‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 24 sur 121 · OBSERVATION : INDURATION GRISE · texte numérisé non relu

OBSERVATION : INDURATION GRISE

crachats soilt redevenus Irès abondants, ils paraissent muco-purulents, verts, arrondis et présentent à leur centre une coloration d'un rouge vineux et évidemment produite par la présence de globules sanguins. Ils ne sont point du tout félidés; en môme temps, diarrhée incessante, comme cholériforme; la face maigrit tout à coup d*une manière très remarquable et devient un peu violacée. Les extrémités se refroidissent, la peau des mains est violacée et les plis qu'on y imprime persistent longtemps. Le pouls es( petit, misérable, presque insensible. Le malade succombe le 2 octobre, sans que rien ait pu modifier son état.

i4ti/o/}ste faite le 4 octobre. — Thorax, A Touverlure de la poitrine, les parties antérieures des deux poumons paraissent fortement distendues par Tair et d'une coloration pâle. Aucune adhérence ne relient les poumons aux parois thoraciques, si ce n*est à droite et en bas, au niveau du lobe inférieur.

En ce point le lobe inférieur droit adhère très intimement dans toute son étendue aux parties voisines; à lu face interne des côtes, au côté droit du corps des vertèbres correspondantes, au diaphragme. — Lorsque ces adhérences sont détruites, ce qui ne peut se faire qu'avec difficulté, on s'assure que les os sont tout à fait sains.

Ce lobe est environ moitié moins volumineux quk l'état normal, il est pesant et paraît à Textérieur d'un brun rouge foncé. Une coupe est pratiquée dans son épaisseur, du bord postérieur vers la racine des bronches, de manière à le diviser en deux parties égales. On voit alors que le tissu pulmonaire, qui résiste au scalpel à peu près comme te ferait un fibro-carfilage^ présente vne surface uniformément lisse, brillante, dune couleur ardoisée foncée^ parse^' mée de traclus blanchâtres d aspect fibreux, lesquels représentent évidemment le tissu cellulaire interlobulaire épaissi et circonscrivant des espaiîes polygonaux d'étendue variable. Les tuyaux bronchiques de deuxième et de troisième ordre se reconnaissent aisément, ain»i que les vaisseaux un peu volumineux, au milieu de ce tissu condensé, dans l'épaisseur duquel ils paraissent comme sculptés. ï^es premiers ne sont nullement dilatés. Leur membrane muqueuse présente une coloration d'un rouge très vif qui con-

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trasle avec la coloration ardoisée foncée du tissu ambiant. — Lorsqu'on examine aUentivement, soit à l'œil nu, soit raieui encore à l'aliie d'une loupe, le tissu circonscrit par les tractus tibreiix ilont nous avons parlé, on le voit subdivisé ea un nombre cnnsîik'rable de petite polygones de deuxième ordre tons i\ peu près lie même diamètre et paraissant présenter à leur centre use petite drprcssion. L'ensemble de ces dépressions donne au tifsn piilmunaire, examiné de près, un aspect spongieux.

Il ne s'écoule de la surface de section, quand on la comprime, qu'une très petite quantité d'un liquide légèrement trouble. Nous (lirons plus loin quels sont les caractères microscopiques de ce

Au voisinage de sa surface et au niveau de son bord postérieur le lobe pulmonaire est creusé d'une excavation allongée, dont le grand axe, dirigé de haut en bas, présente environ i décimètre d'éU-ndiie; tandis que dans les sens Iransverse et antéro-postérieur lu diamètre de l'excavation ne dépasse pas 2 ou au plus 'i ceiiliniêtres. Les parois de cette excavation sont irréguliérea, anfractucuses, on dirait qu'elles ont été taillées & l 'emporte- pièce dans le tissu induré du poumon. Leur surface intérieure est lisse et formi^e par le tissu pulmonaire lui-même: il n'y a point de recouvrement membraneux. Cette cavité renferme un liquide d'une

observation: lésions histologioues 137

Le c(Bur, de volume normal, esl parfaitement sain.

Les ganglions bronchiques sont peu volumineux et ne contiennent pas de tubercules.

Abdomen. Le foie esl parfaitement sain, non graisseux; reins sains; rate petite.

Intestin. Coloration violacée de la membrane muqueuse, de la fin de l'iléon et de tout le côlon. La muqueuse est tapissée par une matière blanche, visqueuse et tenace; d'ailleurs pas de psorentérie, pas de gonflement des plaques de Peyer.

Analyse microscopique des parties altérées du poumon . — i4 . Le suc exprimé du tissu du parenchyme contient: !• Une énorme quantité de granulations graisseuses, surtout au voisinage' des excavations et de Tescarre ; 2' une assez grande quantité de cellules épithéliales pavimenteuses diversement altérées. La plupart contiennent des gouttelettes de graisse ; 3^ quelques globules sanguins; 4® des éléments flbro-plastiques très allongés, présentant pour la plupart des noyaux distincts, ces éléments sont assez rares ; 5® on trouve çà et là des cellules épithéliales pavimenteuses adhérant les unes aux autres et constituant par leur réunion des espèces de culs-de-sac. — B. Le tissu pulmonaire, examiné sur une tranche mince, est composé : i^ d'aréoles fibreuses ; les éléments fibro-celluleux ont des bords nets, très tranchés; ils sont très abondants ; 2® dans les aréoles et entre les fibres, matière amorphe finement granuleuse et cellules épithéhales. — Le tout est infiltré d'abondantes granulations graisseuses.

Pendant les quinze jours qui ont précédé l'apparition des crachats à odeur gangreneuse, le malade dont nous venons de rapporter l'histoire présentait des symplômes qui avaient conduit au diagnostic suivant : induration occupant dans toute son étendue le lobe inférieur du poumon droit, excavation siégeant au sein des tissus indurés. La nature de cette induration était d'ailleurs restée indéterminée. Les signes de gangrène pulmonaire persistèrent pendant huit jours ; après quoi

IM DE LA fAEUIIO:«lB CUl'OtClOllB

ïlfi cessdrent compièlemeiil pnur ne plu^juntis reparaître, k l'autopsie, on trouve le lobe inférieur da poamon tlruHiitduré dans lotiti; son ëlondiie, il présenle tous les caractèns Ht Vlnduraîion 'jri.tr. phne. rneexcavalton Mège au nivean &t son bord postérieur ; elle est dépourvue, à sa face interne, de toute espèce de rcvAiemenl membraneux, el semble sculpta dans l'épaisMMir dp-N ti'<sus indurés. Le liquide contenu dans cette eicavatiuti avuil l'aspect du pus très séreux. U eituUit une odeur fade, nmii^ nullenie~' gangreneuse. IToe petite escarre molle, j.miiAtrt;, prôte h se détacher, existait au voitinage de cette i^xi^aviilion. Klle ne répandait pa» iiud plus IV deur de gaii^r^ii>> proprement dite. Les broachei' n'ètaiciil nulle part dilniL-e^, l>1 il n'y avait pas trare.'î de tubercules, sdil dans les poumons, snil dans les .lulres orj^aiics.

11 nous parull infininieal prubablL-, d'après l'ensemble ii« faits, qUL', c\ic7. ce nialado. la gangrène a fnppè accidentellement un point i|uelcun(]ne dés parois de l'etcavation. el que telle a été l'orl^^inc des accidents graves qui se sont manileslés à un mcineat duntitï. La [iré^eine d'une petite escarre molle au voisinage de la t;pandc (•\ir[ivati(jn. reml cette oj'inion au tuuiris fort probable. En tout cas, il est certain, et c'est là un point que nous tenons à faire ressortir, que l'excavation préexistait à la gaiigrène. Ceci nous conduit jl parler des excavations ou abcès qui, dans la pneumonie chronique primitive, peuvent se former au sein même des parties indurées.

Ê. Avenbrugger et Corvisart ' nous paraissent avoir décrit sous le nom de sifiiinhe du poumon, ce qu'on appelle aujourd'biii induralimi fjrise ; or ces auteurs admettaient que la substance du squirrbe iinlmonaire peut se fondre eu une matière ichorcuse de manière à produire nue sorte particulière

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