QUATRIÈME LEÇON
Sur Tatrophie musculaire consécutive au rhumatisme
articulaire chronique.
SoMUAiitE. — Atrophie musculaire dans les arthropathies aiKurs,sub-aipu(^8, ou chroniques. — Relation entre la localisation de Tatrophie et le siège de Tarthropathie. — Types du rhumatisme articulaire chronique primitif : i^ rhumatisme articulaire chronique primitif généralisé ou progressif; 2» rhumatisme articulaire chronique, lixe ou partiel: 3» nodosités d'ileberden. — Le rhumatisme chronique généralisé détermine des amyotrophies prédominant dans les muscles extenseurs des articulations malades.— Exagération des réflexes tendineux. — Avec Tamyotrophie, il existe une contracture à Télat latent. — Contracture spasmodi<]ue. réflexe d'origine articulaire.
Messieurs,
Je vais vous présenter un malade qui nous ramènera à Télude de ces paralysies amyolrophiques qui nous ont occupé récemment.
Vous n'avez pas oublié, en effet, ce jeune employé des télégraphes qui, à la suite d'un choc portant sur le genou droit et ayant déterminé dans cette jointure une arthrite, très légère, du reste, souffre depuis près d'un an d'une parésie atrophique, surtout localisée dans le triceps crural du côté droit, et qui rend depuis cette époque la marche très dimcilc.
Les lésions traumatiques ne sont pas, tant s'en faut, les seules causes qui puissent amener de tels accidents. Il est bien
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établi, en effet, que les lésions les plus diverses peuvent conduire au même résultat.
Le fait est bien constaté, en ce qui concerne le rhumatisme articulaire aigu, la goutte aiguë (Bouchard, Debove), le rhumatisme blennorrhagique. Ce qui vient d'être dit des arthropathies aiguës ou subaiguës, on peut le répéter du rhumatisme articulaire chronique. — Dans toutes ces affections articulaires, aiguës ou chroniques, Tamyotrophie se produit suivant les lois indiquées précédemment, c'est-à-dire qu'elle se localise d'une façon tout à fait prédominante sur les muscles extenseurs de la joinlure affectée ; ainsi, ce sont les muscles fessiers qui sont surtout atteints quand il s'agit d'une arthrite de la hanche; c'est le triceps crural, si le genou est atteint; c'est le triceps brachial, si la lésion siège au coude, etc.
Cette relation entre le siège de l'affection articulaire et la localisation de l'atrophie musculaire est même assez régulière pour pouvoir être utilisée, dans certains cas de diagnostic difficile. Ainsi, dans certaines arthrites de la hanche, dans certains cas de morbus coxœ senilis peu avancés, par exemple, lorsque les signes physiques sont encore difficilement appréciables, à cause de la situation profonde de l'articulation, l'aplatissement.très marqué de la fesse du côté correspondant résultant de l'atrophie des faisceaux inférieurs du grand fessier peut aussi être considéré comme un indice très significatif. Bien longtemps avant que les atrophies musculaires d'origine articulaire ne fussent connues, Adams ' avait appelé l'attention sur cet aplatissement de la fesse, dans certaines affections chroniques de la hanche. Le cas que je vais vous soumettre appartient à la catégorie du rhumatisme articulaire chronique.
1. Adams. — A Treatise on rhumatir f/uul, etc., London, 1857.