‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 35 sur 156 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

ment, car il n'y a aucune modification de la sensibilité ; mais les cornes antérieures le sont certainement dans la région qui correspond à Torigine des branches du plexus lombaire. Il s'agit d'une lésion peu profonde, peut-être dynamique des cellules des cornes antérieures ; celles-ci sont dans cet état d'hyperexcitabilité que j'ai proposé de désigner sous le nom de strychnisme, et qui pourra expliquer l'exaltalion des réflexes rotuliens, surtout du côté droit. Mais, au niveau de l'origine des branches du plexus sacré, Taltération des éléments ganglionnaires est plus profonde, un certain nombre de cellules sont modifiées ou détruites, ce qui correspond à l'altération si considérable des muscles fessiers.

La lésion spinale dont il s'agit, développée sous l'influence d'un traumatisme, autant qu'on en peut juger d'après l'évolution des phénomènes morbides, n'a pas de tendance progressive, tout le mal est fait depuis longtemps; on pourrait dire, d'après cela, que c'est une lésion éteinte, ou ayant même peutêtre sur les points oîi les éléments nerveux ne sont pas complètement détruits une certaine tendance à la rétrocession.

Le traitement devra consister surtout à favoriser cette tendance à la reconstitution des éléments affectés. On prescrira au malade de ne point se soumettre de longtemps encore aux mouvements fatigants des membres inférieurs qu'exige sa profession. On sait, en efl'et, que des lésions spinales anciennes et éteintes se réveillent, pour ainsi dire, sous Tinfluencc de l'exercice des membres correspondant à la partie affectée du centre spinal ; ainsi, dans la paralysie infantile du membre inférieur gauche, on peut voir, plusieurs années après, le membre inférieur droit se prendre à son tour, sous l'influence d'une marche forcée. Pour ce qui est de la médication, elle s'adresse surtout à Tétat Irophique des muscles affectés : nous conseille-

Page 1