‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 28 sur 121 · DE LA PNEUHONIE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

DE LA PNEUHONIE CHRONIQUE

lies membres infénenrs. L'expecloralion qui élail depuis l(mglein[ii peu abondante, muco-purulente, devient le 9Juillel très abondante. Les crachats ont jusqu'à un certaiapoint la forme nummuiaire et l'apparence du pus, ils n'ont point d'odeur fétide. Voici le résultat de l'examen de la poitrine fait ce jour-là: poumim gauche, rien à la percussion non plus qu'à l'auscultation, si ce n'est une rudesse assez prononcée du murmure vésiculaire avec inélansc de râles vibrants. Poumon droit : en avant, soua la clavicule, matittS assez prononcée ; murmure respiratoire éloigné, difticile il percevoir. Eu arrière, malilé dans toute l'étendue de la poitrine par l'auscultation au niveau du lobe supérieur, murmure indistinct, faible et lointain, réeonnance de la voix au niveau du lobe inférieur ; souffle lubaire très prononcé dans toute l'étendue du lobe, mêlé de râle muqueux à grosses bulles, à timbre métallique et simulant le gargouillement. Cependant, il y a bronchoplionie et non pectoriloquie. L'auscultation, pratiquée depuis à plusieurs reprises, ne donne pas toujours le même résultat: ainsi, lantôi {(parait y avoir silence complet dans laule tétendue des loba inférieurs et supérieurs ; tantôt, au contraire^ on perçoit du souffle lubaire mélangé de râle muqueux à timbre métallique. On a omis de noter si, à cette variation dnns les symptômes, correspondaient quelques variations dans l'abondance de l'expectoration. Le ma-

06SËHVAT10N 153

roiivei'lLre du foyer dont la lace inlerne esl recouverte d'une mcmbrune pyogénique lomenleuse, assez épaisse ; on voil que les muacles inlereoslaiix, au niveau des troisième, quatrième, cinquième et sixième càtes, sont dénud^-i-, disséqués, verdAtres, détruits en plusieurs points. La face externe des côtes est elle-même mise à nu çà et là, et on y observe par places, lanfM les caraclèreâ de 1» carie, tantôt ceux de la nécrose. La face interne des côtes n'est d'ailleurs point altérée. Il n'existe entre la cavité de [abcès et celle de la poitrina aucune communication. La plèvre pariétale, très épaissie, remplit les espaces intercostaux dans les points ou les fibres musculaires sont dissociées.

Poitrine. — Poumon jauMi;, volumineux, crépitant, parfaitement sain dans toute son étendue; on n'y trouve pat traces de tubercules. — Poumon droit. Il adhère de toutes paris lant au péricarde, qu'aux parois Ihoraciques et au diaphragme. Les adhérences sont anciennes, fortement organisées et le poumon ne s'enlève qu'avec la plus grande difficulté. La plèvre, très épaissie, lui constitne une aorte de coque fibreuse, de couleur jaunâtre et d'environ 4 millimètres d'épaisseur. Le poumon droit esl environ d'un tiers moinsvolumineux que le gauche. Il est lourd, son tissu est 1res dense, nullement friable, le doigt ne peut y pénétrer. Une section y est pratiquée dans le sens de l'axe longitudinal qui le diviae en deux parties à peu près égales. Le tissu résiste au scalpel comme le ferait un fibroM:artilage. On reconnaît sur la surface de section que les trois lobes sont pour ainsi dire réunis en un seul el que l'altération est exactement la mCme dans tonte l'étendue du poumon. La surface de section est lisse, non granuleuse, d'une coloration grise tirant sur le bleu avec des marbrures noirâtres irrégulièrement disposées. Il ne s'en écoule qu'un peu de liquide jaunAlre, lequel paraît venir eurlout des bronches. Celles-ci ne sont nullement dilatées.

Quand on examine plus attentivement la surface de section, on la voit divisée fort régulièrement par des traînées cellulo-fibreusea qui subdivisent le poumon en lobules manifestement pins petits qu'ils ne le sont dans l'état normal. Ces cloisons celluleuses sont pèles, blanchâtres, peu vasculaires, très risislanles, ^aspect liga-

154 DE LA PIIBIIlfONIB GRHONIOUB

menleux. Biles envoient dans l'intérieur des lobules des prulougemenls H bro -cellule ux de même aspect, mais de plus en plus délié;, et qui Bubdiviseot le lobule en lobules secondaires, puis en lobula tertiaires. L'aire polygonale de ces aréoles présente seule la coloration ardoisée et le piqueté mélanotiqne. Les derniers cloisonnements, visibles seulement & la loupe, paraissent marqués non plus par des iractus fibreux seulement, mais en outre parla matière noire du poumon disposée régulièrement sous forme de liséré le long de ces Iractus. Ce poumon ne coulïenlpas de tuberculet. Le cœur est peu volumineux, flasque, non altéré. Les autres viscères, examinés avec soin, n'ont présenté aucune altération.

SïMPi'OMEs LOCAUX. — A. LorsquB l'élat chronique est constitué, la douleur de cAlé est souvent & peine marquée. — Li dyspnée est elle-même peu prononcée ; cependant elle constitue parfois un des phénomènes prédominants, dans le cas principalement où la maladie affecte les allures de la phtisie galopante (obs. II). — La toux, en général peu intense, peut prendre le caractère convulsif. — L'expectoration habituelle est modérée ; quelquefois elle devient momentanémeot abondante, el prend l'asiiect purulent dans le cas oii la cavité d'un abcès se inct en communicalion avec les luyaui bronchiques*.

Page 1