TUBERCULES DE GUÉRISON
en une petite tumeur fibreuse ; c'est le tubercule fibreux.
Craveilhier avait déjà fait remarquer que les tubercules en général, les tubercules pulmonaires en particulier, sont curables à toutes les périodes de leur développement et sous toutes leurs formes : i"* tubercules solitaires ; 2'' agrégats tuberculeux ; 3^ cavernes pulmonaires. Il y avait doue à considérer : i"* des granulations de guérison ; 2!" des agrégats tuberculeux de guérison; 3"* des cavernes de guérison. Laennec savait parfaitement que l'affection tuberculeuse n'est pas absolument incurable ; mais il ne s'était occupé que du mode de guérison des cavernes et il semblait croire que les désordres produits par les tubercules ne peuvent se réparer qu^après l'élimination de la matière étrangère. Cruveilhier montra que le tubercule peut s'arrêter dans son évolution à l'état de tubercule cru, à l'époque où la mortification caséeuse n'a pas encore amené la désagrégation des produits nécrosés. Si Ton compare le tubercule de guérison à une granulation miliaire, au premier abord, il y a identité. En quoi donc ce tubercule diffère-t-il du tubercule en pleine évolution destructive? La zone embryonnaire plus large a subi l'évolution fibreuse, c'està-dire que les éléments cellulaires de gangue intermédiaire ont disparu pour faire place à un tissu dense, composé de lamelles fibreuses dans l'intervalle desquelles on distingue à peine quelques éléments cellulaires. Ces parties n'ont plus la structure qui permet la caséification, laquelle est donc confinée dans la partie centrale. Des vaisseaux se sont développés dans cette zone embryonnaire, qui ne se connaît plus qu'à la présence de cellules géantes et à sa disposition générale.
La matière caséeuse est en quelque sorte enkystée. Elle peut subir des transformations ultérieures qui, par Tadjonction de particules calcaires, en font une sorte de mastic et au
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plus haut degré un pelit calcul. Il n'est pas non plus impossible que ce centre caséeux puisse se résurher el disparaître. Ce travail denkystemeiil est marqué par un certain degré d'irritation inflammatoire subaiguë qui se communique au.\ parlies voisines. Aussi, autour de ce tubercule de guérisoii, toute une rangée d'alvéoies se dislingue des autres en ce que les parois de ces alvéoles sont épaissies, fibreuses, en même temps queleurs cavités sont limitées par un revêtement d'épithélium cubique, absolument comme dans les cas de cirrhose broncho-pneumonique primitive. Tout cela s'applique aux agglomérations tuberculeuses péri-bronchiques de la phtisie à produits massif:^. Si le processus curalif est quelque peu accentué, on peut suivre, dans la zone embryonnaire ordinairement visible, les deux phases de l'évolution fibreuse dont il vient d'être question et qui doit aboutir à l'enkysleraent des produits caséeux, absolument comme dans le cas de tubercule miliaire. Voici une disposition que l'on rencontre souvent dans les poumons des sujets qui, après avoir présenté les signes de la phtisie pulmonaire, sont revenus à la santé et succombent b. quelque maladie intercurrente. C'est l'apparence de laggloraôration tuberculeuse en pleine évolution. La zone caséeuse est distincte, les travées élastiques encore visibles ; mais la zone embryonnaire n'est plus qu'une paroi kystique fibreuse. La présence des cellules géantes qui pe^ sîslent rend à peu près indiscutable l'interprétation proposée par M. Charcot. Quant aux cavernes de guérison, Ib mécanisme de leur formation a été décrit plus haut.
Dans les ganglions lymphatiques, dans la muqueuse du larynx, à la peau de la face (lupus dit scrofuleux), des tubercules Blalionnaires s'observent fréquemment.
Ici, la mortiQcalion caséeuse n'est pas chose nécessaire, fatale. Le tubercule, arrivé à son parfait développement, qu'H s'agisse du tubercule élémentaire ou du tubercule aggloméré,