‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 50 sur 121 · TUBERCULES FIBREUX · texte numérisé non relu

TUBERCULES FIBREUX

persiste tel quel et conserve rintégrité de sa structure, à la manière d*un parasite. Les tubercules qui présentent ce caractère d'éyolution ont en général une structure complexe et bien régulière; les cellules géantes, les cellules épilhélioïdes, le réticulum, qui a pu faire croire à Texislence d'un vestige d'organisation lymphatique, sont très accentués.

Dans \e tubercule fibreux, il ne s'agit pas d'évolution partielle fibreuse, s'opérant dans la zone embryonnaire^ au pourtour de la zone caséeuse, comme dans le tubercule présentant celte particularité, que de très bonne heure il perd sa structure cellulaire et subit une évolution spéciale qui le transforme rapidement en une petite tumeur fibreuse, sans que jamais il y ait la moindre trace de mortification caséeuse. Le tubercule fibreux n'est donc pas la granulation grise, adulte; mais il n'en diffère pas foncièrement, et en cela Laennec avait encore raison.

Le tubercule fibreux se présente sous deux formes principales: tubercule miliaire et agglomération tubeixuleuse.

Le tubercule miliaire fibreux est caractérisé ainsi anatomiquement. Dans un poumon sain du reste et qui présente à son sommet les caractères de la phtisie fibroïde, on trouve des granulations répondant à tous les caractères mis en relief par la description de Bayle, à propos des granulations grises: ces granulations sont groupées sous forme de bouquets, de grappes, dont les bronches semblent représenter le pédicule. Les nodules qui composent ces grappes ont la constitution suivante: agglomération de plusieurs tubercules primitifs; disposition concentrique des zones ; cellules géantes souvent reconnaissables ; structure absolument fibreuse; rien de caséeux. D'autres nodules, dans la même préparation présentent encore la structure embryonnaire, avec prédominance, toutefois, déjà marquée, du substratum fibreux inlercelluluire, sans

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Irace de morliScation centrale. Le tissu du poumon, au voisinage, présente d'ailleurs un épaississemenl des espaces inlerlobulaires, des travées intralobulaires ; en un mot, tubercule et pneumonie concomitante, tout annonce un processus chronique primitif.

On trouve aussi, a-l-il ët6 dit, dans la phtisie essentiellement chronique, le tubercule fibreux sous la forme et avec les caractères des agglomérations tuberculeuses. Les nodules sont plus volumineux. Il y a une zone périphérique fibreuse et une zone centrale également fibreuse, mais oii se dessinent les vestiges de l'artère, de la bronche et aussi des parois al-

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véolaîres ; mais tout cela est fibreux, rien n'est caséeux. M. Charcot fait remarquer qu'il est bien difGcile d'admettre que la zone centrale, après avoir subi la fonte caséeuse, a été, après l'élimination et la résorption des produits caséeux, le siège d'une évolution fibreuse réparatrice. Les produits caséeux ne peuvent s'organiser. Il est plus probable que l'évolution fibreuse est faite ici au moment où le tubercule tout entier est dans l'état qu'il présente à l'ordinaire : zone embryonnaire ; parois alvéolaires infiltrées de cellules ; alvéoles comblés par des productions embryonnaires polypiformes. Qu'on suppose cette masse embryonnaire subissant dans sa totalité l'évolution fibreuse, et on aura la représentation de ce que présente à l'examen microscopique le tubercule aggloméré fibreux. Quand le tubercule fibreux domine, à plus forte raison quand il existe presque exclusivement, on a alors affaire à \^ phtisie fibroîde. Les lésions de cette variété anatomique de la phtisie peuvent se résumer ainsi : poumon diminué de volume, présentant sur une étendue variable, dans le lobe supérieur, les caractères de la cirrhose pulmonaire; çà et là, quelques cavernes, quelques tubercules de guérison, mais surtout des tubercules fibreux. Le mot de phtisie fibroîde doit être réservé aux cas où Tinduration s*étend& tout un lobe ou à presque tout un lobe. Le processus de la transformation fibreuse se rencontre souvent limité & quelques parties du parenchyme, dans toutes les formes de phtisie à évolution un peu lente: suivant Thaon, il figurerait dans un tiers des cas. Cette phtisie fibroîde, à laquelle certains sujets tuberculeux semblent plus particulièrement prédisposés, ne se caractérise pas seulement au point de vue clinique par les phénomènes de la dilatation des bronches, mais par le déplacement des organes voisins, lequel peut s*expliquer aussi par les changements survenus dans la constitution physique de l'organe.

Charcot. ŒuTres complètes, l. V. Poumons, 17

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D. Lésions spécifiques de propagation. — C'est un fait acquis aujourd'hui h la science que la inalifire tuberculeuse, arrivée h la période de casôificalioii, jouit de la propriété de propager le tubercule de proche eu proche. Il semble qu'elle soit mûre alors, apte à la production de graines, qui pourront se détacher de la masse ramollie, et iront, Irunsporlées par les canaux lymphatiques, germer plus ou moins loin. A ce point de vue, le tubitrcule est une véritable uéoplasie maligne, iufeclieuse, et celte ])roj.riétô d'infection a été bien mise en lumière par les Iravauï de Vîrobow, RindfleJsch, Lépine, l'onfick, Charcot.

Il est incontestable que, parmi les lésions tuberculeuses de la phtisie, il en est qui doivent élre considérées ainsi comme des lésions d'origine secondaire, irradiées autour de foyers primitifs; envisagées selon cette subordination, les lésioos tuberculeuses se comprennent souvent mieux dans leur ensemble, et souvent aussi l'inlerprélalion clinique y gagne. Celte diffusion de la matière tuberculeuse autour des foyers caséenx s'effectue dans des limites très variables, et on peut, avec M. Charcot, y établir Irois étapes : infection locale ou directe; infection h une dislance plus ou moins grande parles vaisseaux lymphatiques ; enfin infection généralisée, dissémination par tout l'organisme de la granulalion grise.

La granulalion grise, esl, en effet, la forme qu'affecle la matière tuberculeuse émanée des foyers caséeux. M. le professeur Lépine a insisté, et avec raison, sur l'infection locale par simple contact. Qu'on examine la plèvre qui enveloppe le poumon tuberculeux, on verra que les tubercules s'y sont propagés; on verra comment, un peu plus tard. Voici ce qu'on y voit encore, La plèvre viscérale esl parsemée de granulations grises qui n'ont d'ailleurs suscité aucun travail réaclionnel de voisinage ; on ne constate & leur niveau ni fausses membranes, ni adhérences avec le parenchyme sous-jacent. Mais, si l'on

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