‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 39 sur 121 · LÉSIONS CONCOMITANTES · texte numérisé non relu

LÉSIONS CONCOMITANTES

Dans les cas plus anciens encore, datant de plusieurs années, comme celui de Jûrgensen^ (huit ans), les traits principaux de cette description sont encore plus accusés : 1** Atrophie considérable du poumon, qui peut être réduit au volumedu poing et dont le tissu dur, criant sous le scalpel, est comme cartilagineux. 2"" La teinte rosée de la carnisation est remplacée par une coloration ardoisée, verd&tre ; la surface est lisse, sans nodules. 3"" Induration fibreuse, avec affaissement des alvéoles et cloisonnement du poumon. 4"" Enfin dilatation des bronches plus ou moins prononcée, caractère important qui manque dans l'induration grise ardoisée qui constitue la période ultime de la pneumonie lobaire chronique.

A ce degré terminal,la lésion broncho-pneumonique s'accompagne, dit M. Charcot, de lésions concomitantes utiles à connaître au point de vue de l'interprétation des phénomènes cliniques qui peuvent contribuer à caractériser cette forme de pneumonie chronique: l"" C'est d'abord Thypertrophie du ventricule droit (dix fois sur trente, Bastian), laquelle ne se voit guère dans la pneumonie lobaire et entraîne une hydropisie notée dans un certain nombre d'observations (œdème des membres inférieurs et asci(e). 2"* Déplacement plus ou moins prononcé du cœur, du même côté que la lésion pulmonaire : à gauche, vers la région sous-claviculaire ; à droite, et en haut, au niveau de la quatrième côte, à droite du sternum. Dans ces

chez laquelle les accidents pulmonaires s'étaient développés h la suite d'une rougeole. Dans Tautre cas, ils avaient succédé à des troubles cardiaques, chez une petite fille de quatre ans. A l'autopsie, on trouva les lésions caractéristiques de la carnisation développées dans un seul poumon, dans le premier cas, dans les deux poumons, dans le deuxième. L'examen microscopique montra des lésions semblables à celles que décrit M. Charcot : infiltration de leucocytes dans les parois des bronches et des alvéoles, accumulation de leucocytes, de corps granuleux et de graisse, dans les alvéoles, épaississement du tissu conjonctif, conservation du nodule péribronchique très net, surtout dans le second cas. (Balzer.) ■ Zienuêent* Supplément^ p. 197.

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cas, le cœur bat en quelque sorte à nu sous la paroi thorocique, et l'impulsion peut dtre sentie depuis la deuxîftme jusqu'à la qualrième cAte, au sommet, du côté de l'aisselle (Peacock, Reynolds System). 3° Le diaphragme remonte jusque vers la quatrième cdle (Traube), et il se produit une déformation de la poitrine conforme à la descriplioa classique donnée par La^n'^ec à propos de l'atrophie pulmonaire consécutive à la pleurésie chronique: aplatissement dans tous les sens, rétrécissement des espaces intercostaux (Nolhnagel], épaule et pointe de l'omoplate abaissées.

Les autres caractères spéciaux sont en rapport avec l'exis* tence habituelle des dilalaUons bronchiques : expectoration abondante, fétide; hémoptysies fréquentes (seize fois sur Irenie-neuf); accès fébriles à forme pseudo-intermittente; enBn Biermer signale une complication singulière : quatre fois des abcès du cerveau, deux fois de nature gangreneuse.

En résumé, dit U. Charcot, il s'agitdans ces cas d'une lésion remontant fi l'enfance ou à la jeunesse, dont le début a été marqué par une aifection aiguS ou subaigufi (rougeole, coquelache, fièvre typhoïde, bronchite), occupant le lobe inférieur et se

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