‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 6 sur 156 · NÉVROSES · texte numérisé non relu

NÉVROSES

combien de variétés pourront résulter de ces combinaisons ; mais toujours il sera facile à celui qui possède la formule de les ramener toutes au type fondamental.

Tout cela intéresse au plus haut point le clinicien qui doit apprendre à s'orienter au milieu de ce dédale en apparence ioeitricable. Mais ce que je tiens à relever ici, c*est que dans Tattaque, et je pourrais en dire autant de bien d'autres épisodes de rhystérie, rien n'est laissé au hasard, que tout s'y passe, au contraire, suivant des règles, toujours les mêmes, communes à la pratique de la ville et à celle de l'hôpital, valables pour tous les pays, pour tous les temps, pour toutes les races, uni- ViSrselles par conséquent.

Il est un autre grand fait dans l'histoire des névroses en général et de l'hystérie en particulier qui montre bien que ces affections ne forment pas, dans la pathologie, une classe àpart, gouvernée par d'autres lois physiologiques que les lois communes. C'est que leur sympLomalologie se rapproche toujours et souvent très étroitement de celles qui se rattache aux maladies à lésions matérielles. Et la ressemblance est parfois si frappante qu'elle rend le diagnostic des plus ardus. On a quelquefois désigné, sous le nom de neuromimésie, cette propriété qu'ont les affections sine inateria de simuler les maladies organiques. Entre Thémianesthésie vulgaire des hystériques et celle qui relève d'une lésion en foyer Tanalogie et frappante. Au fond c'est le même syndrome. Même ressemblance entre la paraplégie spasmodique des hystériques et celle qui relève d'une lésion organique spinale (impuissance motrice, rigidité, exagération .des réflexes tendineux, conservation du relief musculaire). Or cette ressemblance, qui désespère parfois le clinicien, doit servir d'enseignement au palhologiste qui, derrière le syndrome commun, entrevoit une analogie de siège

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anatomique» et, mutatis mutandis^ localise la lésion dynamique d'après les données fournies par l'examen de la lésion organique correspondante. Et ceci nous conduit à reconnaître que les principes qui régissent l'ensemble de la pathologie sont applicables aux névroses, et que, là aussi, on doit chercher à compléter l'observation clinique en pensant analomiquement et physiologiquement.

Puisque j'en suis à vous parler des difficultés que le clinicien rencontre dans l'étude des névroses et des moyens dont il dispose pour surmonter ces obstacles, il est encore un point que je voudrais, avant de terminer, signaler à votre attention. Il s'agit de la simulaiioUy non plus de cette imitation d'une maladie par une autre, dont nous parlions tout à l'heure, mais bien de la simulation intentionnelle, voulue, dans laquelle des malades exagèrent des symptômes réels, ou encore créent de toutes pièces une symplomatologie imaginaire. Chacun sait, en effet, que le besoin de mentir, tantôt sans intérêt, par une sorte de culte de l'art pour l'art, tantôt en vue de faire sensation, d'exciter la pitié, etc., est chose vulgaire, en particulier dans l'hystérie. Voilà un élément que nous rencontrons à chaque pas dans la clinique de cette névrose et qui jette, il n'y a pas à se le dissimuler, un jour de défaveur sur les études qui s'y rattachent. Mais, aujourd'hui, Messieurs, alors que l'histoire de l'hystérie a été tant de fois remaniée, fouillée dans tous les sens, est-il vraiment aussi difficile que quelques-uns paraissent le croire, de discerner la symplomatologie réelle de la symplomatologie imaginaire? Il n'en est rien, Messieurs, et pour ne point rester dans la généralité, permettez-moi devons présenter, dès à présent, un exemple concret, choisi entre

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