DE LA PNEUMONIE CHRONIQUE
de ce genre devrait nécessairement être pris en grande considération ; les toniques, les corroborants pourraient trouver leur applicalion. — Si la maladie paraissait liée à la syphilis^ un traitement spécifique serait institué; dans un cas rapporté dans la Ihèse de M. Lagneau, et auquel nous avons déjà fait allusion, ce traitement a paru avoir une influence réelle. — Nous avons parlé déj& de deux cas de pneumonie chronique observés par M. Bennet chez des enfants; la maladie avait simulé la phtisie ; Thuile de foie de morue à haute dose fut employée et les malades guérirent. Mais étaient-ce bien là des cas de péripneumonie chronique ? N*étaient-ce pas plulôt de> cas de carnification pulmonaire, survenue comme conséquence d*une pneumonie catarrhale prolongée?
NosoGRAPHiE. — La description de la pneumonie chronique simple, que nous venons de présenter, est sans doute fort imparfaite. Pour la tracer, il nous a été impossible de nous soumettre à cette méthode rigoureuse qui veut que Ton compte les observations tout en les pesant. Les matériaux dont nous pouvions disposer étaient trop peu nombreux pour cela. Nous avons dû, par conséquent, nous borner à méditer sur un pelit nombre d'histoires de la maladie. Ainsi nous ne pouvions saisir que les traits fortement accusés, et les détails devaient nécessairement nous échapper fort souvent.
Dans une nosographie purement symptomalique comme Tétait celle de Sauvages, la pneumonie chronique eût été rangée parmi les phtisies ^ Une consomption plus ou moins rapide jointe à quelques symptômes thoraciques, tels que toux et dyspnée; tel est, en effet, Tun de ses caractères extérieurs
i Phtisis ; character est corporis emaciatio cum amphimerinalenla, tu*^si, dyspnœa et ut plurimum piiris stupo. (Sauvage, Nosol, metfi.^ cl. X, Larhexix, uni. I, II. j — Phtliisis pulmonaris est consumptio totius corporis cum febre a mala aiïediono et ab ulceratione pulmonum tandem originem ducens. (Morton. — PlUhisioloyia^ Franc, et Leipz., lG9i, p. 76.)
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les plus habituels et en même temps les plus faciles à saisir. Il permettrait déjà de reconnattre, dans la pneumonie chronique simple, deux formes principales : l** la pneumonie chronique à forme de phtisie lente; 2** la pneumonie chronique à forme de phtisie rapide.
Dans une nosographie organique, la pneumonie chronique simple doit prendre rang parmi les inflammations parenchymateuses. En considérant toutefois que Tinduration du lissu pulmonaire avec hypertrophie de l'élément conjonclif (Métamorphose fibreuse, Cruveilhier) et diminulion de la vascularité des parties, est un de ses traits distinctifs, on pourrait être tenté peut-être de lui refuser le caractère inflammatoire. Cependant la présence d'un exsudât particulier, — la matière amorphe finement granuleuse — et la connaissance d'un travail pMegmasique antérieur révélé, au moins dans la plupart des cas, par Texamen clinique, sufGraient, ce nous semble, pour spécifier l'induration inflammatoire et la distinguer de celle qui ne reconnaîtrait point une pareille origine.
Au point de vue de la nosographie organique, la pneumonie chronique est une inflammation parenchymateuse. On peut y distinguer deux formes ou plutôt deux degrés: 1° la pneumonie chronique non ulcéreuse; 2" la pneumonie chronique ulcéreuse.