‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 38 sur 156 · PÉRIODES SYMPTOMATIQUES · texte numérisé non relu

PÉRIODES SYMPTOMATIQUES

2*" en une altération des racines nerveuses qui traversent la méninge enflammée, et qui sont elles-mêmes plus ou moins irritées; 3^ enfin, la moelle elle-même peut être atteinte, à un certain degré, d'inflammation chronique ; mais ce qui domine habituellement, c'est la compression, et il en résulte une dégénéralion descendante du faisceau pyramidal que Ton peut retrouver jusqu'à la partie la plus inférieure de la région lombaire.

Cette esquisse analomo-pathologique, toute sommaire qu'elle soit, suffira pour faire comprendre physiologiquement révolution du drame morbide dont je vais maintenant vous exposer les principaux épisodes.

Disons tout de suite qu'il s'agit d'une maladie accidentelle, pour ainsi dire, qui paraît reconnaître souvent pour cause l'influence du froid humide ; ce n'est point une maladie de famille ou d'hérédité, comme l'ataxie, et il n'y a pas à s'étonner, dès lors, que ce ne soit point une afTecliou caractérisée par une lésion systématique.

\u point de vue symptomatique, on peut distinguer trois périodes.

La première fériode^ période névralgique o\x pseudo-névral- (/iquoy se fait remarquer par des douleurs vives, atroces, permanentes, avec cxacerbalions sié^^eant dans le cou, dans la parlie postérieure de la tôte, par une sensation de constriction siégeant au sommet de la poitrine. Ces phénomènes douloureux durent 4, 5 ou 6 mois, puis tout s'apaise. C'est la méninge qui en est cause, ou mieux ce sont les nerfs qui la traversent, mais non la moelle.

La deuxième période, période paralytique, est caractérisée par l'impuissance motrice des membres supérieurs. La paraplégie cervicale s'accompagne d'atrophie musculaire^ atrophie

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simple pour certains muscles, atrophie dégénérative pour certains autres, comme on peut le reconnattre par l'exploration électrique méthodique. Une particularité intéressante de cette paralysie atrophique, c'est qu'elle porte surtout sur les membres innervés par le médian et le cubital, tandis que ceux qui sont soumis à Tinnervation du radial sont relativement épargnés. De la prédominance d'action de ces derniers, résuUe une déformation spéciale de la main, une grifTe radiale que nous désignons sous le nom de main de prédicateur. A quoi cela tient-il? Les tubes nerveux qui constituent le radial naissent-ils plus haut ou plus bas que ceux qui se rendent au cubital, au médian, et ne sont-ils pas compris au même degré dansFaltération?

Troisième période. Quelquefois, les choses en restent là, et tantôt la maladie se termine par la guérison complète, tantôt il reste des lésions atrophiques indélébiles des muscles. Mais, en général, la moelle est plus ou moins étranglée par les produits de rinflammalion méningée, ou même elle est envahie par le processus inflammatoire, il survient une myélite transverse avec dégénération secondaire ; il en résulte alors une paraplégie spasmodique, avec participation de la vessie et du rectum.

Mais la paralysie des membres inférieurs n'est pas une paralysie atrophique comme celle des membres supérieurs, elle n'est pas due, en eflet, à une lésion des racines ou des cornes antérieures, mais seulement à l'altération dégénérative de faisceaux pyramidaux. C'est donc d'une paraplégie spasmodique, et non d'une paraplégie atrophique qu'il s'agit. Notez celte particularité que la flexion des membres inférieurs est souvent très prononcée, comme cela se voit surtout dans les paraplégies par compression.

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