‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890Chapitre 16 sur 68 · ROLE PHYSIOLOGIQUE DE LA BILE · texte numérisé non relu

ROLE PHYSIOLOGIQUE DE LA BILE

spéciale est dévolue aux acides et aux sels biliaires, au taurockolale surtout. L'acide cholique y donne également lieu.

Des expériences du même genre ont démontré en outre à MM. Feltz et Ritter — conformément à ce qu'avaient déjà vu du reste MM. V. Dusch, Leyden et quelques autres — que, injectés dans le sang, à dose concentrée, les acides biliaires déterminent chez les animaux des accidents nerveux plus oa moins graves. Nous aurons à examiner en temps et lieu si cette propriété des acides biliaires est la cause de la production des phénomènes névropathiques qui s'observent dansune catégorie de cas d'iclère désignés depuis longtemps, en raison de ces accidents, sous le nom d'ictère grave.

Je termine ici, Messieurs, cette étude analytique des principaux éléments de la bile. Je remets à une autre occasion, prochaine sans doute, Texposé de quelques considérations relativement aux sels minéraux et aux matières grasses qui entrent aussi dans la composition régulière de ce liquide.

Si nous étions astreints à nous conformer rigoureusement à Tordre, en apparence du moins, le plus logique, le moment serait venu de vous entretenir du rôle physiologique du produit de la sécrétion biliaire. Déjà je vous ai prouvé, à propos <le la cholest('Tine et des matières pigmentairesque, pour une jmrl importante, la bile est un liquide excrémentitiel.

On peut assurer à ce sujet que, en sécrétant la bile, le foie exerc(i une nrlion «'«puratoire sur le sang qu'il débarrasse de certains produits. Ce dernier rôle, d'après quelques auteurs, serait même le plus important (1).

Il n'est guère douteux, toutefois, que la bile ne joue un rôle ellicacc dans l;i digestion, soit en favorisant l'absorption des graisses et des matières albuminoïdes, soit en raison de son action antiputride. La connaissance de ces faits n'est nullement à n(''gliger dans la physiologie d'un bon nombre de lésions hépali(|ues(^t, à ce titre, elle nous concerne. Mais cette étude s(MM mieux placée, je pense, à l'époque où nous traiterons de la

(1) Vulpian. — lirvue des cours scientifiques^ 1867, p. 74.

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