SENTIMENT D INNERVATION
accomplissement, — une transformation de ce changement psychique naissant, qui constitue à la fois la tendance à lacle et ridée de l'acte, en un changement psychique positif qui constitue l'accomplissement de l'acte en tant qu'il est mental. La différence entre un mouvement volontaire et un mouvement involontaire de la jambe, c'est que, tandis que le mouvement involontaire se produit sans aucune conscience antécédente du mouvements faire, le mouvement volontaire ne se produit qu'après qu'il a été représenté dans la conscience. Et comme cette représentation n'est rien autre chose qu'une forme faible de Tétat psychique qui accompagne le mouvement réel, elle n'est rien autre chose qu'une excitation naissante de tous les nerfs affectés à cette fonction, qui précède leur excitation actuelle.» Et ailleurs {Premiers principes^' p. 216): «La volition est une décharge initiale le long d'une ligne qui, par l'effet des expériences antérieures est devenue la ligne de plus faible résistance. Le passage de la volition à l'action n'est que le complément de la décharge. » D'après Wundt {Physiologie, trad. franc., p. 447), » le siège des sensations de mouvement ne paraît pas être dans les muscles, mais bien dans les cellules nerveuses motrices... Nous n'avons pas seulement la sensation d'un mouvement exécuté, mais celle d'un mouvement à exécuter. La sensation de mouvement est donc liée à l'innervation motrice, c'est pourquoi nous l'appelons sentiment d'innervation. (Innervationsgefuhl).» — M. Meynert, de son côté, s'exprime ainsi qu'il suit {Psychiatrie, p. 312): « Ich glaube der erste gewesenzu sein welcher sichdahin aiJsserte, dass die Innervalionsvorgange von den Hemisphaeren aus, welche man Willensacte nennt, nichts weiter seien als die Wahrnehmungs und Erinnerungsbilder der Innervationsge/àhle, indem solche, jede Form der Rcflexbewegungen begleitend, in die llirnriniie iibertragen werden, als die primare Grundlage secundar von dem Vorderhirn ausgeloster œhnlichen Bewegungen. Dièse Erinnerungsbilder bekommen dann durch Associations Yorgange die intensitat der Kraft zugefùhrt, durch welche sie fîir die vom Vorderhirn ausgehenden sccundaren Bewegungen, als Arbeitsaosioss langs centrifugalen Bahnen wirken. » — Dans ses Clinicat
(llA APPii5DICE
and fttiyùdi. tlesearehes on ihe nertovs Sifittm (I81fi, |M(^~ W'WXVtn, M. ll.Jack&on adhère à l'idée de BaÎD, Viuoiitl autres, que notre •' conscience de l'aclivilê musculaire» esta grande jiarllc initiale, reiilrnle cl réalisable dans W centre» moleiiM. — Suivant M. Mnudflej {P/iyaîo/ng. de tEtpril, Irad. K. lliTicn, |>. 240 230], « il parait que c'esl daos la partie ImoUfa Ueicirccnvolullons (centres mutcura corticaux) que sontemn- ^3*iHiJâ les résidus dus sensations musculaires dont noas Unn iioB jnluitiuni molricet... u <• Le» parties de la surface dticentw qui agî.'^BCiil comme centres moteurs, sont le ^iége. .. d« kcwrcj>tioii <lu degré et de la qualité de l'iQDervati'jn muiculaiit, eVst-â-dire de ce qu'on a appelé /nt/tf^fiaru tnttseulairn. — Yoio enOn comment, sur ce même sujet, s'exprime M. Fe^^ier(f«a^ rîoiu ofthe lirain. cap. XI) " : « De In mime manière que les ctatrCï tennilifs ronnent la l>a«c organique de la mémoire dniopressions sensltive», et le i>iège de leur résurrection idéale, dt mime les centres moteurs des hémisphères, oulre qu'ils sontb si6ttc de (nouvemetiU dilTércDciés, Boni aussi la base organiqatdt la mémoire des mouvemeiitacorrespondaals, et le siège delnr n'CM-'i'iiliun ou rcprudiirlioii idéale. Noos avons ainsi une Vk moire sensilive et nue mémoire motrice, des idées sensilives « deaidcesmolrices; lus lUédi sensillves étant des sensations rar^ vées, et les iiii!es motrices étant des mouvements ravivés « idéaux, les mouvements idéaux ne Torment pas un élcmwt moins important de nos processus mentaux, que les seasaliou rovivL-is d'uni; foçon idéale. — Contrairement au.t vues qui viennent d'être e\|)riiiiées, M. Basiian [Le ceiveau oig-ine delapauit. l. Il, 188i, p,if,-es 209, 165 et ajipendiee) émet l'opinion que«!o centres rntJ leurs, on qu'ils soient fitués, sont des partit-sdunllulivite parait absolument libre de phases subjectives concomitantes ; il ne semble pa» que des reproductions idéales aient jamais lieu dans ces centres,. . « u C'est le cliangemeiit de condition du muscle excité et des parties conliguës, changement occasion» parle mouvement, qui entendre un groupe d'impressioiii «nirrpéles dont le fei'MifiUJ est le centre kinesihétique (ceolredu Kcns du mouvement}... Celui ci est donc un véritable centra M-
XOTIOXS DU SENS MUSCULAIRB 4tiU
sïi'iî ei des mouvements idéaux peuxeni êlre ravivés en lui, soil isolément, soit associés à des impressions visuelles qui s y rapportent... Cela ne saurait produire que la plus grande confusion, si Ton attribue l'activité de ce centre sensilif à celle des centres moteurs... Le substratum cérébral de Tesprit ne comprend donc, en aucune manière, les processus qui ont lieu dans les centres moteurs du cerveau, où qu'ils puissent être situtîs. En d'autres termes, on ne peut regarder légitimement les opérations mentales comme étant en partie immédiatement dues à l'activité des centres moteurs. »
A Tappui de la théorie proposée plus haut, on peut rappeler ce qui s'observe chez certains sujets, hystériques pour la plupart, qui, privés de tous les modes de la sensibilité dans un membre, ont conservé cependant en grande partie la faculté de mouvoir ce membre librement, alors môme qu'ils ne peuvent avoir recours, les yeux étant fermés, à l'influence à la fois directrice et dynamogène de l'image visuelle du mouvement. Notre malade Pin... ' oCTre aujourd'hui un bel exemple du genre. Chez lui, comme on Ta vu, la sensibilité cutanée et la sensibilité profonde sont complètement éteintes dans toute retendue du membre supérieur gauche et lorsque ses yeux sont fermés, il ne possède aucune notion des mouvements passifs imprimés aux divers segments de ce membre, non plus que de la position que ceux-ci affectent. Les yeux étant ouverts, les mouvements volontaires généraux et partiels du membre, tant pour la variété que pour la précision, présentent tous les caractères de Tétat normal. Ces mouvements persistent, en grande partie, lorsque les yeux sont fermés, seulement ils sont plus incertains, comme hésitants, nullement incoordonnés toutefois : ils s'opèrent, en un mot, comme à tâtons. Pin... peut encore, les yeux clos, diriger ses doigts avec une certaine précision vers son nez, sa bouche, son