‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 76 sur 121 · MORT SUBITE · texte numérisé non relu

MORT SUBITE

Les auteurs qui ont traité des maladies puerpérales paraissent avoir négligé, pour la plupart, d'indiquer la possibilité d'une semblable terminaison de la phlébite oblitérante ^ Cependant c'est probablement à des faits de ce genre que Bucns* fait allusion lorsqu'il dit que, dans les cas de gonflement de la jambe, suite de couches, l'imprudence des malades a causé quelquefois une mort subite. Dans une intéressante dissertation inaugurale, M. Dehous' rapporte l'observation d'une dame récemment accouchée, et qui avait été affectée d'un œdème douloureux fort grave ; les symptômes paraissaient s'amender depuis quelques jours, lorsque, en voulant aller à la garde-robe cette dame tomba par terre, et avant qu'on pût appeler du secours elle était morte. L'autopsie n'a pas été faite ; mais d'après les symptômes observés, l'auteur admettrait volontiers qu'en pareil cas le bouchon qui oblitère les veines du membre inférieur peut se détacher, et, entraîné par le courant circulatoire, aller produire sur un point quelconque de l'économie un obstacle assez puissant pour enrayer immédiatement les rouages de la vie. Voici une observation analogue, cette fois suivie d'autopsie, et rapportée par le docteur Klinger, d'après le docteur Hoogeweg* (de Berlin).

Obs. II. — Une primipare, âgée de vingt et un ans, éprouve, le troisième jour de ses couches, un frisson suivi de douleurs vives sur le trajet de la veine fémorale, dans le genou et le mollet. Ces douleurs se propageaient jusque dans Tabdomen. Les glandes

' M. le docteur Mordret n'en fait pas mention dans son travail, d'ailleurs si riche de faits, Sur la mort iubite dans félat puerpéral, Paris, 1858.

* TraUé des accouchemenls, traduction de Galliot, p. 387. Paris, 1855.

* Dehous. — Essai sur les morts subites pendant la grossesse, V accouchement^ etc., thèse de Paris, 1834. Cette observation a été empruntée par Tauleur à V Union médicale^ 5 juillet 1853.

* Klinger. — Beobachtungen ûber die Verstopfung der Lungennrterie durch Blutgerinnsely in Archiv fur physiologische Ueilkunde, 1855, p. 379. Cette observalion, publiée d'abord par le docteur Hoogeweg (de Berlin) dans la Preusê, Vereins-Zéitung, n« 52, 1S51, a été reproduite dans les SckimidCschen JafiTbûehem^ 1852.

inguinales ûtaient gonflées, sensibles à la pression, ainsi que les parties donl il a été question plus haut, mais sans cbangemenl de couleur et sons élévation de température. Le lendemain, il se inanireste un œdème de toute la cuisse gauche, laquelle, au bout de quelques jours, avait atteint le double de son volume normal. Les douleurs étaient si vives qu'elles troublaient le sommeil. Les lochies coulent comme d'habitude; la soif est modérée; pouls, 96. L'onguent cinereum, une infusion de digitale, n'amènent aucun changement; l'application de ventouses fait disparaître la douleur, cependant l'œdème persiste. Hais une forte compression, exercée à l'aide d'un bandage, fit diminuer l'œdème ; si bien que la malade restait habituellement hors de son lit et prenait de« forces. Tout k coup, elle tombe en pt^ussant un cri, le visage devient pâle, l'ceil éteint, les extrémités froides, le pouls petit, peu accéléré, respiration bruyante; expression d'une grande anxiété. Mort au bout de trois quarts d'heure.

Aulnpsie dix heures après la mort. Rigidité cadavérique très prononcée; les extrémités inférieures sont fléchies contre le bassin. Cerveau consistant, dur, normal du reste- Les poumons sont nérés, sains. Quand on y pratique des sections, on remarque que lies vaisseaux il s'échappe des caillots de sang en partie mi>

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