‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890Chapitre 30 sur 68 · FORMATION DES CALCULS BUJAIBBS · texte numérisé non relu

FORMATION DES CALCULS BUJAIBBS

On trouve les concrétions, pour ainsi dire, à l'état embryonnaire, en voie de formation, dans certains cas où la bile a été longtemps retenue dans la vésicule. En pareil cas, on décou- \Tre dans la bile acide, épaisse et verdàtre, des grumeaux de mucus pigmenté, le pigment biliaire lui-même déposé sous forme cristalline ou en masses amorphes, des cristaux de cholestérine, quelquefois agglomérés déjà autour des concrétions muqueuses, des gouttelettes transparentes de résine biliedre ou des aiguilles recourbées de cholate de chaux, enfin, du carbonate de chaux en cristaux bacillaires.

Ces produits se rencontrent surtout dans la bile que renferme la vésicule, lorsqu'elle contient déjà des concrétions biliaires. On conçoit aisément que ces concrétions rudimentaires ne pourront devenir de véritables calculs que si la bile n'étant pas trop souvent renouvelée, elles trouvent dans la vésicule des conditions de stabilité nécessaires. D'un côté, elles ne doivent pas être entraînées prématurément vers l'intestin par un courant trop rapide, s'efTectuant de la vésicule vers l'orifice cholédoque. Mais, d'un autre côté, la stase biliaire ne doit pas non plus être absolue^ parce qu'il faut que la bile, se renouvelant de temps à autre, apporte de nouveaux matériaux nécessaires à la formation de couches successives. Des modifications, survenant à différents moments dans la composition du produit de sécrétion biliaire, pourraient expliquer les diversités de constitution que présentent les couches successives d'un même calcul.

Je ne veux pas m'étendre plus longuement, Messieurs, sur un sujet dans lequel l'hypothèse se dresse à chaque pas et dont la portée pratique n'est pas encore bien manifeste. Dans la prochaine séance, nous étudierons les diverses phases de la migration des concrétions biliaires cystiques par les voies naturelles, puis les accidents qui les signalent. J'insisterai plus spécialement sur la physiologie pathologique de la colique hépatique.

QUATORZIÈME LEÇON

De la ZithiaM biliaire [tuUe). — Anatrnnln et plqr- Biologie de Tappareil ezoréteiir de la bile.

SoMMAiRi. — ËUmintUon des oileals blUiIrei put 1m voies atturdbi. — Gontldérttloiii félatiTet à 1*1111101016 et à lipbyilolosfe del'env^ *^ eréteur de li bile : oompoiltlondeeetippereU ;~<HmeiitloDs deiptritoi qui le cooatttnent. — Grivelle blllilre ; — Aceldente qn'dle ocoerienMf — Dllititlon dei einiux eyntiqoe et cholédoqae.— Straetare dei pavob de la Tésieule du fiel et des ciniazbllliirei eieréteon : dUTéreneetlal- Ylduelles dinilioonBUtatlentiiitomlque despirolibtUeiree. — Piu p iM tés pbyiiologlqDet : oontnotiUté et wnsibUlté des eondulte bOliliii. -* Ml^nUonlitente deicilculs.— Inflaenee de Tif^ sur lei lymptâmet de Il colique hépiUque.

Messieurs,

Suivant le programme que nous nous sommes tracé, nous allons aujourd'hui commencer Thisloire de la migration, ou si vous l'aimez mieux, de Télimination par les voies naturelles des concrétions formées dans la vésicule du fiel.

Dans les conditions pour ainsi dire normales, au milieu de symptômes plus ou moins accentués, le calcul ou les calculs, après s'être engagés dans le canal cystique, parviennent dans la cavité du canal cholédoque qu'ils parcourent dans toute sa longueur; puis, franchissant l'orifice duodénal des voies biliaires, ils tombent dans l'intestin et sont expulsés enfin avec

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