‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 72 sur 121 · Mort à deux heures du matin · texte numérisé non relu

Mort à deux heures du matin

Autopsie faite le 3i mars, à neuf heures du matin. — La contracture qui, pendant la vie, occupait le membre supérieur droit, a complètement disparu après la mort.

Encéphale. — Les méninges sont épaissies, légèrement opa- <iues, infiltrées d'un liquide transparent qui les rend comme œdémateuses. Le cerveau n'est pas ramolli; il présente un piqueté assez évident, uniformément répandu dans toute l'étendue des deux hémisphères.

Akéomen. — Le foie présente la coloration, la consistance et le volume de l'état normal. Il renferme trois noyaux blanchâtres, du volume d'une noisette, d'aspect sqairrheux, mais dont l'examen microscopique n*a pas été fait. La rate est normale. L'estomac et les intestins paraiaient sains dans doute leur étendue; leur membrane muqueuse présente une coloration pÂle.

Thorax. — Hépatisation granuleuse grise, occupant toute l'étendue du sommet du poumon droit.

Le cœur est à peine plus volumineux que dans l'état normal. Il n^a pas contracté d'adhérences avec le péricarde. Sa pointe paraît arrondie, obtuse et présente une coloration d'un blanc mat. On ne remarque aucune particularité dans sa forme extérieure. Les cavités gauches paraissent seulement un peu globuleuses et comme distendues.

En incisant la paroi antérieure du ventricule gauche, parallèlement au sillon interventriculaire, on voit que cette cavité est remplie danssesdeux tiers inférieurs, par une tumeur de forme ovoïde, bien régulière, à surface légèrement rugueuse, d^une coloration brune; l'extrémité inférieure de cette tumeur est obtuse et adhère intimement à l'endocarde qui tapisse la partie du ventricule correspondant à la pointe du cœur, son extrémité supérieure est lé-

388 KVSTLS FlBRfMÏUX DU C(£UH

ÇÈremenl accuniiiiée et se prolonge dans la cavité de laorlp sous forme d'un pédicule 1res délié qu'on peut Rulvre dans louLerélendue de la crosse. La tumeur n'est adhérente que dans son qoarl inTérieur; dans tout le reste de son étendue elle est libre et burgn^ dans le sang du ventricule ; elle a environ 5 centimètres dans se» grand diamètre sur 3 cenlimétreset demi de large; elle est fluctuante: quand on l'incise, il s'en écoule environ trois cuillerées à café d'un liquide épais, opaque, d'un vert légéremenl roui.

ressemblant fort bien à du pus phlegmoneux, mélangé d'un peu de Bflng.

La surfuce iiilerne du kv^le est mamelonnée, comme tonieiiteuse par places; ses parois sont très minces, elles ont dans cer^ tains points à peine un millimètre d'épaisseur; la substance qui lc< conslilue a l'aspect de la fibrine coagulée; elle est disposée par )» rnelles concenlriques; les plusexlérieures de ces lamelles sont pèles et résiitanles; celles qui lupissent immédiatement la cavité dv kyste sont verdâtres el trta friables {Fig. -la).

Le liquide extrait du kyste présente, à l'examen microscopique^ la composition suivante: !• matière amorphe disposée en gw--

KÏSTES riBRlKEO'X DU C(BUB 389

maax (fibrine désagrégée) ; 3° granulations moléculaires en quantité énonne; 3' globules de graisse libres, de volumes divers et en très grand nombre; A* globules très nombreux, arrondis, à membrane eitérîeure 1res mince, très transparente, remplis pour la plupart de granulationa graisseuaes et ayant l'aspect et le volume des globules blancs du sang (ce sont, tout porte à le croire, des globules blancs du sang altérés); 5° des cristaux en aiguille dont la nature n'a pas été déterminée {Fig, U et 45).

Lee parois du kysle renferment à peu près les mêmes éléments, seulement les globules graisseux y prédominent.

Les parois du ventricule gauche paraissent légèrement épaissies

tompOMnl la llqnlile pud'oma tmlsnn ilini \f {Fig. 44); après rulion de l'eau {fij. 45).

dans leur moitiû supérieure, mais à mesure qu'elles approchent de la pointe, elles s'amincissent peu à peu; et bienlAt, dans les points qui répondent aux adhérences contractées entre le byste et l'endocarde, elles ont à peine 3 millimètres d'épaisseur. Là elles paraissent uniquement constituées en dedans par l'endocarde épaissi, rugueux, opaque, en dehors par une sorte de tissu fibreux blanc, légèrement nacré, très résistant : en tout deux couches. Plus haut, et dans toute l'étendue supérieure du ventricule gauche, on remarque sur la surface de section : 1' en dedans, au voisinage du kyAe, l'endocarde Épaissi, blanc, opatfue, pouvant se détacher facilement des parties sous-jacentes ; 2° une sorte de trame fibreuse de nouvelle formation se continuant avec la couche nacrée dont il • été qoestion plus haut et présentant le même aspect; 3' une

AHÊTBISHE PARTIEL DU CSUR

troisième couche formée de fibres musculaires, pâles, décoloré» el comme infillrées de graisee; 4* les Bbres musculaires du cceur avec leur aspect normal.

L'endocarde ne présente d'altérations que dans les points où il est en contact avec le kyste auquel il paraît uni dans certains points par des lamelles celluleuses de formation nouvelle; là, il est épaissi, blanc, opaque. légèrement rugueux à sa surface interne et comme chagriné. Partout ailleurs il a son aspect normal. Les valvules aortiques et les valvules auriculo-ventriculaires ne présentent aucune altération. L'aorte est saine: on n'y voit pas de plaques athéromateusc?, elle n'est nullement dilatée. Le ventricule liroit, l'artère pulmonaire, les deux oreillettes sont complètemenl exempts d'altération.

Le caillot que nous avons vu partir du kyste el se prolonger dans la crosse de l'aorle, pouvait être suivi à droite et dans toute l'étendue de Vartère axillaire et humérale, mais, à mesure qu'il s'éloignait du centre circulatoire, il paraissait moins organisé et de Tormation plus récente. Dans l'bumérale et dans l'axillaire droite, pas plus que dans l'aorte, il n'adhérait aux parois vasculiiires qui ne présentaient aucune altération. Les artères corresl>oniianles du calé gauclie ne contenaient pas de caillots, mais seulement un gieu de sang fluide.

signes. Elle ne peut avaler les liquides qu*à Taide d*un biberon; si elle essaye de boire autrement, elle tousse immédiatement et est prise d'une sorte de suffocation. Elle avale les solides beaucoup plus aisément, mais la déglutition se fait avec lenteur. L'intelligence parait très nette, il n*y a pas de surdité. Elle nous fait comprendre qu'à part son infirmité, elle jouissait d'une bonne santé depuis son entrée à la Salpétrière. Elle assure qu'elle est tombée malade il y a quinze jours seulement; elle a commencé à éprouver alors de la dyspnée, de l'anxiété. Elle s'est vue forcée souvent de s'asseoir sur son lit, et ne peut guère dormir la nuit. Quelquefois cependant, elle peut se coucher sur le côté droit et sommeiller un peu; mais il lui est toujours impossible de se coucher sur le côté gauche. Elle a en même temps perdu l'appétit, mais elle n'a pas éprouvé de frissons. Depuis une quinzaine de jours, vertiges, bourdonnement d'oreilles, scintillement devant les yeux, toux quinteuse etsècbe.

État actuel. — Apparence d'une forte constitution. La face est injectée et présente une teinte générale un peu violacée. Légère teinte ictérique des conjonctives. La malade rapporte toutes ses souffrances à la région du foie; quand on palpe ou qu'on percute cette région, elle accuse une douleur vive aussitôt qu'on arrive au niveau des fausses cotes droites. On observe en même temps que le foie, qui, d'ailleurs, ne remonte pas très haut, dépasse le rebord costal d'environ 2 pouces. Nous observons pendant la journée que la malade est habituellement couchée sur le côté droit; mais elle se lève de temps en temps tout à coup sur son séant, comme pour mieux respirer. L'œil est hagard et la malade parait en proie à une vive anxiété. La peau n*est pas chaude. Le pouls des artères radiales est complètement insensible. La main appliquée sur la région précordiale perçoit des battements peu énergiques. La matité de cette région est absolue et très étendue; la percussion n'y provoque point de douleurs.

L'auscultation fait reconnaître des bruits sourds et comme étouffés, presque nuls. On entend un souffle peu intense ; double, ayant son maximum à la pointe et se propageant dans la direction de l'aorte. Pendant cette exploration, la malade fait comprendre

3t>2 A>>:V]IIÏME l>JkRTIEL DU CCEliR

quelle éprouve don^ !e dos, au niveou de la pointe de l'oinoplale, une sensation de battements. Quand on lui dit de préciser le point où elle éprouve cette sensation, <.-]le porte la main sur le bord enterne gauche de la colonne vertébrale, à un décimètre environ auilesâous du niveau de l'angle de l'omoplate. L'exploration de celte région par la percussion n'y Tait pas reconnaître de malilé ; mais, par l'auscultation, on perçoit un souffle assez rude, paraissant asseï superficiel, et qui se propage de ce point où il a son maxiinuoi dans touti;^ les directions; on l'entend par en bas jusque sur le sacrum ; par en haut, sur la colonne vertébrale, on l'entend encore à 15 centimètres au-dessus du niveau de la pointe de l'omaplate. Latéralement il se propage fort loin du côté gauche; mais on l'entend aupsi à droite, quoique plus faiblement, jusqu'au niveau de la ligne sous-nxillaire.

Par l'examen de la poitrine, on découvre en arrière, en bas et a droite, une matitû très prononcée. Dans ce point même, la respiration est très faible et mélangée de quelques râles sous-crépitanls.

Les extrâmilês sotit un peu froides. La malade assure ne pM éprouver de rourmiUemcnts dans les membres tant inférieurs qof supérieurs. La sensibilité et le mouvement sont parfaitemenl libres. Pas trace d'œdèmc. (Potion : opium, digitale. Une portiai d'aliments.)

â3 mars. La malade ne peut dormir la nuit. Elle se lève souveni tout à coup et lait quelques pas dansla salle. Elle fait comprendre qu'elle est dans ces moments-là en proie à une vive oppression. La peau devient un peu chaude ; la langue est couverte d'un enduit, blanc. La teinte ictérique se prononce davantage, cependant, U région du fuie est moins douloureuse. L'appétit se perd.

Du â3 au 30, pas de modilicalionâ importantes. Toujours I* même agitation. La malade se promène toute la nuit dans la sail* et reste assise sur »un lit pendant la plus grande pailîe du joiiTi

31. La teinte ictérique persiste. Même agitation. Lcpouli raiM est toujours nul. Exlrémilés froides et violacées. A la partie laîérieure de la poitrine, souffle mélangé de quelques râles pilants. Toux sèche, soif.

observation; autopsie 393

i^ avril. L'agitation et la dyspnée ne font qu'augmenter. Une •cyanose générale se manifeste. La malade ne peut rester un moment en place; elle se plaint de fourmillements, de crampes dans les jambes. Le pouls est toujours insensible. La malité précordiale parait plus étendue encore que les jours précédents. Les bruits du cœur sont très faibles et presque insensibles, son impulsion 1res faible. Le souffle double à la base a complètement disparu. Il en est de même du souffle qu*on entendait distinctement à la région dorsale. La matité correspondant à la partie inférieure du poumon persiste et s'étend.

4. Les battements des artères humérales elles-mêmes ne sont plus perceptibles. Les carotides et les crurales battent très faiblement. La malade est très aflaissée, elle est coucbée sur le côté droit et comme repliée sur elle-même.

5. Un peu de râle laryngo-trachéal, plaintes, gémissements. Le matin vers onze heures, la malade descend de son lit; elle tombe aussitôt à terre et meurt subitement.

Autopsie faite le t> avril, à 9 h. du malin. — Encéphale. — Le lobe gauche du cervelet présente à sa face supérieure deux dépressions, comme formées par Timpression des doigts, ayant chacune environ un centimètre et demi de large sur un centimètre de profondeur. Au niveau de ces dépressions, les circonvolutions lamellaires sont complètement effacées. Ces cavités sont recouvertes par Tarachnoïde ; elles sont remplies par un liquide transparent, communiquant avec le liquide sous-arachnoïdien. Le cervelet est sain dans tout le reste de son étendue. Vers la partie antf'Tieure du lobe cérébral droit, au niveau de Texlrémilé externe de la scissure de Sylvius, on trouve une cavité du volume d'une noix, fermée en dehors dans une partie de son étendue parles méninges cérébrales épaissies et se prolongeant en dedans, dans la profondeur de la substance cérébrale, jusqu'au voisinage de la partie antérieure et externe du ventricule correspondant. Cette cavité est remplie d'un tissu cellulaire à mailles larges, vasculaire et imprégné d*une sérosité limpide. Dans cette cavité, rampent des vaisseaux nombreux, fortement contournés, et qui sont des ramilica-

394 observation; autopsie

tiuns (les vaisseaux de la scissure de Sylvius. A gauche, el dan^ une situation analogue, une autre cavité, mais d'une capacité deux fuis moindre.

Les môiiingei ^ont injectées, épaissies el forlecaeat iofiltées d'une sérosité parraitement transparente. Piqueté cérébral général, pas de ramoliîs?etDent.

Abdomen. — Foie volumineux, muscade, rorlement congestionné, reins normaux. Rate, 10 cenlimèlres de haut en bas, très épaisse, dure, d'une coloralion et d'une consistance qui se rapprochent de celles du foie.

Eitomac. — La membrane muqueuse de restomac présente ao voisinage du pylore une teinte ardoisée très manifeste. Au niveau de la grande courbure, di?ux ulcères simples, à fond nacré, à pourtour rouge vif, ayant chacune l'étendue d'une pièce de 50 centimes, arrondis et communiquant entre eu<c par une sorte de ramitlcation. — Les intestins n'ont rien présenté de notable.

Thorax. Poumons. — Lu plèvre droite contient une assez grande quanliti: d'un liquide transparent, ciLrin, mais dans lequel nagent, surtout dans les parties les plus déclives, des flocons albuinino-librineux verdâLres. Quelques plaques pseudo-membraneuse», verdA- Ires, sur la plèvre qui recouvre le lobe inférieur. L'épanchement s'étendaitsur la plusgrande partiedu poumon, lequel était reteno aux parois thoraciques en plusieurs points par des fausses membranes organisées de date plus ou moins récente. Le lobe moyen et lo lobe inférieur du poumon droit sonl d'une coloration foncée, lourds et résistants. Quand on les divise par une section qui se prolonge dans toute leur étendue, on remarque que les parties centrales sont occupées par de nombreux noyaux d'apoplexie pulmonaire granuleuse, arrondis, circonscrits, se détachant vivement par leur coloration d'un violet foncé sur les parties environnantes dont la teinte est plus pAle; toutes les parties des deux lobes inférieurs, qui n'olfrent pas ces altérations, présentent les caractères de l'hépalisation granuleuse grise la plus manifeste.

Le poumon gauche est sain dans toute son étendue.

Le cœur a un volume considérable. Il pèse 960 gr., avec les caillots ût l'origine des artères. L'augmcnlalion de volume parait

KYSTES FIBHINËUX 39Ô

appnrtenir exclusîveiiieiil au venlrir.ule gauche; le venlricule droit estrelativementpetitet comme relégué en arrière. L'oreillelledroite est, proporlion gardée, volumineuse. La pointe du cœur est exlrèuiemenl obluee et comme aplatie suivant la direction du grand axe del'urgane.

l'as d'adhérences péricardiques. Quantité notable de liquide citriii dans le péricarde. A la surface du cœur, surtout sur le ventricule gauche, au voisinage de la pointe, on voit de nombreuses plaques blanches, d'une grande étendue et d'une date évidemment très ancienne.

Le venlricule gauche est ouvert avec précaution dans toute son étendue par une incision parallèle au sillon interveniriculaire, la cavité parait alors très vaste, et comme globuleuse; la plus grande partie de son étendue est occupée par une vaste tumeur ovoïde, lisse k l'extérieur, se terminant en haut par une extrémittS obtuse, adhérant intimement par son llerti inférieur à lu paroi du ventricule, surtout au niveau de la pointe du cœur. Cette tumeur est, partout ailleurs, libre dans la cavité du cœur, et en rapport avec des caillots sanguins de formation récente; elle est formée d'une enveloppe composée de couches flbrineuses concentriques, très minces (environ 2 millim.) dans certains points, très épaisses dans d'autres (4 millim.) et d'un contenu liquide, épais, opaque, d'un verl brun a)'ant l'aspect du pus. Ce liquide, dont la quantité est considérable, présente à l'examen microscopique la composition suivante : 1° détritus fibrineux amorphe ; 3* granulalionx moléculaires nombreuses ; 3° globules graisseux de volumes divers, très nombreux; 4° globules blancs du sang ayant subi la dégénérescence graisseuse.

L'endocarde est blanc, opaque, épais, au niveau des adhérences avec le kyste et dans leur voisinage ; partout ailleurs il présente son aspect normal.

Les valvules aortiques et l'aorte sont complètement saines. Les valvules auriculo-ventriculaires sont d'un blanc laiteux, mais d'ailleurs bien conformées.

Les parois du ventricule gauche sont épaissies (2 cent.) surtout aux parties centrales et à ta basg. Le tissu musculaire y conserve

396 ANEVItlSHE PARTIEL DD (XBVU

son aspect normal dans les deux liera supérieurs de leur éteodiiî. Hais danB le tiers ijifûrieur, dans toutes ses parties qui concourent à foriner la pointe ilu cœur, la paroi qui conserve encore unt grande épaiBsear(1 cent. 1/i) ne pnisente plue du tout l'aspect musculaire; elle parait coustiluée par un tissu librineux, résistant , nacré, compo^ô de couches superposées. (La pointe du coeur déployée présente celte lecture tlbrouse dans une étendue de 9cent. environ dans tuuB les^ens.)

Lorsque la cavité du ventricult; gauche s été débarrassée du kyste qu'elle renfemiail, on rcmarquu au voisinage du c>Bur, sur la paroi interventrkuluire, dans le point de réunion de cette paroi avec la base des piliers postérieurs des valvules niitrales, un orilice arrondi ayant environ 2 centimèlres de diamètre, et s'ouvranl dans une cavité régulièrement hémisphérique de 2 cent. 1/3 de profondeur environ. Les parois de cette cavité, ainsi que l'endocarde, au voisinage <Je son orifice, ont une consistance osseuse et résonnent comme du carlon quand on les Frappe.

Son Tond se dirige dans la cavité du ventricule droit où il Giit une saillie d'environ un centimètre. La l'ace inleme est recouverte de plaques calcaires; elle parait, du moins en certains points, recouverte d'une nienilirniie qui =e continue insensiblement avec l'endccardc. Un caillot composé de lamelles fibrineuses stratifiées, et déjiendntil du kyste que nous avons vu remplir la plus grande partie du viTilriculi' .gauche, obliiraienl complètement cette petite cavité aiiévrisniale.

Les autres parties du s\stènie vasculaire n'ont pas présenté il'alléraliou notable.

PATHOU>€»B GOHPARÉB 397

Végétatioiis des valvules auriculo-ventriculaires gauches, avec hypertrophie du cœur et hydropisie asciie ; ulcérations multiples de la muqueuse de l'estomac; tumeurs gélatineuses dans le foie, chez un chien âgé de douze ans ^

Un chien de garde, mâtin, d'assez forte taille, et qui avait éprouvé la maladie dans les premières semaines de sa vie, s^était ensuite toujours bien porté, lorsqu*il y a quatre à cinq mois, il tomba tout à coup malade, cessa de manger régulièrement et maigrit d'une manière très prompte. Il était alors âgé de douze ans moins quelques mois. Sa maladie fut attribuée à ce qu'il avait mangé avec avidité des étoupes servant au pansement d'une plaie suppurante d*un cheval. Quoi qu'il en soit, ce fut quelques semaines aprèsque la maladie éclats. Dèsle début, outre l'amaigrissement et l'inappétence, il faut encore noter une soif que rien ne pouvait satisfaire, et ù celte époque déjà les excréments, qui étaient toujours secs, farineux et d*une teinte grisâtre, devinrent habituellement noirs et semi-liquides. Peu à peu le train de derrière s'affaiblit considérablement et ne peut plus supporter l'animal, qui ne se déplace plus guère. La maigreur devient excessive ; mais le ventre reste volumineux et présente tous les signes de rhydropisie ascite. Dans les dernières semaines de sa vie, l'animal refuse toute nourriture; il boit sans cesse avec avidité, rend des excréments liquides jaunâtres et teints de sang. La veille de sa mort, il éprouve quelques vomissements, et rend de nouveau

I Comptes -rendus de la Société de Biologie j 1851, p. 24.

396 LÉSIONS CARDIAOUEi CBSX UH CJIIEN

des excréments colorés en rouge. On noie que le cad&vre n'ê-

prouva pBB de raideur.

Le cerveau et la moelle épinière ne présentent k l'aulopsie aucune altération qui puia^e expliquer la paralysie des membrct postérieurti. Le cœur est très volumineux ; les parois du ventricule gauche surtout sont fortement ^[laiââies. Le bord libre du valvules auriculo-veotriculalres gaucher présente une gérte dt végétations volumineuses, transparentes, très adhérentes aoi valvules. Ca végétations ont toutes leur exlrêmtlé libre dirigée vers la cavité de roreilielte.Ces végétations examinées au microscope par M. Lebert et H. Davaine, par^iiasent essenlieltemeol composée* lie Ubrine /i l'i'lal amorphe, cantenant des graniilitions de caractère indéterminé, insolubles dans l'acide acétîqae. Pas de traces de vascularisation. Les valvules auriculo-ventriculaires droites présentent au niveau <Ie leur bord libre un épaississement et quelques végétations analogues aux précédentes, mais bien moins importantes. Rien aux valvides sîgmoïdes; rien de notable non plus dans les autres points de rendocarde;les poumons élAient sains.

L'abdomen élait distendu par une grande quantité de sérosité jaunâtre, transparente, sans flocons albumineux.

Les iiiteslins, examinés dans toute leur étendue, ne présenlaient aucune lésion, leur muqueuse était lapissée par un mucus d'un brut) rouge très fétide.L'es/omafr.un peu revenusurlui-même, présenUit ime coloration çà cl li'i rouge brique, et, par place, d'un violet foPH'i"; ou y voyait un nombre considérable d'w/cera(io»u ovalaircH, d'étoridiie variable, mais dont quelques-unes étaient aussi larges qu'une pièce de un frauc. De ces ulcérations, les unes paraissaient en pleine activité et élaienl entourées d'une auréole violacée ; d'autres semblaient en voie de réparation et ne présenlaient plus à leur pourtour ou dans leur fond de vascularJlé anormale. UuL-KiueB-uiies d'entre elles mettaient à découvert la tunique celluleuse ; d'autre:*, au contraire, n'avaient pas attaqué toute l'épaisseur de la membrane: celaient de simples exulcérations.

LÉSIOn CAlHAQOn CMEZ OH CHODr 399

Le foie assez Tolaminenx et an peu bosselé, était semé de noyaux blanch&tres, diaphanes, de consistance gélatineuse, dont quelques-uns atteignaient le volume d*une grosse noi-

selte.

KAHDITK ItUtkKl-SS

Note sur l'endocfirdite nlcéreiue mignë à fisnne typhoîd» & propos d'un cas d'affection ulcérense de la valvul» tricusplde avec état typhoïde et formation d'abcès multiples dans les deux poumons ' .

Une forme de Vendncardile ulcéreuse aiguë est remarquable en ce qu'elle s'accompagpe d'un ensemble de symptAmes rappelant ceux qu'on obi^ervKMans les fièvres typhoïdes ou dans l'alTeclion purulente et qui semblent devoir Ôire rattachés à une septicémie profonde, telle forme par esceltence grave de rendocariiite ' a élô surtout étudiée à l'étranger, en particulier par MM Vircliow ', Rokitansky *, S. Kîrkes '. 0. lieclvinann ^ ; tout récemment dans deux traités classiques sur les maladies ilu rœur, MM. Bamberger ' et Friedreich * se sont appliqués à résumer les principaux traits de son histoire.

1 Mé!». <k la S;r. de hia'.ogie, 1861, p. 303. — En collaboration avec M. Vn.i>iA^.

• Ollu lornii' iiiiriiil correspondre il l'eurfocaiv/iie jniiji-tfneujc de M. Bouillaud. (Vi.ir Iniilé .1,^ umladies du i-a:u>; t. II, p. 29-87).

I Virclmw. — lie'j'--- Cafillùrc (An-hiv. fur palh. Analom., Bd. 9", HfL i. IHjO, |i iu7. — iiosnmm. A>j/iiii'llu'igrn, 1836. S. 7)1. — MoaaUrhii;t '«■ Ceburl.kii'i-h: 11. Hil. S. 409, 1858.

> Eli.k:iaiisl.>. — l'iithul. Aiintom., — Wien 1856, t. Il, p. 273 ; l. I, p. îai.

no.

' ti. KirI, ^.- E'11,.1,. mp.linil ond sur.iirnl Journal, l. KVIII. p. 119, I85:i.

' l>. II. ■.■1,111. mil. — Ij ■■•■/(.. lu'.s- lir'iit., li M. 1 liefl. 1857, p. D9. — Ide'ii,^ M. :i. \ [,n. istiii, p. ïH.

' IluinborHcr. - U-i.rLurh dn- Krauklt. der Ile'!en>. \\\on.. fBj7, p. io.,

• FrifdreiiMi — II,- K'-m.kh. dfr Ileri-iK. hi fi.K'xnr's handiuc/i. S BJ. i

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