‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 39 sur 156 · INTERVENTION CHIRURGICALE · texte numérisé non relu

INTERVENTION CHIRURGICALE

Nous sommes maintenant en mesure de tirer parti du fait actuel; c'est un cas régulier, classique, sauf sur quelques points d'importance secondaire. Voici, en deux mots, Thistoire de la malade. Elle a été atteinte, à T&ge de trente-trois ans, à la suite d'un séjour de plusieurs années dans une habitation humide et froide. La période douloureuse a duré six mois, les douleurs occupaient non seulement les membres supérieurs, mais encore le thorax ; la moelle dorsale était donc atteinte. La période paralytique a débuté par les membres supérieurs, peu après les membres inférieurs se sont pris ; quoi qu'il en soit, pendant plus d'un an, il exista une paralysie atrophique des membres supérieurs avec griffe radiale et une paralysie spasmodique des membres inférieurs avec flexion excessive : les talons touchaient les fesses. Au bout d'un an, soit sous l'influence d'un traitement qui a surtout consisté en application de pointes de feu sur la région spinale soit spontanément, il s'est fait une résolution progressive des phénomènes paralytiques et atrophiques, du côté des membres supérieurs ; les mouvements de ces membres sont revenus aussi bien h l' avantbras qu'au bras et à l'épaule ; les masses musculaires se sont développées, la griffe s'est effacée peu à peu. Dans les membres inférieurs, l'amélioration s'est faite à peu près parallèlement ; l'exagération des réflexes tendineux a disparu, la rigidité musculaire ou, aulremenl dit, la contracture s'est effacée, les mouvemenis sont devenus libres, dans la plupart des jointures, à l'exception toutefois des genoux.

A ce momeni, il ne s'agissait plus d'une flexion des genoux à angle aigu, comme autrefois, mais d'une flexion à angle obtus ; et cette flexion n'était plus due à la contracture, car on pouvait produire dans la jointure les mouvements de flexion étendus et quelques mouvements d'extension ; mais quand on voulait dépasser une certaine limite, on était arrêté par une

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