‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 30 sur 121 · DB LA PNEUMONIE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

DB LA PNEUMONIE CHRONIQUE

ces en âge, cas dans lequel la paeumonie chronique est infiniment rare. L'induration pneumonique occupe plulâl les lobes inférieurs que les supérieurs, ou tout au moins elle n'a pas de prédilection plus marquée pour ceux-ci que pour ceux* là. — La pneumonie chronique n'envahit qu'un seul côté à la fois; elle se manifeste ordinairement par un engorgement limité; l'induration tuberculeuse, au contraire, occupe le plus souvent plusieurs points d'un même poumon, sinon les deux organes, et y existe & des états difTérents, en rapport avec les époques différentes de son développement. — La pneumonie chronique du sommet simulera surtout la phtii^îe avancée ; et la confusion serait, on le conçoit, presque impossible à éviter, dans le cas où des excavations se seraient formées dans le lobe atteint d'induration pneumonique. — Si l'auscuUation donnait des signes négatifs au niveau d'un point du poumoa où la pei^ cussion accuserait cependant une malité intense avec résistance au doigt, cela indiquerait la pneumonie chronique plutôt .que la tuberculisation. — La considération des symptômes généraux, du mode d'évolution de la maladie, ne semble pas pouvoir fournir, quant à présent, de données bien importantes.

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}*affection siège surtout au niveau des lobes inférieurs '. Mais dans la dilatation des bronches la fièvre existe rarement ou d'une manière très passagère, Tembonpoint se conserve ; d*aiU leurs rexpectoralion est très abondante, elles*opère par crises, par secousses rapprochées, ou encore les mucosités remontent comme par flots et sont rejetées presque sans efforts. Ces données suffiraient sans doute pour conduire au diagnostic. Il peut arriver cependant quelquefois que dans les cas de dilatalion des bronches, tout comme dans la pneumonie chronique, l'auscultation fasse constater, au niveau des parties malades, une absence complète de bruit respiratoire*. Mais c'est là, en pareil cas, un phénomène tout passager; et pour peu que le malade fasse quelques efTorls de toux, on peut voir presque aussitôt succéder au silence le plus absolu, le souffle bronchique le plus intense: pareille chose n'arrive point, suivant le dcM^teur Rapp*, quand le parenchyme pulmonaire, au lieu d*6tre simplement affaissé, comme cela se voit dans la dilatation bronchique, se trouve considérablement induré, ainsi que cela a lieu dans la pneumonie chronique.

C. Il serait sans doute fort difficile, dans certains cas donnés, de ne point confondre la pneumonie chronique avec la pieurésie ehrofiiqtte partielle, en effet, dans Tune et l'autre circonstance, il y a matité absolue, et il peut y avoir absence complète de bruit respiratoire normal ou anormal. La vibration thoradque exagérée que M. Monneret a constatée dans plusieurs cas de pneumonie chronique pourrait être ici d'un grand secours, puisqu'elle n'appartient pas à la pleurésie. Mais il n'est pas certain que l'exagération de la vibration se montre dans les cas de pneumonie où il y a absence de bruit respira -

* Barih. — Rech, sur la dilat, des bronches, 1836, p. 56.

* Banberger. — CEttei-r, ZeiUchr., 1839, n^ 3.

* Rapp« — Wurzb. Verhandi,j Bd. 1.

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toire, eU'on peut tout au moins élever des doutes à cet égard: dans les cas où la vibration exagérée a été notée jusqu'à présent, il y avait du souffle bronchique et de la bronchophonie intenses. Quoi qu'il en soit, les symptdmes généraux ont, dans la pneumonie chronique, une importance et un caractère de gravité tout autres que dans la pleurésie partielle, et cela pourrait peut>étre suffire, les circonstances aidant, à décider le diagnostic.

D. L'histoire clinique de la camisation qui se développe quelquefois comme conséquence des pneumonies catarrhales à lente évolution, est encore toute k faire. Dans les cas très peu nombreux d'ailleurs où celte affection a été observée, elle avait simulé la phtisie pulmonaire'. U serait impossible, quant à présent, d'indiquer les caractères & l'aide desquels on pourrait la distinguer de la pneumonie chronique proprement dite. Si cependant l'affection s'était développée à la suite d'une fièvre éruptive (rougeole) ou d'une fièvre typhoïde, l'idée de camisation devrait peut-être plut6t venir à l'esprit que celle d'une pneumonie chronique.

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par l'existence d'une gangrène circonscrite dans le poumon. Voici maintenant des symptômes qui n'appartiennent guère qu'au cancer* : hémoplysies très fréquente?, dyspnée souvent très intense, douleur pectorale quelquefois 1res prononcée. Par suite de la gêne que le dépôt cancéreux apporte à la circulation veineuse, il y a dilatation des veines superficielles et œdème partiel des parois Ihoraciques; puis, en dernier lieu, les symptômes de la cachexie cancéreuse se manifestent dans toute leur intensité.

ÉnoLOGiK. — En ce qui concerne Téliologie de la pneumonie chronique, on en est à peu près réduit à des conjectures. On a dit souvent que la pneumonie aiguè avait cette fâcheuse issue, lorsque le traitement avait été mal dirigé, etquesurtout on n'avait pas assez insisté sur la médication antîphlogistique; mais on peut faire remarquer à ce sujet que fort souvent, [»rincipalemeut dans ces dernières années, les pneumomîes aiguës ont été abandonnées à elles-mêmes, ou tout au plus traitées par des moyens qui équivalent à peu près îi Texpectation pure. Cependant on ne les a pas vues, pour cela, passer plus communément à Fétat chronique. Lorsque la pneumonie aiguë passe h l'état chronique, c'est surtout, sans doute, parce qu'elle rencontre dans l'organisme du sujet qu'elle atteint des circonstances particulières propres à la développer, à la fixer. La faiblesse de la constitution, par exemple, pourra produire ce résultat, comme l'ont vu Requin et M. le professeur Grisolle. L'existence d'un état cachectique, déterminé pardes maladies antérieures ou môme en pleine activité, paraît avoir aussi une certaine influence. Ainsi, suivant le professeur Ileschl % l'mduraiion pulmonaire (pneumonie chronique^ rare à Vienne,

t remprunte cette symptomatologie du cancer au traité de Walshe : Oh ihe nature and treafm. of cancer. London, 1846. • Ueàer Lungen-Induration {Prag. Vierteij, 51, 1836).

Cbabcot. Œuvres complètes, t. v, Poumons. 1 i

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seiiioiiLre assez fréquemmenl, au contraire, ii Cracovie. Là, elle alleint presque exclusivement des individus dominés par l'influence palustre, et qui, à la suite de fièvres inlermitteiiles de longue durée, ont contracté des engorgements spléniques ou hépatiques, avec ou sans hydropisie et dëgéuéralion rénale. Biiglit parait avoir rencontré quelquefois la pneumonie chronique chez des individus atteints d'albuminurie avec néphrite alhumineuse'. Suivant Magcus Uuss ', on rencontre, assez fréquemmenl, cliez les ivrognes de profession, des indurations pulmonaires qu'il faut rapporter à une phlegmasie chronique. — La syphilis doit-elle figurer parmi les conditions possibles du développement de la pneumonie chronique ? Cela n'est rien moins que démontré. Notons cependant que parmi les observations rassemblées par M. le docteur Lagneau, dans sa thèse Sur les affeclmis pulmonaires causées ou influencées par la syphilis S il eu est deux, malheureusement fort incomplètes, qui rappellent quelques-uns des traits de la pneumonie chronique. Dans ces deux cas, les symptômes thoraciques oDtparu être influencés favorablement par le traitement spécifique. On trouve encore, dans la2° édition du Traité des ma!'i<lie:i vênéncnurs dû ViJ:il. l'utiservatiùtl d'une personne

pronostic; thérapeutique 163

celle des rélrécissements ou des insuffisances de la valvule mitrale. Peut-être dans ces cas-là s'agissait-il d'une sinnpie carnification, et non pas d'une pneumonie chronique vraie. Quant à présent, cette maladie a été observée surtout chez Tadulte ; elle paratl être très rare dans Tcnfance (Barthez et Rilliet, Bouchot). Quelques auteurs la disent plus commune dans la vieillesse qu'à toute autre époque de la vie ; cela est possible, mais il ne paratt pas encore démontré qu'il en soit réellement ainsi.

Pronostic — Très grave, de l'aveu de tous les auteurs ; Requin mettait même en doute que la pneumonie chronique fût susceptible de se résoudre, pour peu qu'elle eût une certaine étendue. On peut espérer que, lorsque la maladie aura été plus étudiée, et qu'on sera parvenu à la reconnaître dans ses premiers développements, il sera possible denrayer sa marche progressive. Les exemples de guérison qu'on cite jusqu*à présent n'appartiennent point, pour la plupart, à la forme chronique proprement dite; ce sont des cas de pneumonie aiguë à lente évolution ou dans lesquels la résolution a été tardive, mais qui n'avaient jamais, à proprement parler, dépouillé les caractères de l'état aigu.

Thérapeutique. — S'il s'agissait d'un cas de date récente, s'il était donné, par exemple, d'assister au passage de la pneumonie aiguë à l'état chronique, on pourrait peut-être, les forces du sujet le permettant, tenter la médication antiphlogistique locale ; on pourrait encore administrer le tartre stibié, mais surtout insister sur l'application de larges vésicatoires sur le côté affecté. — Lorsque l'état chronique est constitué, même indication de la médication révulsive et notamment de l'emploi d'nn ou de pbisieurs cautères sur la poitrine, ou encore d'un large séton. — L'état des forces dans une maladie

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