DB
Les msréliienU '^ni cijmp»9«nt ce résida sont, poar la majeure partie 55 à TO pi:>ar lOO' . les soÎTants : i* Les sels à adcks biliaires çlyrochiilate et taorocholate de soude, provraiment spéciaux de la sêcrétioa bilîaire, doaés très danâ la bile da rule phjâologiqae le plus important et. ce qui n^vas touche particulièrement dans nos études, exerçant, à d*>se élevée, sur Torganisme^ une action toxique.
2* Après cela. Tiennent, en proportion beaucoup moindre, des principes qui paraissent plus particulièrement destinés à être éliminés du svstéme : ce sont : o' la matière colorante
OU pigment biliaire : — 6 la cholestérine ; — c) [des sels minéraux à savoir surtout : des phosphates de soude, de potasse, de fer, le chlorure de sodium. — 3* Enfin, la bile contient habituellement du cuivre.
Afin de vous faire mieux apprécier la proportion relative de ces diven» éléments, je mettrai sous vos yeux Tanalyse classique que Frerichs a donnée de la bile d'un honmie Agé de 22 ans, mort par accident.
Ean 859, 2.
Résida soUde 140, 8;
Glycocholale I j^ ^„ jç 91,4.
Taurocbolate )
Pigment et mucus 29,8.
Graisse . . 9, 3.
Cholestérioc 2, 6.
Seli 7, 7.
Examinons en particulier chacun de ces éléments, en commençant par la cholestérine. Cette substance nous intéresse spécialement car c'est elle qui forme la presque totalité de la plupart des calculs biliaires, concrétions qui jouent un rôle si prédominant dans la pathologie hépatique. En déter-
DE LA. CHOLESTÉRINB. 61
minant, par leur présence, dans les voies biliaires, des lésions de canalisation (Cruveilhier), plus ou moins graves, elles occasionnent, on peut le dire, tout une iliade de maux que nous aurons à vous raconter.
I« La cholestérine, telle qu'on l'obtient dans le laboratoire ou telle qu'on la rencontre quelquefois au sein des organes, ayant subi des altérations pathologiques, est une substance nacrée blanche, sans goût, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, fusible et, en'masse, brûlant avec une flamme blanche. Elle s'offre à l'œil nu sous forme de paillettes brillantes, micacées, et, au microscope, sous formes de tablettes rhomboïdriques (système du prisme rhomboïdal oblique), dont les angles sont souvent dentelés. Si ces caractères ne suffisaient pas, une réaction pourrait être invoquée (1). a) L'acide sulfurique produit sur ces paillettes une coloration rouge brun, pourpre, et la paillette se dissout; — b) si, après l'acide sulfurique, on ajoute de l'iode, les tablettes prennent une coloration rouge, carmin, jaune, bleue.
La cholestérine est un corps ternaire neutre. La chimie moderne (Berthelot) la rattache au groupe des alcools : ce serait un alcool monoatomique, analogue à l'esprit-de-vin.
2* Dans la bile, cette substance existe, comme on l'a vu, en faible quantité, à l'état normal ; mais elle y est un produit constant. Sa proportion, dans les conditions morbides, augmente d'une façon absolue ou relative et c'est ainsi que se forment un certain nombre de concrétions biliaires . La choies* térine est tenue en dissolution dans la bile par les acides biliaires et elle s'y concrète lorsque ceux-ci, par suite de la putréfaction, subissent un dédoublement.
A. D'où vient la cholestérine ? Un seul auteur, M. Beneke, soutient aujourd'hui qu'elle se fait dans le foie ; ce serait, d'après lui, un produit de la sécrétion hépatique qui jouerait un rôle dans la digestion, en contribuant à la résorption des graisses dans l'intestin.
(1) Fanke. — Atlas. Tabl. vi, Og. 2 et 3.
62 OETGIXB DE LA CHOLBSTBUXB.
Tous les &3Yr>$ aateur? pensent qu'elle se forme dans d'autre rèfi '«n» de r*>r?ani«me et qu'eDe est sealement éliminée par le foie. De la m^me manière que Tarée est éliminée et n<:»n à pr»prement parier *écnHée par les reins, la cholestérine serait évacjfe ave*: la bile dans l'intestin où elle subirait une transformât i*'*n ffenrortiie\ Ce serait on excrément et non pas un airent ^ctif dans la diee<tion. Ces notions sont dues sui^ tout aux trav3kux de Aaslin Flint fils (1868) (1).
La cholestérine se trL>uve dans le san?. Mais, sa présence dans le liquide sanç-uin, depuis L'^nçtemps constatée, ne suffit pas pour prouver que le f- »ie n'est pas son foyer de formation. Sa prt.-existence dans le sane est établie, dans le travail de M. Flint. sur les données suivantes :
Le san^ de la veine contient ce principe en telle quantité qu'on Vy trouve pirf^Vis sous forme de paillettes. Au con* traire, le santr de la veine sus-hépatique en renferme beaucoup moins. L*ne certaine quantité de cholestérine a donc été sépirêe par le foie. Des expériences de MM. Pages, de Feltz et Ritter. exp -riences. à la vérité un peu sommaires, plaident dans le même sens. Ces auteurs ont cherché à détruire le foie en injectant dans le canal cholédoque du sulfate ferreux. Dans un cas. l'animal a vécu trois jours. Le foie était ratatiné et prôsenlail une cob^ralion jaune dan^ toutes ses parties, sous Taction du sulfiite d'^ fer. Or. consécutivement, la cholestérine s'était accumulée dans le sang. Ainsi, tandis que chez un chien, avant l'expérience, le sang contenait 0,8 à 0,9 de cholestérine sur 1000, — après, il en renfermait 3, 96 sur
B. Mais, ce n'est pas dans le sang que prend naissance la choljNlérine que le foie élimine. Depuis les recherches de M. Flint, on considère assez généralement cette substance commo un produit de désassimilation normale de la matière iierveu«*e.
(1) Ht'rhetrhes expérimentales sur une nouvelle fonction du foie. Paris, IKOH. ' Voir aussi une communication faite par le même auteur au Congrôîi de Plùladclphie. — New-York, Médical Record, S3 septembre 1876 •
OBIGINB DB LA CHOLBSTÉBINB. 63
On sait de longue date que les centres nerveux contiennent normalement une forte porportion de cholestérine. Déjà Vauquelin l'avait extraite du cerveau, sous le nom de stéarine ceiï§brale. Bibra a montré qu'un tiers de la masse encéphalique, solnMe dans l'éther, est constituée par de la cholestérine. La substance blanche en posséderait plus que la grise.
Pour mieux prouver que la cholestérine provient des centres nerveux, M. Flint a fait une analyse comparative du sang de la carotide d'un chien et du sang de la veine jugulaire du «même animal. Or, tandis que pour 1000 le sang de la carotide donnait 0,967 de cholestérine, celui de la jugulaire en fournissait 1,5.
Il y a toute raison de croire, d'après ces chiffres qui paraîtront sans doute un peu trop forts, que la cholestérine est au cerveau ce que l'urée est au sang (Gautier], en supposant que ce soit la désassimilation du sang qui produise l'urée.
Quelle est l'action sur l'organisme de la cholestérine si elle vient à s'accumuler dans le système en conséquence d'une lésion soit organique, soit fonctionnelle du foie ? Dans un cas de cirrhose, où il y avait accumulation de cholestérine dans le sang, M. Flint a été conduit à attribuer les accidents nerveux mortels qui s'ensuivirent à l'action même de la cholestérine et, généralisant cette vue, il met encore sur le compte de cette substance les accidents nerveux qui résultent de l'atrophie jaune aiguë du foie.
C'est ici que la majorité des auteurs abandonnent M. Flint, après l'avoir suivi dans la première partie de sa thèse. A défaut d'observations cliniques suffisamment nombreuses, on a procédé par la méthode des injections chez les animaux. Entre les mains de MM. Pages, Chomjakow, les résultats ont été absolument négatifs. Cependant, M. Koloman Muller (1) a avancé qu'une injection de cholestérine dans le sang provoque des accidents nerveux mortels. Mais, de nouvelles expériences ont contredit celles de M. Muller. Krusenstein (2), Feltz €l Ritter assurent n'avoir pas noté de phénomènes nerveux
(1) Archives de Noufiyra, t. x.
(2) Virckow'8 Archiv, 1875, 63, Bd.
64 ORIGINE DB lA CHOUtSTBRINK.
après les injections de cholestérine. Seulement, suivant ces derniers auteurs, si la quantité de cholestérine injectée est excessive, elle devient insoluble, joue le rôle de corps étranger et détermine par le mécanisme de la thrombose ou de l'embolie des accidents dont la gravité et la forme dépendent du siège de la lésion.
En résumé, il semble établi : i® que la cholestérine est un produit de désassimilation qui est éliminé par le foie et passe dans rintestin avec la bile ; ^ que l'accumulation de la cho* lestérine dans le sang, à la suite de certaines lésions fonctionnelles et organiques du foie, n'est pas la cause des accidents graves qui se manifestent quelquefois dans le cours de ces affections. Voilà, Messieurs, des résultats intéressants par euxmêmes et que, plus tard, nous aurons besoin démettre à contribution.
SEPTIÈME LEÇON
De la bile {suite). — Du pigment biliaire.
OMMAiiiK. — Du pigment biliaire. — De la bilirubine ; ses caractères physiques et chimiques. — Réactions qui permettent de la reconnaître : réaction de Gmelin. — La bUirubine provient de la matière colorante du sanft ; preuves h Tappui de cette opinion. — Rôle et propriétés de la bilirubine.
Meàsieurs,
J'ai exposé dans la dernière leçon qnelques documents relatifs à l'un des éléments de la bile, la cholestérine. Poursuivant ma tâche, je vais aujourd'hui vous enlrelenirdu/?i'^mefit6iliaire. Un coup d'oeil jeté sur l'analyse de Frerichs que je place de nouveau sous vos yeux (1), vous montre que ce pigment existe dans la bile en bien plus forte proportion que la cho-
(l) Eau 859, 2.
«ésidu solide 140, 8.
Glycocholate I ^^ ^^^
Taurocholate )
Pigment et mucus 29, 8-
Graisse 9, 3.
Cholestérine 2, 6.
Sels 7, 7.
ClABOOT.
06 DBS PIGMENTS BILIillRBâ.
lestérinc. Son rôle physiologique, d'ailleurs, ne parait pas être, dans le produit de sécrétion, beaucoup plus important que ne Test celui de la cholestérine. Mais, de même que cette dernière substance, le pigment entre dans la composition d*un très grand nombre de calculs biliaires et, à ce point de vue déjà, il nous intéresse d'une façon spéciale. J'ajouterai que le pigment biliaire se rencontre fréquemment sous forme de masses amorphes ou cristallines, au sein des liquides ou des tissus, dans un grand nombre de lésions organiques du foie. A chaque pas, du reste, nous aurons à apprécier le rôle du pigment biliaire dans l'ictère qui accompagne si communément une foule de lésions hépatiques.
A. On parle souvent des pigments biliaires. En réalité, à l'état normal, on ne trouve qu'une seule substance méritant ce nom : c'est la bilirubine. Les autres pigments connus sous les noms de bilive7*dine^ biliprasiney bilifuscine, etc., paraissent être des dérivés de la bilirubine.
a) La bilvnibine est un principe azoté, non albuminoïde. (Ju'elle soit préparée par le chimiste, déposée dans la bile stagnante ou extraite de certains kystes hydatiques du foie, elle se présente sous l'aspect: tantôt d'une poudre rouge amorphe, analogue au kermès (soufre doré) ; tantôt de concrétions, d'aiguilles, n'ayant pas une disposition cristalline nettement définie ou bien encore sous la forme de cristaiix. On obtient ces derniers par l'action du chloroforme, du sulfure de car. bone, delà benzine, dos liquides alcahns, qui sont les principaux dissolvants de la bilirubine (1). Ce sont des cristaux rhomboïdriques, d'un rouge rubis ou orangé et fort analogues par conséquent aux cristaux d'hématoïdine. L'hématoïdine, vous le savez, est un produit qui prend naissance dans les cas d'épanchement de sang au sein des tissus; c'est jï elle, par exemple, qu'est due la coloration jaune des foyers ocreux cérébraux. Quelques auteurs admettent que les deux substances sont identiques, morphologiquement et chimique-
(I) Fpcpichs. — Atlas, 2 heft, t. xiv, 1, 2 et 3. Fuake, t. ix, fig. 3.
DB LA. BILIBUBINB. 67
(nent M. Frey (1) fait remarquer que les faces convexes des prismes de bilirubine sont fortement courbées, ce quin*aurait pas lieu pour Thématoïdine.
b) Dfims la bile, la bilirubine parait être tenue en dissolution par les acides biliaires. Il est, Messieurs, une réaction qui permet de reconnaître la bilirubine, même dans les solutions très étendues, c'est la réaction dite de Gmelin. Si on fait tomber goutte à goutte Tacide nitrique nitreux dans une capsule contenant une solution de bilirubine, on voit la solution présenter successivement les colorations vert, bleu, violet, rouge, jaune et brun. Si on fait, au contraire, tomber quelques gouttes de la solution dans Tacide, il se produit plusieurs couches successives offrant les colorations susdites dans Tordre indiqué. La réaction de Gmelin est fort belle quand la bilirubine est dissoute dans le chloroforme.
Il est encore d'autres réactions plus ou moins intéressantes et plus ou moins Odèles de la bilirubine ; malgré cela, on en revient toujours à celle de Gmelin. Je dirai seulement un mot de celle de Schwanda qui est propre à la bilirubine, c'est-àdire n'appartient pas aux autres pigments biliaires. L'acide acétique chauffé avec la bilirubine donne uue coloration verte. La réaction de Gmelin est commune, ainsi que Ta fait voir M. Gubler, à la bilirubine et à l'hématoïdine, et ce serait là encore un argument en faveur de l'identité des deux substances (2). Toutefois, il y a une petite différence, signalée par M. Gubler lui-même : la coloration verte prédomine et persiste davantage dans le cas de la bilirubine, tandis que c'est la coloration violette qui l'emporte dans le cas de l'hématoïdine.
B. D'où vient la bilirubine ? Nous savons qu'elle existe à l'état normal dans les cellules hépatiques où le microscope et l'analyse chimique (Kûhne) en décèlent la présence. Mais y est-elle formée par un acte sécrétoire, ou, préexistant dams le
(1) Traiié dthistoiogie, p. 59.
(90 Robin et Verddil. — Traité de chimie anatomique. Atlas, PI. xviu fig. S.
6S ORIGIHB DB LA BILISUBINE.
s«Dg, est-elle simplement éliminée comme Test la choiestérine?
Le fait e>l qu'on ne la rencontre paâ dans le saog normal, ou tout au m iins que la chimie, ju^u'ici, a été impuissante à la dt>couvnr: de plus, dans les expériences, déjà anciennes, d extirpation du foie, pratiquées chez les animaax infériean par Mole5ch<itl et Kunde. le pigment biliaire ne s*accumule pas dans le santr.
Néanmoins, il y a tout Won de cmire que la bilirubine prend niissance aux d'*pen? de l.i malien^ colorante a-t -.«'jg, des globules rouîzc-, et, par coiivH]uenl, en vertu d'une action spéciale du foie. Bien que les arguments sur lesquels s'appuie cette thèsi' soient tous indirects, ils ont pourtant leur poids, ainsi que vous allez lo reconnaître.
1* On fait rt>s>ortir d*ab!ird les relations chimiques qui existent entre Vhcmaiinc, produit de décomposition de la matière colorante du sang ou hémoglobine et la bilirubine, L'hématine ne ditTère de la bilirubine que parce que, dans celle-ci, un atome d'Iiydrogène remplace un demi-atome de fer qui entre dans la composition de la première.
:î* On insiste ensuite sur Tidenlité, admise par quelques auteurs, «le la bilirnhin" «'l d»* 17/t'm<7/o/rf//ï(?, autre produit dé rivé (le l'hémoijrIobin<\ Mai> j iirnore si celte identité peut être, aujourd'liui, arcepli'O sans réserve : je ne pense pas que Von st)il lix*\ (iinnl à pn'senl, sur la composition de TAéwafaidinr iti^ pri^cotiftnrr hémntiijue. Les trois grammes de la sub* slanoe. reru«»iHis dans un kyste du foie et dont Tanalyse est piv^enloe eomnie «lonnanl la composition de rii«''matoïdine, étaient très vraisemblablement «leprovenance biliaire. EnefTet, In^is grammi»s d'une pan^ille substance, s'il s'était agi réellement d'un r'panchement sanj^nin, supposeraient une grande quantité <le sang épanclu'. Or, on sait que les épanchements sani^uins de <pielque jibondance sont très-rares dans les kystes hy(lali([ues en général et d:ins ceux du foie en particulier et l'on sait, d'un autre coté, (|ae dans les kystes hydatiqucs du f«>ie, dans ceux-là seulement, ainsi que M. Davaine, moi-même