‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890 (volume 5)Chapitre 79 sur 121 · MORT SUBITS DANS L'ÉTAT PUERPÉRAL · texte numérisé non relu

MORT SUBITS DANS L'ÉTAT PUERPÉRAL

tics du système veineux pour rechercher s'il n'y existait point de caillots.

On trouve cependant, dans un intéressant mémoire de Simpson sur la mort subite dans Tétat puerpéral*, deux observations qui paraissent contraires à la proposition dont il s'agit; mais, à notre avis, elles ne sont pas accompagnées de détails suffisamment précis pour qu'on puisse les considérer comme décisives. Afin qu'on en puisse juger, nous donnons la traduction à peu près textuelle de ces deux observations.

Obs. XUI. — Une dame, âgée de trente-quatre anç, accouche le 18aoùti8ol; le travail fut facile el naturel. Tout alla bien jusqu'au 30; elle marchait et paraissait en bonne santé : ce jour-là, en s'habillant, elle tomba sur son lit. D'après le rapport de la garde, elle eut un peu d'écume à la bouche, éprouva quelques mouvements convulsifs de la face, prononça quelques mots d'une voix faible, se renversa sur le dos et mourut. Tout cela dura à peine quelques secondes. A l'examen nécroscopique, on trouva les parois musculaires du cœur pâles et minces, principalement celles du venlricule droit. Ce ventricule contenait un peu de sang noir. Les deux branches de l'artère pulmonaire contenaient des caillots de sai;g qui remplissaient presque complètement le calibre des vaisseaux. Les principaux caillots avaient environ un pouce et un quart de long; ils étaient d'une texture ferme, et dans quelques points légèrement adhérents à la paroi vasculaire. En suivant les divisions de Tartère pulmonaire, d'autres caillols en grand nombre, et présentant les mêmes caractères que les précédents, le volume à part, furent trouvés jusque dans les pli^s petites ramifications. Ainsi que nous l'apprend M. Simpson, celte autopsie fut faite sous les yeux du docteur Paget; on s'assura qu*il n'existait point de caillots dans les veines'.

* J.-V. Simpson. — The Ohsteiric Memoirs and Contributions, t. II, p. 34 ; Pathotogical Observation on puetyeral Avtei'ial Obstruction inflammation^ p. 63.

' Cette observation a été publiée par M. Havers. (Medic, Times and Gazet,, féTrieri852, p. 161.)

414 OBSEIIVATION

Obs. XIV, — Une dame accouche hetireitsemenl de son troisième enfanl. Ie4 juillet 183». l/é'al Tut très salisraisant pendant les huit premiers jours qui siiivirenl. Dans l'après-midi du huilième jour, â deux heures, elle fut visitée par son médecin, qui la trouva trèi bien et dans d'excellenlea dispositions. Un peu avant cinq heurcH, eUe se plaignit tf une légère dotUeur iiégeattl dam Cnneda cuisses. La malade attribua celle douleur û la position quelle avait gardée depuis longtemps. Elle se Iruuva soulagée en s'a^ seyant, el se donna un peu de fnouvement pour uriner, suiranl ce ijue rapporte la garde; au moment où elle reprenait sa silnation horizontale, elle pAIit tout^ cûiip et s'écria: uOli! je meurs! • Un médecin du voisinage fut inunédiatemenl appelé, et arriva dix minutes aprùs l'accident : il nota les phénomènes suivants: Le pouls est insensible: p&Ieur extrême, re!:piratîon dirPicile: la mort eu lieu trente cinq minutes après le début de l'attaqne.

Autopsie vingt-quatre heures après la mort. Tous les visccrts sont sains, à l'exception du foie qui est un peu volumineux, il y a des calculs dans la vésicule biliaire. Le cœur paraît sain ; cependant le tissu musculaire de sps parois est un peu pâle. Les arlèrps pulmonaires sont distendues par des caillots cylindriqui>s, ré^iîlaiils et fermes. Dans aucun autre vaisseau on ne li-otiva dt caillots. La veine cave inférieure est vide, et ses parois sont revenues eor elles-mêmes. Les artères pulmonaires sont saines ; les caillott (|u'elle renferme sont formés de couches superposées comme cens qu'on rcnc<intre dans les cavités anévrysmales ; mais ib n'agiraient pas aux parois du vaisseau. Les couches extérieures étaient d'une consistance plus ferme que la partie centrale. Celle-ci était ' d'une couleur plus foncée, elle était [dus molle et apparemmenl ' de date plus récente. On sut plus tard qu'avant l'accouchement ' la cuisse el la jambe gauches de la malade avtient été très enflées: ce gonflement avait diminué graduellement après l'accotichemenl, et après la mort les deux membres inférieurs ne présentèrent aucune différence de volume.

Comme on le voit, ces âeu\ observations sont relatives à des femme-s qui succombèrent peu de temps après l'accouche- j

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