‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 37 sur 121 · ULCÈRES DU POUMON · texte numérisé non relu

ULCÈRES DU POUMON

est réduit aux deux tiers, à la moitié, ou même au tiers de son volume normal. Pas de dilatations bronchiques.

L'analyse histologique montre le développement considérable du tissu fibreux, par suite duquel les alvéoles ont diminué en nombre et en étendue. Ils sont partout rétrécis ; on voit souvent dans leur intérieur des végétations polypiformes de la paroi fibreuse, laquelle renferme un grand nombre de cellules fusiformes. L'épithélium contenu dans les alvéoles est polygonal ; on ne trouve pas d*épithélium cubique. Les alvéoles renferment en outre des cristaux aciculés nombreux (cristaux de margarine?). Pas de caséificalion ; mais, dans plusieurs cas, on trouve une dégénéralion particulière qui conduit à la formation de cavités, sans revêtement membraneux, sculptées en quelque sorte dans le parenchyme pulmonaire induré. Ces cavités ont été désignées sous le nom à'iilcères du poumon, pour les distinguer des abcès de la pneumonie aiguë et des cavernes tuberculeuses. Ce nom d'ulcère n'était employé depuis Hunter que pour les pertes de substance des parties exposées (peau, membrane muqueuse). Mais M. Charcot rappelle qu'autrefois on appelait aussi ulcère les pertes de substance des organes parencbymateux, les excavations auxquelles le nom d'abcès ne convient pas. La pneumonie anthracosique présente, elle aussi, des excavations de ce genre, c'est-à-dire non tuberculeuses. Les excavations d'origine tuberculeuse et les dilatations des bronches ne sont donc pas les seules excavations qui peuvent exister dans le poumon ; il en est d'autres que le clinicien et l'analomiste doivent apprendre à connaître.

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