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LIUTATIOR PARTICUUÈHE DE L*ANBSTaâsiE 4i7
dres frôlements. Les TrAlenienls donl il est queMion provoquent l'apparition des battements dans les tempes et des bruits dans les oreilles.
Les attaques sont représentées de la façon suivante : douleur dans un des flancs, sensation de boule qui remonte jusqu'au cou, menaces d'ûtoufTement, battements dans les tempes. Le plus son-
vent, une épislaxis termine la scène. Les choses, de ce cAté, ne vont pftB plus loin.
On doit faire ressortir maintenant d'une façon toute particulière /« mode de limitation gue présente du côté de tabdumen et du ironc, tanettkéiie de$ membres inférieurs chez notre maiade. Eu avant 0Î;.84), cette limite est repréeenlée par une ligne qui suit le pli de
llg Ar-i'EKoice
raine de cliaqae e(.U!. jusqu'il l>pine iliaque anUJrkure, rwna lesorgmie* géiiilaux; en arrière, c'est une ligue qui suili/ft rinKftion des muscles fcisicr*. réser^-anl au centre une sr^ de V qui correspond au sacrum. Cette disposition est Lisait rente de celle qui s'observe dans les cas où l'aneslbiàie dM or» br«3 inférieurs c»l la conséquence d'une lésion organlqwà
moelle épinièro, soit, par exemple, d'un foyer de myèlile p»li* sii^eanl vers le milieu de la région dorsale et Intéres^nt plus* moins proronJémcnl la substance grise centrale. En puoltl' Taiieâthésie des membres inférjeurs s'étendrait sur la régiooiririeure de l'ubdomen, et se délimilerail, ou le sait, des pV'io saines, par une ligne îi peu près perpendiculaire à l'axe du v^
MÉSCE MODE DE LIMITATION DANS L ÉTAT nYrNOTJQUE 449
et passant au voisinage de Tombilic. — Le mode de délimilalion de Tanesthésie, chez Le Log..., reproduit, au contraire, exactement la disposition correspondante qui s'observe chez une hystérique hémianesthésique hypnotisée^ lorsque, dans la période somnambulique on détermine chez elle, par suggestion, la paralysie totale du membre inférieur répondant au côté non anesthésié [fig, 86 et 87; .
La présence des stigmates classiques et d'attaques, à la vérité, rudimentaires, mais suffisamment caractérisées, permet d'établir péremptoirement l'existence, chez le malade, du fonds hystérique. Mais on peut aller plus loin et montrer, en outre, que la paraplégie elle-même offre chez lui tous les caractères des paraly.<ies hystériques psychiques ou mentales, comme on voudra les appeler. A Tappui de cette thèse, il convient de rappeler tout d'abord le mode de délimitation de Fancsthésie des membres inférieurs du côté de Tabdomen. En avant comme on Ta dit, la limite en question est marquée par une ligne qui passe par le pli de Taine, réservant les organes génitaux et remontant jusqu'à Tépine iliaque, tandis qu'en arrière la ligne frontière suit l'insertion des muscles fessiers, réservant, au centre, une figure en V qui répond à la face postérieure du sacrum {fig. 84 et 85).
Cette disposition si originale est bien différente, on le voit, de celle qui s'observe quand l'anesthésie des membres inférieurs est la conséquence d'une lésion organique en foyer siégant, par exemple, vers le milieu de la région dorsale et intéressant plus ou moins profondément la substance grise centrale. Alors, en effet, l'anesthésie des membres inférieurs s'étendrait sur la partie inférieure de l'abdomen où elle se limiterait du côté des parties saines, par une ligne perpendiculaire à l'axe du tronc, passant au voisinage de l'ombilic.
D'un autre côté, le mode de limitation de l'anesthésie, chez notre malade, reproduit, au contraire, exactement la disposition qui, — ainsi que cela résulte des nombreuses recherches
Charcot. Œuvres complèlcs, x. m, Système iwvcux, D
450 APPEHmCB
faites par H. Charcot à ce sujet, — s'observe chez les hystériques hémianeslhésiques hypnolisaUes, lorsque, dans la période somnambuliqae, oo vient, à déterminer chez elles» par voie de suggestion, la partlysb motrice et sendtive totale du membre inférieur, répondant au côté anesthésié '. II but ajouter que chez Lelog..., comme chez les hystériques en question, Tanesthésie s'étend jusqu'aux parties profondes, que toutes les notions relatives au sens musculaire sont abolies et que l'impuissance motrice se montre en même temps très accentuée.
Donc, en ce qui concerne la paralysie, le cas de Lelog... ne diffère cliniquement, par aucun caractère essentiel, des cas où, shez les hystériques hémianesthésiques hypnotisables, la paralysie des membres inférieurs a été provoquée par voie de sug* gestion. Cela déjfc rend très vraisemblable que, dans les deux ordres de faits, le mécanisme de la production, tant de l'impuissance motrice que de l'anesthésie, est le'méme, Or, quand chez le sujet somnambulisé on suggère par la parole Tidée d'impuissance motrice d'un membre et qu'on voit celte idée se réaliser effeclivement sous la forme spéciale de paralysie qui vient d'èlre décrite, on ne peut guère, dans l'état actuel de la science, se refuser d'admettre que cela dépend d'une lésion dynamique affectant celles des zones motrices et sensilives de Técorce grise cérébrale qui, à l'état normal, président au fonctionnement volontaire du membre. En conséquence, on est, du
l. Ainsi qu'on l'a vu pour le membre supérieur (Voir la Liçon XXI, pages 328, 340^ 341 et la Leçon XXII, passim), on peut, chez les sqjels hémiaDesthésiques liypnolisables, pendant la période somnambulique, délermioer, par suggestion orale, ou par Tapplication d*un coup, la paralysie partielle ou totale d'un membre inférieur. Dans le cas de paralysie partielle des mouvements d'une jointure, hanche, genou, cou-de-pied, etc., l'impuissance motrice de cette jointure entraine avec elle, à peu près nécessairemeni — ainsi (}iie cela a lieu dans le membre supérieur, -^ l'anesthésie cutanée ei profonde d'un segment correspondant du membre. Les limites qui séparent les diverses zones d'anesthcsie ainsi produites, sont représentées également par des lignes circulaires déterminant un plan fictif perpendiculaire au grand axe du membre {fig, 85, A et b).
AUTO-SLGGnSTION TRAUMATIQt'E 451
môme coup^ conduit à proposer comme une hypothèse très plausible que, chez Leiog..., la production de la paralysie a eu pour point de départ un processus analogue.
A celte manière de présenter les choses, on objectera sans doule que, d'un côté, le malade n'a pas été soumis à Thypnotisalionet que, d'un autre côté, on n'aperçoit pas, au premier abord du moins, dans Tobservalion, les conditions d'une suggestion. Voici ce que Ton peut alléguer relativement à ces deux points.
En premier lieu, il est certain qucTétat mental qui s'observe dans la période somnambulique de l'hypnotii^me ne constitue pas la condition unique où, par suite de l'obnubilation de la conscience, de la dissociation facile du moi, il soit possible d'éveiller dans les organes psychiques une idée ou un groupe d'idées associées qui, en l'absence de tout contrôle, de toute critique, devront s'établir à l'étal aulonome, vivre à la manière d'un parasite en quelque sorte, acquérant par ce fait môme une force énorme et une puissance de réalisation pour ainsi dire sans limites.
Parmi les étals mentaux inconscients ou subconscients dans lesquels, en dehors du somnambulisme hypnotique, les suggestions peuvent ainsi facilement se réaliser, on doit signaler certaines intoxications, celles du haschich par exemple (Ch. Richet) ou de l'alcool (Magnan) ; on peut signaler encore, suivant l'ingénieuse remarque de M. Page, les émotions, les commotions psychiques, le choc traumalique avec ou sans action physique directe sur la boîte crânienne, c'est-à-dire avec ou sans commotion cérébrale, ce dernier terme étant pris dans Pacception chirurgicale. L'expérience a montré en effet, depuis longtemps, que dans ces conditions-là, il n'est point rare de voir survenir des paralysies comparables cliniquement à celles dont il est question en ce moment.
Cela étant, il sera facile de reconnaître que, dans Phisloire
i.y;^ ArPENTiICK
i]r ^.^]c^.... on trouve loules les circonslances requises pour \k :f4v»duclion de l'état mental particulièrement favorable à la Wili^Uon objective des suggestions. On sait que, projeté vio- «cmmenl contre un trottoir, Lelog... a perdu connaissance immédiatement ; puis il est resté comateux pendant plusieurs heures, après quoi, il a été plongé enfin, pendant les deux ou trois jours qui suivirent Taccident, dans un état de véritable torpeur intellectuelle ; c'est dire qu'il a présenté alors la condition d'obnubilation psychique propice à l'efficacité des sugsreslions.
Mais l'on doit se demander actuellement quel a été, chez le malade ainsi préparé, le point de départ de la suggestion, si suggestion il y a eu. C'est ici le lieu de faire remarquer que toutes les suggestions ne sont point mises en jeu par la parole; il en est qui se développent en conséquence de la perception d'une odeur, d'une saveur, à la vue d'un objet parlioulier, à la suite d'une sensation quelconque en un mot ; et si 1o plus souvent elles sont provoquées par une personne élran- ^^i'^ro» parfois aussi elles sont la conséquence d'une modiGca- . , n sonsorielle ou sensitive, développée soit spontanément, v/i; aoridentellement chez le sujet lui-môme, de manière à ." -^utuor ce. que l'on oppeUe une aulo-suggesiioii.
V 00 propos, M. Cliarcot a fait appel aux arguments qu'il a ''V'-v 't<^s dans de précédentes leçons * relativement au méca- '•^^ du développement des paralysies hystéro-trauma- ^..o-v, uïôcanisme dans lequel ce serait justement l'autc- -:\^- >iiUM\ (|ui jouerait le rôle capital, il convient ici de se i»' -:\^ ou mémoire, tout d'abord, les phénomènes du shoch * * ^^vril par quelques autours, et qui consistent surtout ^ ^' i ^ uo contusion portant par exemple sur un membre. ^'- ^iuV'lo soil d'une intensité notable, produira néces-
'^^ WI.WII, xxiu.
^ v^ . vi-vluM\ iJilIrolli, Ole. Voir la Lrros XXVI.
IIYI'NOTISMK KT SUOClv NEIîVEfX à'V.i
sairement, soit uniquement sur la partie du membre où le coup a porté, soit sur le membre tout entier, divers troubles transitoires de la sensibilité et du mouvement, tels que sensation de lourdeur, parfois aneslhésic réelle et parésie motrice plus ou moins accentuée. Pour un choc d'une intensité donnée, ces résultats varieront dailleurs singulièrement suivant les sujets. C'est ainsi que, chez un homme vigoureux, bien équilibré, un coup de poing d'une intensité modérée assénô sur l'épaule — et ce qui est dit de Tépaule on peut le répéter à propos de la fesse ou de la cuisse — produira à peine un léger sentiment d'engourdissement très passager et limité ù la région contuse ; tandis que, suivant toute probabilité, chez une femme hystérique, l'engourdissement serait remplacé par des troubles beaucoup plus accentués, beaucoup plus étendus et plus durables. Ce sera, par exemple, chez colt(^ dernière, simultanément le sentiment d absence du membrr tout entier, une aneslhésie généralisée de ce membre, une parésie parfaitement appréciable à l'exploration dynamométrique, etc. Ajoutons que, si cette môme hystérique avait élé plongée dans l'état somnambulique, le môme choc eût déterminé, à peu près à coup sûr, une monoplégie complète, portant sur la sensibilité et sur le mouvement, présentant en un mot tous les caractères qui distinguent les paralysies hysléro-traumaliques, considérées dans leur type de développement parfait.
Il est clair que les divers cas qui viennent d'être passés en revue représentent les termes d'une môme série et que l'explication qui conviendrait à l'un d'entre eux, s'appliquerait également à tous les autres. Il suffira donc de considérer, par exemple, le cas du sujet hypnotisé où les accidents sont portés au plus haut degré et se présentent d'ailleurs dans des conditions plus accessibles à l'analyse. Or, pour ce cas-là, M. Charcot propose d'admettre que c'est dans le fait môme du choc
local, et, en particulier, dans les phénomènes sensitifs et moteurs qui s'y rattachent qu'il faut chercher le point de départ de la suggestion. D'un côté, la sensation de lourdeur, de pesanteur, d'absence du membre contusionné et, de l'autre côté, la parésie qui ne manque pas d'exister toujours à un certain degré, feront naître, en quelque sorte tout naturellement, ridée d'impuissance motrice du membre ; et celte idée, en raison de l'état mental somnambulique si particulièrement favorable à l'efficacité des suggestions, pourra acquérir à la suite d'une sorte d'incubation un développement considérable et se réaliser enfin objectivement sous la forme d'une paralysie complète, absolue.
Cette théorie peut, on le conçoit, s'appliquer de tous points à l'interprétation du mode de développement des paralysies hystéro-traumatiques qui se produisent à l'état de veille, en dehors de l'hypnotisme. Ici, la modification mentale appropriée est déterminée par l'ébranlement nerveux général (wcrvoKs shock) qu'a nécessairement provoqué l'accident et, pour ce qui est de la suggestion elle-même, elle est la conséquence directe et comme un prolongement amplifié des phénomènes du choc local. Cette dernière circonstance est, soit dit en passant, bien propre à montrer pourquoi les paralysies psychiques consécutives à une contusion occupent constamment le membre sur lequel le choc a porté.
Un bon nombre des paraplégies déterminées par une émotion, la peur en particulier (i'cArecA'teAmww^^w des auteurs allemands) * reconnaissent, sans aucun doute, l'explication qui vient d'être proposée. On sait que, chez Thomme, une émo-
1. Sur les pavahjfiies émotircs, voir surtout : R. B. Todd. Cli?i. L^ct, Ed. by lieale. London, UOl, p. 779. — 0. IJcrgcr. Emotions neurose. Deulsch. Zeil f. prakt. M'd., 1877, no 38, 39. Leydon. Huckenm, Kr. 1. Hd. pages 172, 173, 174.— R. Lippe. ZurCanùst. der Schrecklsphmung, Inaug. diss. Breslau, 1S77.— P. K. Pel. Zw Casuistik der Schrecklshmiing) Uerl. Kltn, Woch», 1S81, no 23).
PSYCnOSE TRAUBCATIQUB 455
tîon vive et soudaine, la frayeur, par exemple, el, a fortiori, ja terreur, entraînent à peu près nécessairement avec elles un sentiment d'impuissance motrice des membres inférieurs, et, au plus haut degré, sans sortir encore pourtant des conditions pour ainsi dire physiologiques, une véritable parésie paraplégique accompagnée parfois de tremblement*. Le choc nerveux cérébral [nervous-shock)^ inséparable de l'émotion, produira en pareil cas, chez un sujet prédisposé, la modification mentale qui rendra possible la transformation de la parésie émotive, transitoire, physiologique, en une véritable paraplégie complète et durable. C'est de la môme façon, probablement, qu'il conviendra d'expliquer bon nombre des paraplégies produites par la foudre.
Pour en revenir maintenant au cas de Lelog..., il ne nous reste plus qu'à déterminer pourquoi c'est dans les membres inférieurs que la paralysie hystéro-traumatique s'est développée chez lui. On n'aura pas oublié que dans les premiers jours qui suivirent l'accident, le malade portait sur la partie antérieure de la cuisse droite et sur toute la partie inférieure de l'abdomen de larges ecchymoses ; on a pu remarquer de plus, qu'à cette époque, il se plaignait de ressentir dans les membres inférieurs, qui, d'ailleurs, étaient très notablement parésiés, un sentiment de pesanteur, de lourdeur, et jusqu'à un certain point, d'absence de ces membres. Ce sont ces phénomènes-là très vraisemblablement, ainsi que la présence des ecchymoses qui ont fait naître dans l'esprit de Lelog... la conviction que les roues de la voilure qui l'a renversé lui ont, comme il dit, « passé sur le corps ». Cette conviction qui le poursuit jusque dans ses rôves* est cependant absolument erronée. Nous le savons pertinemment par les renseignements
f. Ch. Darwin. V Expression des émotions, p. 30 eipass. Paris, 18 77. t. Voir un cas de paraplégie survenue à la suite d'un rôve, com« muniqué & la Société ae Biologie, par M. Féré (séance du 20 novembre
juslement W phénomènes produits par o
tour, onl déterminé l'aulo-suggeslion d'ol cif. 11 V a liou do remarquer fjue chez LeI la pliiiiart des cas du niârae genre, la pa produile au ninm'-'tit même de l'aceidenl quelques jotir.* après, à la suile d'une sort laboralion mentale iiiconscicnlc '.
En outre des phénomtnes de nature h lient d'élro relevés chez Lelog..., il en es partieiinenl pa'^ t la même catégorie : on a foulTrc û'iiiic façon permanente d'une ce i|tii lui donne la sensation d'un casque lou; do toutes paris. Tous les bruits retenlîss son oreille et il fait loul pour les éviter. 1 dt! fixer son ultentiou sur un poiot, de c <ans éprouver rapidement une énorrae fali lencieui et ne répond-iUin'd regret et coi aux <juestion>î qu'on lui adresse. Le plus s( morne, mi^lannollque, jiresquc stupide, pai irnscILle, s'emporte aux moindres observa
I . M s'Aiiil li. on Rendrai, il'iin plijnomfenc de car ■J'iili^ation incpnaclctiie* ou gulfCunacientta. Le mie
GUÉniSON SUBITE DE LA PAIIAPLÉGIK 457
el demande incessamment à changer de place dans la salle où il est couché, se plaignant constamment de ses voisins qui « Tagacent », Il a de Tinsomnîe, et il est souvent tourmenté par des rêves pénibles relatifs aux délails de son accident tels qu'il les a imaginés. Sa mémoire, d'ailleurs, paraît considérablement affaiblie. De l'accident lui-même il ne se rappelle rien, quoi qu'il en dise, et il y a lieu de croire que tout ce qu'il en raconte il Vu rôvé et inventé inconsciemmeni, amplifiant tout ce qu'il a entendu dire à ce sujet. Même pour les fails antérieurs à l'acciilent, il y a dans son esprit des lacunes énormes. Ainsi, il ne peut dire le nom d'aucun des palrons chez lesquels il a Iravaillé, ni désigner leurs demeures, etc.
On remarquera que ces divers phénomènes rappellent do tous points les houbles psychiques qui, avec ou sansTaccompagnement de manifestations hystériques, se montrent fréquemment en conséquence d'un choc i\ev\ eux {i\er vous S/iock\ plus parliculièrement quand le choc a été précédé ou suivi d'une commotion cérébrale physique. Ces accidents-là ont élé l)arfaitement décrits par MM. Skae, Page, Westphal, Mocli, KrafTl-Ebing, et tout récemment par M. Guder'. II est clair q\m chez le pauvre Lelog... ils aggravent la situation déjà assez compliquée autrement. Les phénomènes qui relèvent de l'hystérie chez l'homme sont, par eux-mêmes, souvent fort sérieux, surtout quand ils sont d'origine traumatique, en raison de leur ténacité, de leur durée, de leur résistance aux médications les plus rationnelles. L'existence de la psychose traumatique vient ajouter encore à la gravité du pronostic, car il no serait pas difficile de citer des exemples où cet état devenu incurable s'est terminé par la démence.
1. Wcstphal. Charité Annalem, Jahr., 1818, S. 379. — ■ Kiefîler. Die hn Eiscnhahmiienslc York. Dcrufshankh. Berlin, 1888. — Moeli. UeOer psi/c/tisrht; Slœrungen nach EisenbnUnum. fallen, {Berl, Klvt, Woch.^ 1881, n^ 6.) — Krafrt Kbing. Lehrb, der Vaychiat, 1883, p. 188. — P. Giider. iJic Geistess oruiujen nacfi Kopfverletzuufj. léna, 1886.
Los «itHnilsqui précèdent relativement au cas de Le Log... dalonl du 19 avril 188G. Voici, en résumé, ce qui s'est passé cher lui depuis cette époque. Pendant toute la durée des mois de mai et juin, aucun changement appréciable. Les attaques avec saignement de nez ont été fréquentes et intenses. La mauvaise humour et parfois la stupeur persistent ; de temps à autre un peu danurie. Le malade se nourrit mal; il vomit souvent. Sueurs profuses. Vers le milieu de juillet, les attaques prennent un caractcre spasmodiquc plus accentué. Le malade se dcbat davan- Uiiio ; il esquisse Tare de cercle, déchire ses vêtements ; on est ohligé de rattacher. Cependant, au milieu de ces désordres, les MU'nibres inférieurs restent immobiles. Les épistaxis sont plus nuvs et moins abondantes au fur et à mesure que les convulsions tondent A prédominer. Le 15 août 1886, le malade a eu le matin uno attn(pie convulsive très bien dessinée; il n'y a pas eu d'épistaxis, l^endanl Tattaqne, à un moment donné, on a vu les mem~ iives infi^rieurs s'agiter et les pieds venir frapper avec tant de force t\mh^ les barreaux du lit que celui-ci en a été déplacé. L'attaque /«^rwÎHfV, Ir malade est descendu de son lit et s'est mis à marcher, d abi»nl avec une certaine hcsilation, longeant les murs et s'appuyant sur l(»s ohjols environnants; mais, au bout de quelques !u»uns, la marche est devenue absolument normale.
NVanmoins, rancsthésic cutanée et profonde persiste, à un décria li*t^s prononcé encore, dans les membres inférieurs. Les aulres stigmates, à savoir le rétrécissement du champ visuel, Tanesthôsie pharyngée, etc., n'ont pas subi de modification apprôriablo.
Depuis cette époque, les attaques sont devenues plus rares et moins intenses. L'amélioration, en ce qui concerne les mouvements des membres inférieurs, ne s'est pas démentie; le malade marche de mieux en mieux ; il est sorti plusieurs fois de l'hospice |H>ur aller voir ses amis et a fait d'assez longues courses sans trop «le fatigue. Cependant la torpeur cérébrale subsiste toujours à un certain degré, et les stigmates ainsi que l'aneslhésie des membres intérieurs, ne se sont en rien modifiés (1" novembre IHHi^V
TAMPONNEMENT 4o9»
La disparition subite de la paraplégie motrice, à la suite d'une attaque qui présente tous les caractères de l'attaque hystérique, vient confirmer d'une manière éclatante l'opinion formulée concernant la nature de la maladie. Le malade cependant, plus d'un an après l'accident, ne peut pas être considéré comme guéri. En effet les stigmates hystériques persistent chez lui à peu près comme ci-devant.
2** Cas de monoplkc.ie BiiAcnuLE hystéro-traumatique survenue
A la SUlTi: d'un « tamponnement » AYANT PORTÉ SUR l'ÉPAULE*.
Le nomm»' \fouil...' est un homme robuste, vigoureux, bîer> musclé. Il ost âgé <le 25 ans, c'est un campagnard. Il est né dan& le déparlement du Doiibs, non loin de Besançon. Il y a un an, à peine, il faij^ait lo métier de cultiver la terre, depuis le mois de mai 4885 qu'il ('^l arrivé à Paris il est employé à la gare d'un chemin de fer où ou l'occupe à faire la manœuvre. Jamais il n'a été malade jufïqu'ici ; il ne parait nullement nerveux et ne sait pas ce que c'est «juuue attaque de nerfs. Il est plutôt lent, apathique, mou, torpide, et autant qu'on a pu en juger depuis 8 mois qu'il est dans le «service, l'imagination ne paraît pas jouer chez lui un grand rôle. 11 ne paraît pas qu'aucune maladie nerveuse ait existé dans la fauiilKs
Mouil... était eu élat de santé parfaite lorsque, le !•' décembre 1885 à 6 heures du soir, pendant qu'il travaillait à la manœuvre^ son épaule droile fut prise entre le tampon d'un wagon et celui d'une locomotive. La contusion fut légère très certainement, car il n'en résulta aurun accident sérieux d'ordre chirurgical. Mai» néanmoins, >i)us l'influence du choc, le malade perdit connaislance immédiatement et il s'affaissa. Transporté dans le cabinet du chef de LMpe, Il ne reprit ses sens qu'au bout de 20 minutes environ.
Il est intéressant de relever les phénomènes qui, d'après lui, auraient existé immédiatement après son réveil: 1® Sa respiration
1. Observation ivcueiliic par M. Dabinski, chef de clinique de la Faculté.