DIX-HUITIÈME LEÇON
A propos de six cas d'hystérie chez rhomme V
SoHMAiRE. — L'hystérie chez le m&le n'est pas aussi rare qu*on le pense. — Rôle du traumatisme dans le développement de cette afTection : Railwayspine. — Ténacité des stigmates hystériques chez les grands malades des deux sexes.
Relation de trois cas typiques et complets d'hystéro^pilepsie chez l'homme. — Ressemblance frappante de ces trois cas entre eux et avec les cas correspondants observés chez la femme.
Nous nous occuperons aujourd'hui de Thyslérie chez Thomme , et pour mieux circonscrire le sujet, nous considérerons Thystérie m&le plus particulièrement chez les sujets adolescents ou de la force de Tâge en pleine maturité, c'est-à-dire chez des hommes de 20 à 40 ans, et, en outre, nous envisagerons spécialement la forme intense, très accentuée, celle qui répond à ce que Ton appelle, chez la femme, la grande hystérie ou hystéroépilepsie à crises mixtes. Si je me décide à aborder ce sujet, que j*ai touché bien des fois déjà, c'est que nous possédons actuellement dans le service de la clinique une collection vraiment remarquable de malades, que je pourrai faire passer sous vos yeux et étudier avec vous. J*ai pour but, surtout, de vous faire reconnaître et, pour ainsi dire, toucher du doigt, ridenlité de la grande névrose dans les deux sexes. Car, dans
i. Leçon recueillie par M. Georges Guinon, interne du service.
254 UYSTÉKIE ET TRAUJIATISME
la comparaison que nous ferons, chemin faisant, des symptômes de la grande hystérie chez la femme et chez Thomme, partout nous aurons à relever les analogies les plus frappantes, et çà et là seulement quelques différences qui, vous le verrez, sont d'ordre tout à fait secondaire.
D'ailleurs, cette question de Thystérie chez Thomme esl, en quelque sorte, à Tordre du jour. En France, pendant ces dernières années, elle a beaucoup préoccupé les médecins. De 1873 à 1880, à la Faculté de Paris, il a été soutenu cinq disserlalions inaugurales sur Thyslérie chez Thomme, et M. Klein, Tautcur d'une de ces Ihèses faites sous la direction de M. le D' Olivier, a pu réunir 80 cas de cette affection. Depuis ont paru les importantes publications de M. Bourneville et de ses élèves ; de MM. Debove, Raymond, Dreyfus et quelques autres ; et tous ces travaux tendent à prouver, entre autres choses, que les cas d'hystérie mâle peuvent se rencontrer assez fréquemment dans la pratique vulgaire. Tout récemment, l'hystérie mâle a été étudiée, en Amérique, par MM. Putnam et Walton i, principalement à la suite des traumatismes et plus spécialement des accidents de chemin de fer. Ils ont reconnu, avec M. Page, qui s'est également occupé de celte question en Angleterre *, que beaucoup de ces accidents nerveux désignés sous le nom de Railway-spine et qui, d'après eux, seraient mieux appelés Raihvaj/'Braùi, sont, en somme, qu'il s'agisse de l'homme ou de la femme, simplement des manifestations hystériques. On comprend, dès lors, l'intérêt que prend une pareille question dans l'esprit pratique de nos confrères d'Amérique. Les victimes des accidents de chemin de fer demandent tout naturellement des dommages-intérêts aux Compagnies. On plaide ; des milliers de dollars sont dans la balance. Or, je le répèle, sou-
1. I. Putnam, Am. Journ. off. Neurology, 188i, p. .'îO?. — \Valton. — Arrh.of med., 1883, t. X.
•J. I*ai;e, In/tiries of the s/^nne and spinal cord mtliout appearent mecha" ftiail l'si'jiiy and tierrous shockj London, 1885.