le muet légitime reste silencieux, je vousTai dit, et, s'il porte souvent la main à sa gorge pour montrer que là est, suivant lui, Tobstacle, il ne la place pas, que je sache, sur sa tête ou sur sa bouche. C'est, je le crois, par des considérations de ce genre que la simulation se démasquera souvent d'elle-même.
Il ne faut pas oublier surtout. Messieurs, que, dans de certaines circonstances, la simulation peut paraître très vraisemblable, alors qu'un examen plus attentif montre qu'il s'agit, en réalité, de symptômes parfaitement légitimes.
Tel est le cas suivant que j'ai eu l'occasion d'observer à la prison de Saint-Lazare, grâce à l'obligeance de mon collègue, M. le P' Brouardel.
Hélène G..., jeune détenue de 24 ans environ, avait adressé
i . Le Médecin malfjré lui, scène VI.
CiiARCOT. Q'Iuvres complctes, t. m, Système nerveux. 28