‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 4)Chapitre 84 sur 156 · COMPARAISON DES DEUX CAS · texte numérisé non relu

COMPARAISON DES DEUX CAS

lésion destructive occupant l'écorce grise de Tun des hémisphères cérébraux.

Personne ne saurait contester, je pense, que dans l'observation qui vient d'être rappelée, tout se rapporte à l'hystérie. Or, entre ce cas et celui de Porcz... la présence des attaques et des points hystérogënes dans le premier fait seule la différence. Sous tous les autres rapports, les deux observations sont de tout point assimilables et Ton peut dire que celle de Pin..., plus complète, plus facilement déchiffrable que celle de Porcz..., du moins à certains égards, comble, en quelque sorte, la lacune qui existe entre celle-ci et les cas d'hyslérie les plus vulgaires; elle marque, si Ton peut ainsi parler, la transition, et nulle part la série n'est un instant interrompue.

Nous avons donc sous les yeux deux exemples de monoplégie brachiale hystérique^ de cause traumatiqiie^ observés chez Chomme; telle sera la conclusion de tout ce qui précède.

Je crois vous avoir démontré que chez les deux hommes atteints de monoplégie brachiale, qui ont fait l'objet des précédentes leçons, la paralysie survenue à la suite d'un traumatisme, est de nature hystérique. Or, ici, le diagnostic entraîne tout naturellement avec lui le pronostic et il est clair que celui-ci sera infiniment moins grave dans le cas d'une affection de ce genre que dans le cas où il s'agirait d'une lésion organique destructive. Sans doute, chez nos deux malades, la paralysie, déjà de date ancienne, pourra persister, tout hystérique qu'elle soit, peut-être encore pendant des mois, des années même, surtout si nous n'intervenons pas à l'aide d'une action thérapeutique appropriée : toutefois la guérison, on peut l'afGrmer, aura lieu tôt ou tard, et tous nos efforts doivent tendre à la h&ter.

Hais comment, suivant quels principes, faudra-t-il intervenir?

331 THÉRAFEmOTE

O-: l ce qu'il «"izit de dêtenniner actuellement. Nous fomr.-jzszji^ lireïseraai moyens empiriques que nous possédons. relatiTemeat au iraitemeat de lliTstérie : agents propres à re.e^e: l'état des forces, déchues à peu près toujours en pareil!* ocoareaœ : application répétée des moyens esthësiogènes el. en p-articuîier, éIe:trl?alion statique: pratiques hydrolhërapeuÙTie^ proîons^s. etc. Mais ces agents, dont il ne faulce^ taïa-rmi-ct pas nés î^er l'emploi, s'adressent surtout à l'élal généra*, et les résaltats de leur mise en œuvre, en ce qui cor. cerne li piraly^ie, si j'en juge d'après mon expérience, p3urra:ent se faire attendre bien longtemps encore. Certainemei.t notre action se montrerait plus efBcase si, au lieu de rejouer ur.iquement sur des notions empiriques, elle pouTail t-ire f iTidée sur des bises [ihysiolosiques; si, par exemple, il nous était don!:é de reconnaître, du moins en partie, le mécanisme de la production de ces paralysies hystériques traomatiques.

Ce problème, hérissé de difficultés de tout genre, nous allons, Messieurs, tenler de l'aborder cependant. Je ne vous I»romels pas, bien entendu, de le résoudre sur tous les points, mais dans la voie que nous allons suivre, nous efforçant d'approcher, autant que po^>ible, du but à atteindre, nous rencontrerons peut-être des aperçus dont les conséquences pratiques ne s^Tonl pas à dédaigner.

Pour parvenir au point où je veux vous conduire, je prendrai un chemin en apparence détourné : je reviendrai une fois do plus sur un sujet qui nous a occupés déjà*, je veux parler rh; ces jiaralysies singulières qui ont été désignées sous le nom (le paralysies psychiques, paralysies dépendant d'une idée

1. J. M. Ciwirrot, Jj'zioni cUnirhn delV anno scolastico 188i-84 iulle malittttfih'l sistemn mnvnsn, rcdalle dal D»»", D. Miiiotti. — Suite ptwalisi psirfn.h-, [u lUi, 110. Milano, 1883.

{P. dépendent on idea], ikcrzJrtK^in ver %irt.n.*fift.'jù*jri 'A '/v/'A EinbildungW^ ne dis pcL?. :*rL.Lrgj*:? * :/■* : ;:/w/ yf*-*^ '//'/v ffinaires; car, en somme. ::*.•• -nniui-.uii'i's tu-.» -iv^ ^,4*^*»î.'r). pées par le fait d*un troïiin* >*;'':uinii* --ni. ai;i.»;*i;-»îiii»-i. tout aussi réelles que ceLi*r4 vu li*:i»*îiiu*îii l' iiii» ^»•^>^^n ^»•/,o» que: elles s'en rap^poiilieni iir:ni*. • »b •• •»r, »» Mni.iwu*:bientôt, par un grand nombre itr rururiTv -, i.iiM!*»- •.wninnu;. qui rendent souvent le diit^ndstic uv «i^fi

Depuis fort longtemps <;:)nniif>. :-- i.-f ■'•►•: m •:•• ,r.i'la première fois étudiées il'unp 'nfcyri .'.k-.';. . -r.^ •? T.t-.r.s.iîque, en 1879, par M. le pr.'ilV>>rîif î • '• .-" .* ?*'■- »'• excellent travail où sont TâiUr:- frnr -: . . :- ^-r./ --#•■. -..o-* cliniques, ainsi que i^rs .nr'i'»-r.i î> -.-.:.-' -r -. -;:> **- -^ appliquer'. Leur h;-fùip>, :.ir,i>r,.!.4r . /V;. .- • •.' .-•-. •"points obscurs. Oa sait furi i)l»Mï -.-in- . ■ • -* '■•' - '- '-• nés circonstances, une paralysie pourrai •? • ■••..■> ,.-^ ' <■ tûfee et aussi qu'une idée contraire p^iiir'"r - ^^ ••'-.'» ' mais entre ces deux faits teriiiinaijx, cinir. - '•- •' ' termédiaîres restent danu iomlirc. Evi«l»*M'"*'-^ --' ' " sujet qui gagnerait bcau':^>ij;/^n précision •*."*"-^ ^* ■-*•'' ' pouvait être soumis à uuti ^tUMft «îxpérimer. ^ •*

Eh bien, Messieurs, grA'M sm% notions r>.v "''^'*' ' ""

duites dans la science, îjurla ri^jvrose hypno ^r-*' *

devenu possible, dans une certaine mesure, A^- * ** l'expérimentation dans les cas de ce genre. > vw «^'i** chez les sujets plongés dans l'état d'hypnoii*^»**' ^ -*^ ^ ble — etc'estlà un faitaujourd'hui devenu y»^**^— "î* • naître par voie de suggestion, d'intîn»*-^*^ '^^ ^^^ groupe cohérent d'idées associées, qui ^ i»HW*^ ''^ ' prit, à la manière d'un parasite, restant a»**»'^*'^^ •

1. R. Reynolds, Remarks on paralysis and ^^^^ ^ni^iir ' '^ ' ^ sensation dépendant on Idea, read to the annu4m "^

cal Association, Leeds. July. 1869. — In Britiêh *"

336 PARALYSIES PAR SUGGESTiOiX

et pouvant se traduire à Texlérieur par des phénomènes moteurs correspondants. S*il en est ainsi, on conçoit que Tidëe inculquée étant dans une expérience de ce genre, celle de paralysie, une paralysie réelle pourra, en effet, s'ensuivre ; et nous verrons qu'en pareil cas, elle se montrera souvent' tout ausd accentuée cliniquement que si elle provenait d'une lésion destructive de la substance cérébrale. Ce sont là des assertions que je vais dans un instant essayer de justifier en vous rendant témoins de la production de ces paralysies dites par suggestion, lesquelles pourront être à bon droit considérées comme représentant le type des paralysies psychiques.

Au préalable, je crois devoir vous rappeler un certain nombre de faits que vous connaissez déjà, très certainement, par nos études antérieures ^ Vous devez les avoir présents àTesprit pour bien comprendre ce qui doit suivre. Donc je vous remettrai en mémoire tout d'abord que, dans la phase léthargique de ce que l'on appelle le grand hypnotisme^ l'inertie mentale est tellement absolue, en général, qu'il est impossible d'entrer en relation avec le sujet hypnotisé et de lui communiquer par quelque procédé que ce soit, une idée quelconque. Il n'en est plus de même dans les deux autres phases de Thypnotisme. Ainsi dans la catalepsie — je parle ici seulement de la catalepsie vraie, telle que je l'ai décrite — certains phénomènes de suggestion s'obtiennent aisément, et, en raison de leur simplicité et de leur peu de tendance à se généraliser, ils sont d'une analyse relativement facile. Evidemment c'est par là, en bonne méthode, que l'étude des suggestions hypnotiques doit être commencée. Ici encore, comme dans la phase précé-

1. J.-M. Charcot, Essai dune distinction nosographique des divers états yiet-veux compris sous le nom dhypnotisme. Note comm. à PAcadémie des sciences. 1883. — Id. Lezioni cliniche redatte dal D' Dom. Miliotti. Suite pa» ralisi psichich'f p. 103, 110, Milano, 1885.

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