‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 36 sur 121 · INDURATION ROUGE · texte numérisé non relu

INDURATION ROUGE

Mais, quelle que soit révolution de la pneumonie chronique, qu'elle succède immédiatement à la pneumonie aiguë ou qu*elle soit le résultat de récidives nombreuses dans le même point, la lésion s'offre toujours à Tobservalion sous les deux formes principales déjà mentionnées :

1* L'induration rottge (Andral *, Hope *, Forster »), Yhépaiisaiion indurée (Lebert), est le pendant à Tétat chronique de l'hépatisation rouge de Tétat ai^u. La lésion est lobaire ; le tissu pulmonaire est compact, lourd, non crépitant; la surface de sa section est sèche et granuleuse. Toutefois les granulations sont peut-ôtre moins volumineuses que dans la pneumonie aiguë; c'est, en somme, Thépatisation rouge, avec une consistance plus ferme du tissu pulmonaire. 11 faul y ajouter un épaississement sous-pleural, sous forme de coque fibreuse : enfin il est à noter que les bronches ne sont pas dilatées, et même que le cloisonnement interlobulaire peut n'être pas appréciable. Le microscope nous montre les parois alvéolaires épaissies par la présence d'éléments ronds, fusiformes, quelquefois môme par du tissu ûbrillaire. Les fibres élastiques sont encore manifestes. Le contenu des alvéoles rétrécis présente la forme de pelotons de cellules épilhéliales englobées dans un magma granulo-graisseux. Souvent, les cellules contiennent des cristaux de margarine, dont quelques-uns sont en liberté. Déjà Tépithélium tend à se régénérer : on le voit sous la forme de larges cellules polygonales ; on ne trouve pas d'épithéliums cubiques.

Cette induration rouge s'observe, comme nous l'avons vu, dans les cas à issue relativement prompte après un mois ou six semaines de maladie. Dans quelques cas rares, au bout

« Clinique médicale^ t. III, p. 462, et Précis (Vanatomie pathologique, t. III, p. 516.

*Prineiplet and Illustrât, of Morbid Anatomy, London, 1834, p. 15. > Forster. ^ Hondhuch der patfi, Anat. Bd. II, S. 161.

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d'un lemps égal ou un peu peu plus long, le poumon hépalisé prend une teinle jaune, anémique, qui a valu k cette lésion les noms A' itidiiralion jaune (Ilope ') ou à'fiépatisation jaune (Lebert), à'indurniion albumineuse (Addison ').

2° L'induration grise, ardoisée ^ (Ândral.Grisoile *, Chomel*) présente deux phases dislinctes: a) Une première phase s'établit après deux ou trois mois de durée de la maladie totale. Le poumon est plus ferme, sa coupe plus sèche ; il commence à devenir plus petit. Les granulations se rencontrent encore, mais plus petites ; pas de dilatation des bronches, mais les travées Interlobulaires se dessinent nettement. Souvent, X'tnduration rouge et tinduralion grise existent en même temps sur divers points d'un môme poumon. — A) Dans la deuxième phase de l'induration grise, une véritable métamorphose fibreuse pneumonîque se produit, dans l'espace de 4 ou 5 mois, un an ou même davantage. Les lésions bislologîques sont ici beaucoup plus accentuées, comme le montre une observation de MM. Ackermann et Thîerfelder, relative à un homme de 26 ans mort deux ans et demi après la pneumonie aigufi initiale ^.

La consistance du poumon est très ferme: il crie sous le scalpel, et le doigt ne peut le pénétrer; sa coloration est ardoisée, verdfttre ou noir&lre ; sa surface est lisse; plus de granulations ; le i\s$u esl légèrement spongieux; les travées alvéolaires se dessinent dans son intérieur, mais jamais 1res fortemeoL La coque pleurale est épaisse ; le poumon ratatiné,

' toc. cit. (Yellow induralion).

' AddJBOn. — Observ. on Pneumonin iind ils Co'isei/iiencn (Guys lloipitat Reyorlt, r série. 1843, p. 363).

■ Grty indwalion(Aé<iiion).

* Andral, Grisolle, Ix. ctiat.

■Choinet. — Dicl, ta Si vol., art. Pheuuonie.

• DniffcA. JrcAin., X. Bd. Leipzig, 1813.

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