SYMPTÔMES LOCAUX
aux parties du poumon jusque-là reslées saines (obs. II). — Des hémoplysies répétées se sont montrées dans plusieurs cas.
B. L'auscultation et la percussion de la poitrine ne fournissent aucun signe qui soit véritablement propre à la maladie. La matité est absolue, comme dans Tépanchement pleurétique, lorsque la partie affectée du poumon est superficielle, et le doigt qui percute perçoit à un haut degré le sentiment de résistance ; mais elle n*a d*ailleurs aucun caractère particulier. Lorsqu'une excavation s'est formée, si elle est d*une certaine étendue et située au voisinage des parois thoraciqucs, elle peut donner un son tympanique vide, lequel devient plus clair et plus sourdy à mesure que la cavité devient plus grande. Dans quelques cas rares, la percussion détermine alors le bruit de pot fêlé \ — M. Monneret a constaté plusieurs fois que la vibraiion thoracique est accrue au niveau des parties indurées. — Par Tauscultation, on ne perçoit en général aucun phénomène dont l'existence ne puisse ôlrc prévue à priori. Ainsi, lorsqu'il n'existe pas d'excavation, il y a du souffle bronchique et de labronchophoiiie. MM. Hardy et Béhier font remarquer toutefois que le souffle bronchique est tubairc, excessivement fort et simule le souffle caverneux dans des cas où il n'existe cependant pas de cavernes. Les r&les qui accompagnent le souffle sont souvent volumineux et peuvent présenter un timbre métallique. M. Aran nous a dit avoir observé un cas où l'abondance et la grosseur des r&Ies humides, jointes au siège de l'affection sous la clavicule droite, avaient fait porter le diagnostic d'une phtisie pulmonaire tuberculeuse. On fut fort étonné, lors de l'autopsie, de trouver la partie malade dure comme du cartilage, élastique, d'une couleur gris de fer,
' Skoda. — Traité tie la percussion^ etc. Paris, 1854. (IMiénomènes ({ui accompagnent l'induration. — Voyez les détails de notre première obser- Tation).
156 DE LA rNEUHONIE CDHO.MQUE
sans dilalalioD bronchique, cavernes ou tubercules. Par contre. r auscultation a pu quelquefois ne donner que des signes négatifs; c'esl-à-dire qu'en pareille circonstance, on n'enlendaik ni murmure \ésiculaire, ni aucun bruit paLhologique, pendant l'inspiration el l'expiration '. Celte absence de murmure vésiculaire et de tout bruit anormal au niveau des parties indurées a été également notée dans une de nos observations (obs. III) ; seulement cela n'était point, dans ce cas, un phénomène permanent, car de temps en temps, le silence était remplacé par du souffle tubâire mélangé de r&le muqueux à timbre métallique. On a malheureusement omis de noter si à cette variation dans les symptômes fournis par l'auscullafion correspondaient quelques changements dans l'abondance ou la nature de l'expectoration. Cela eût été cependant fort intéressant; cardaos la pneumonie aigug, où l'absence de tout bruit respiratoire, normal ou anormal, s'observe quelquefois, ce phénomène parait en général dépendre de l'obstruction des tuyaui bronchiques des parties hépatisées par une grande quantité de liquide visqueux ou par un bouchon d'exsudation concrète *.
DIAGNOSTIC : TUBERCULISATIOX 157
soit le sommet, soit toute Tétendue du poumon, que le rétrécissement est prononcé ; on le rencontrerait, au contraire, rarement dans les cas où le lobe inférieur seul est atteint. MM. Raimbert' et Cotton' font également figurer Taplatissement du thorax parmi les symptômes de la pneumonie chronique; mais ils n'apportent aucun fait précis à l'appui de leur manière de voir. Le poumon altéré par le fait de Tinduration subit, comme on Ta vu, un certain degré d*atrophie. Conséquemment, il est possible que, dans quelques cas, les parois thoraciques suivent la partie malade dans son mouvement de retrait. C'est là un sujet de recherches.
Diagnostic. — A moins qu'on n'ait- assisté aux premiers développements de la maladie, et qu'on n'ait pu recueillir à cet égard des renseignements précis et décisifs, il sera bien difficile, pour ne pas dire impossible, d'arriver au diagnostic de la pneumonie chronique. La tuberculisation pulmonaire, la dila talion des bronches étendue à tous les rameaux d'un lobe, la pleurésie chronique, telles sont les affections avec lesquelles on pourra surtout la confondre.
A. Pour ce qui concerne d*abord la tuberculisation, le siège habituel de Taltération pourrait fournir quelques indices ; ainsi, il est très peu commun que la tuberculisation occupe, au moins d'une manière exclusive et prédominante, le lobe inférieur d'un poumon, bien que cela se voie cependant quelquefois', principalement, il est vrai, chez les sujets peu avan-
* Gaz. hebdomad.ti^ô^.
• Ibidem.
' Sur a&O phtiMîgues observés par M. Huches, chez un seul, les tubercules siégeaient exclusivement dans un des lobes inférieurs d*un poumon {Ouy't Uoêpit. Rep.j p. 223, 1842). M. Piorry a rapporté plusieurs cas de tuberculisation prédominante des lobes inférieurs chez Tadullc. J'ai observé moimême trois cas de ce genre : dans deux de ces cas il y avait des excavations nombreuses; les lobes supérieurs étaient restés indemnes.