‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890Chapitre 29 sur 68 · CALCULS BILIAIRES : ACIDE UEIQUB · texte numérisé non relu

CALCULS BILIAIRES : ACIDE UEIQUB

de répiihélium qui, fréquemment, se trouvent aussi dans les calculs biliaires. Il n*est pas exceptionnel, par exemple, de trouver dans le noyau, après la séparation des matières solubies, des cellules épithéliales ratatinées.

Il est vraisemblable que les amas épithéliaux et les grumeaux de mucus concret jouent quelquefois le rôle de centre de formation des calculs biliaires. Et Ton comprend par là que le catarrhe des voies biliaires, et en particulier celui de la vésicule, puisse contribuer d'une façon plus ou moins directe au développement de la lithiase biliaire.

G. Ces considérations sur la composition en quelque sorte normale des cholélilhes sufïlront.je pense,pourvous édifier. Je vais maintenant vous dire un mot des modifications chimiqua les plus intéressantes que ces concrétions subissent lorsque leur migration s'efîectuant par des voies non naturelles, eues séjournent plus ou moins longtemps dans diverses cavités de l'organisme étrangères à l'appareil biliaire.

a) L'acide urique a été trouvé par Prerichs et par Stockant dans des calculs biliaires de provenance douteuse. Il est démontré aujourd'hui qu'un calcul biliaire qui a séjourné dans les voies urinai res, ainsi qu'il en existe des exemples, peut contenir de l'acide urique. C'est ce (|ue met hors de doute le fait publié récemment par M. Gutterbock (1). Il s'agit, dans ce ras, do plusieurs calculs ou fragments do calculs, qu'une femme de 56 ans a rendus par l'urèthre. Ces calculs avaient la disposition radiée, cristalline, propreaux concrétions biliaires. D'ailleurs, l'analyse pratiquée successivement par Schultze et par Liebreich y avait fait reconnaître la présence de lacholestérine, de sels calcaires et de matière colorante de la bile ; mais, de plus, ces calculs étaient, à lasurface, encroûtés d'acide urique. Je n'insiste pas, pour le moment, sur les diverses (ïuestions cpie soulève la présence dos calculs de cholestérine dans les voies urinai res ; c'est là un sujet que nous devrons «'xaminer plus tard.

[\)Galleiistein co?icremente im der Uamhlasc. In Virchow*s Archiv. 1876.

FORMATION DBS CALCULS BILUIRBS. 133^

b) Lorsqu'un calcul biliaire a séjourDé dans Tintestin, il peut, ainsi que Ta montré, en 1808, Rubini de Vérone (1), se recouvrir de substances étrangères à sa composition primitive, à savoir de phosphate de chaux et de magnésie et de carbonate de chaux. Il est probable qu*un séjour prolongé du calcul dans Tintestin est nécessaire pour qu*une couche de ces .substances puisse se déposer à sa périphérie.

Voici une concrétion biliaire dont le volume, égal à celui d'une très grosse amande, est tel qu'elle a dû sortir de la vésicule par une communication fîstuleuse, cystico-colique vraisemblablement, et demeurer quelque temps dans Tintestin. L'écorce du calcul — qui m*a été confié par M. Lécorché — malgré quelques apparences contraires, est exclusivement composée de cholestérine pure, sans traces de substances calcaires. J*aurai l'occasion de vous parler de nouveau de ce calcul et de Tintéressanle observation qui le concerne, à propos de l'issue des concrétions biliaires par la voie des fistules bi-muqueuses.

c) Il me reste à vous entretenir des théories qui ont été proposées pour expliquer le mode de formation des concrétions biliaires dans la vésicule. Après les détails que je vous ai donnés, chemin faisant, sur ce côté de l'histoire de la lithiase biliaire, de longs développements sont, je crois, devenus inuliles. Vous trouverez, du i^este, un exposé critique très réussi de ces théories dans l'article Voies biliaires du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, signé Barth et Besnier. Le court mais substantiel paragraphe que Frerichs consacre àrélude de cette question mérite surtout d'être consulté. La théorie à laquelle cet auteur semble se rattacher me paraît pks que les autres s'appliquer sans trop de difficulté à l'interprétation des cas ordinaires. Voici, très sommairement, en «IQoielle consiste.

Le ralentissement du cours de la bile dans la vésicule semble être une condition indispensable à la formation de con-

(OlIiudicaiD, loc. cit., p. 199.

de la véhicule du ftel. On comprend facilement qu'un excès de chaux dang la bile puisse conduire au mâme résultai.

Quant aux produits de la di^ composition des sels biliaires, ils se disposent en )j;rande partie sous forme de sels de chau {glycocholate et cholate de chaux).

Les combinaisons de chaux et de pigment sont peu solobles et elles pourront constituer le noyau d'une concrétion, surtout s'il y a des plaques épilhélîales ou des grumeaux de mucus capables déjouer le rôle de centre d'attraction. La cholestérine se déposera ensuite autour du noyau de matière pigmentfûre. Les dép6l5 de cholestérine seront d'autant plu^ abondants que celte substance existera en plus forte proportion dans la bile — c'est ce qui peut survenir chez les vieillards, par exemple, qui, d'après quelques auteurs, auraient un excès de cholestérine dans le sang.

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