NÉVROSES
C'est qu'en effet les moyens de recherche qui nous appartiennent en propre nous ont mis désormais en possession d*un cerlain nombre de faits fondamentaux, relatifs à Thomme, contre lesquels les données fournies par la vivisection ne sauraient jamais provaloir. Ainsi nous savons, de science certaine, que la lésion destructive du faisceau pyramidal, dans son trajet capsulaire en arrière du genou, produit Thémiplégie permanente vulgaire ; que les lésions destructives de l'extrémité postérieure de la capsule interne produisent le syndrome hémianesthésic cérébrale ; pour ce qui est maintenant de Técorce des hémisphères, on ne discute plus guère aujourd'hui sur le rôle pathologique de la circonvolution de Broca. On sait que la destruction des circonvolutions de la zone dite motrice produit, si elle est g'Miérale, Thémiplégie complète, ou au contraire seulement une moiioplégie si la lésion se circonscrit dans telle ou telle région secondaire. Aux lésions irritatives de ces mêmes régions se rattachent les phénomènes de l'épilepsie partielle. Sans doute ces faits de localisation ne fournissent pas encore les éléments d'une doctrine arrêtée, concernant le rôle physiologique de diverses régions cérébrales. Mais, tels qu'ils sont, ils représentent comme autant de points de repère qui dirigent le clinicien dans la difficile recherche du diagnostic.
On comprond, par ce qui précède, l'importance que nous
devrons accorder dans nos études à la recherche anatomo-
paihoktc'îûuo. Mais vous n'ignorez pas, Messieurs, qu'il existe
encoTf.. b ;Tïniro qu'il est, un grand nombre d'états morbides,
wran: eùûp.niffîf^l pour siège le système nerveux, et qui ne
lUâscL 5sr u ;^«.^A\ro aucune trace matérielle appréciable.
LcM^wii. Vn>ii»^*'rf^ m^u)C la plus invétérée, la chorée et
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bien d'autres états morbides qu'il serait trop long d*énumérer, s'ofirenl à nous comme autant de sphynx qui défient Tanatomie la plus pénétrante. Ces composés syraptomatiques privés du substratum anatomique ne se présentent pas à Tesprit du médecin avec cette apparence de solidité, d*objectivilé qui appartient aux affections désormais rattachées à une lésion organique appréciable.
Quelques-uns même ne voient, dans plusieurs de ces affections, qu'un assemblage de phénomènes bizarres, incohérents, inaccessibles à l'analyse et qu'il vaudrait mieux peut-être reléguer dans la catégorie de Tincognoscible. C'est l'hystérie qui est surtout visée par cette sorte de proscription. Mais un décret, d'où qu'il vienne, ne suffira jamais pour la faire rayer du cadre nosologique. 11 nous faudra donc la prendre telle qu'elle est et ne pas nous laisser rebuter par les difficultés que présente son étude. D'ailleurs, Messieurs, seule une observation superficielle a pu conduire à l'opinion que je viens de signaler; une étude plus attentive nous fait voiries choses sous un autre aspect, et un grand mérite de Briquet est d'avoir, dans son beau livre, établi d'une façon irréfragable que l'hystérie reconnaît, elle aussi, au même titre que les autres étals morbides, des règles, des lois qu'une observation attentive et suffisamment multipliée permettra toujours de dégager. Permettez-moi, pour ne citer qu'un exemple, de vous rappeler la description de la grande attaque hystérique, aujourd'hui réduite à une formule très simple. Quatre périodes se succèdent dans l'attaque complète avec la régularité d'un mécanisme : 1° épileptoïde; 2** grands mouvements (contradictoires, illogiques) ; 3*" altitudes passionnelles (logiques),* i"* délire terminal. Mais l'attaque peut être incomplète ; chacune des périodes peut se montrer isolément; ou encore une ou deux seulement d'entre elles feront défaut. On comprend