ANATOMIE PATHOLOGIQUE : FOYERS ULCÉREUX
de Yomique, el ils cherchaient à distinguer de toutes les autres espèces de phtisie celle qui résulte de ce travail pathologique. — Le D' Stokes * dit avoir rencontré plusieurs fois un abcès d'un volume considérable siégeant au milieu du lobe inférieur d*un poumon atteint d'une induration chronique. — Dans son intéressant travail sur la pneumonie et ses suites, le docteur Thomas Addison * décrit avec soin Tinduration grise de la pneumonie chronique, et établit que les parties qui présentent ce mode d'altération peuvent subir une espèce particulière de ramollissement. Ce ramollissement, d'après Tauleur, s^opère lentement, quelquefois sur plusieurs points en même temps ; les excavations qui en sont la conséquence siègent habituellement dans les lobes inférieurs ou moyens ; mais ils peuvent cependant aussi occuper les lobes supérieurs. Dans plusieurs cas il a été constaté que les lobes indurés, de même que les autres parties de l'organe respiratoire, étaient tout à fait exempts de tubercules. MM. Hardy et Béhier*ont rencontré deux fois de petits abcès siégeant au milieu d'un lobe pulmonaire frappé d'hépatisation chronique : « Dans le premier cas, deux excavations séparées Tune de 1 autre occupaient la partie postérieure du lobe inférieur du poumon droit ; la plus grande, qui eut contenu une petite pomme d'api, était remplie d'un liquide puriforme, rosé, paraissant être du pus mêlé à du détritus pulmonaire sans odeur gangreneuse. Les parois étaient anfractueuses, irrégulières, dénuées de fausses membranes; elles paraissaient formées par le tissu pulmonaire lui-même, on y voyait béantes des bronches du volume d'une plume de corbeau. Dans l'autre observation il n'existait qu'une excavation située de même vers le bord postérieur et près du sommet du lobe supérieur
• Slokes. — Diseases of the cheitl., p. 307.
• Observât on pneumonia nnd ils conséquences (Guy' s Hospital Reports j 2» série, 1843, p. 365, rid. pi. VI el pi. lU).
• Loc. Cl/., p. 643.
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du poumon droit: i'll<! pouvait coulenir un petit <Buf de poule, et renfermait uno pelile quantité d'un pus gri^AIre, bien lié, sans débris de tultercules... La coup« des parois faîgait voir qu'elles étaient formées par le parenchyme pulmonaire luîmèrae durci elimpermi^able '. »
Nous devons à rohlixcance de M. le docteur Monneret de pouvoir insérer l'observation suivante, qu'il s recueillie en 1847 à l'hôpital tton-Sccours, et qui est un be) eiemple de pneumonie chronique simple ulcéreuse, terminée par li formation d'excavn lions multiples dans les parlii-s indurées. '
Obs. II. Pneumonie chronique. — Induratitm grite de» petamtnu. — Excavations multiplet. — Pat dt tubemie».
Colin. Âgée de vingt et un an, bijoutière, non mariée, entrée à l'bdpilal Bon-Secours, salle Sainte-Anne, le 20 février 1847.
Sa santé est habituellement bonne. Elle raconte que, duis les premiers jours de janvier, elle a commencé k tousser e( à éproaver une notable oppression lorsqu'elle faisait quelque mouvement et se livrait à un travail Taligant. L'écoulement des règles qui élaienl veciiu-s <'t leur temps ordinaire, e^t supprimé par l'exposition des mains à un frnij très vif. C'est à celle cause qu'elle attribue sa maladie actuelle et surtout l'oppression et la toux. Elle ne ?^e rappelle pas avoir ressenti de frissims ni de point de cùté; seulement elle assure que, troisà quatre jours après s'être exposée au l'roid, elle fut prise du lièvre el rendit une petite quantité de san^ niûlé aiJi crachati^. Klle lit jieu attention à cet accident et put coiititiucr son travail, quoique imparfaitement, durant huit ;i dix jourâ. I^lle s'alita ensuite, et son mal fut traité par des boisions adoucissatitos el l'application de sangsues au siège.
Klle dil que c'est |H)ur bi premii-rc fuis qu'elle s'enrhume ou du moins ijiie la maladie dure aussi longtemps. Jamais elle n'a eu d'hémoptysie ni de maladie qu'un [misse rapporter aux organes
pectoraux. Quand elle est entrée à Thôpilal, elle n'offrait aucun signe d amaigrissement, quoiqu'elle fût souffrante depuis un mois et demi. Les règles avaient reparu à leur époque habituelle*
Étatacluel. — 24 février. Du côté droit, depuis la clavicule jusqu'à la quatrième côte, on perçoit une vibration pectorale intense; le son est moins clair ; souffle très marqué, superficiel et venant dans l'oreille. Bronchophonie très forte. En arrière, point de voussure appréciable, matité dans toute la hauteur du poumon, la fosse sus-épineuse exceptée ; souffle et bronchophonie imitant le souffle caverneux et la pectoriloquie au point de faire croire à l'existence d'excavations superficielles ou vastes. La respiration n'est nullement gênée quand la malade ne fait pas de mouvements. Tous les décubitus sont possibles. Toux rare, expectoration nulle.
Pointillé et rougeur de la pointe de la langue; soif médiocre ; constipation.
(Tisane pectorale, eau de Sedlitz à 45 grammes. Saignée, ventouses scarifiées sur la partie droite du thorax).
22 et 23. Le sang n'a pu êlre examiné. Le pouls est à 120 ; la respiration à 28. Mêmes signes physiques, si ce n'est que pendant la toux on entend un râle crépitant qui imite le bruit de tafi'etas lointain. Quatre ou cinq selles.
L'afi'eclion est considérée d'obord comme une pneumonie aiguë et traitée comme telle. (Tartre stibié, 25 centigrammes ; large vésicatoire sur la partie postérieure droite de la poitrine).
24. Le soir il existe un redoublement fébrile très manifeste. A la visite du matin, le pouls est à 132, la peau très chaude, aride, l'expression faciale naturelle, la langue sèche, pointillée. Plusieurs vomissements provoqués par l'émétique, huit à dix seller. (Pectorale sucrée ; tartre stibié, 30 centigrammes ; opium, 3 centigrammes).
25. Mêmes signes physiques ; le souffle est plus fort qu'à IVf(M>que de l'admission de la malade à l'hôpital. Quand on la r<iit tousser, on perçoit un râle muqueux très abondant dans Umir la partie antérieure du poumon droit ; en arrière, du râle Houu-i'i'èpitant (35 centigrammes de tartre stibié).
Ui az LA PNKUMONIR CMRONtOUE
3<>. Redouble me ni f^liril«! Ir^o intente âan» la soir^; Kolimenlde TaibleiBe ol de fAli^np pxtrAme; vornÙKUmonls répété»; disparition du i4l'- rr^|)itanl en aniëre; langue humide, venlrv souple, indolent. (Hâmc trailement].
37. PouU à liO : la respiration Ml gtnie. 38 îoapirationa pénibles.
l/élat de la mainde eat exacteneot le mène les jours soiranU. Le2 mars, Iccôlt! -tniii de la face est très roug«. Une dyspnée intense, accusée p.ic lu mnliide. est surTMiue danc Ia sâir^, n^ piraliun, 40; poult, 1^1. ttàle en! mt dans W Tnrtes inspiralion!! ou pendant In Iniix, iicr^ii ilans toute la parlii^ po&térieurr droite. (Trailenierit : IU.-inc portomlc, on suspend l'usage de U pntinn slibiée).
Les symptômes ne rbnngent pas juf^u'nii6 mars. A eelle époque, les règles re[iaraissonl h leur temps ordinaire. Cependant la fiôvre continue lnuj'iurs; l« pouUrsl h 140; la respiration i 40; miîme Mle.soiit.civpitflnl. Ttiux plus fnSquenlp, expectoration lie crachais lari'j, Ir^n^parenls et visqueux comme do yrm fondu.
(Traitement : potion avec exlrail de quinquina, 6 décigrwnnas, piluleo de cynoj;li»<^e, liuuilli.ni.
i;i. r,linli?iir vive df la peau ; dyspnée; intelligence présente.
H. l'niils. IflH: Tc-ipirniinn, 60; délire pendant la nuit ; cyanoM du vtK.iKf ; dyspnéf? extrêmes pupilles dilatées ; expression de stiipi'iir ; pxiuïrtor.ilion de crachats dccouleur jus de pruneau. Aiifnpxi-' le t."». Temps froid.
PoKwiH (/i-<i((. — G(H»j;rammes de liquide séro-purulent dû k un épanche ment.