GRANULATIONS
La couleur du contenu des alvéoles en question ou mieux des granulations doit être maintenant considérée. La teinte dominante est le jaune roux et c'est de là que vient le mot Cirrhose, je le répète, donné par Laennec. D'autres fois, c'est la couleur brune qui l'emporte ; d'autres fois, enfin, surtout dans les périodes avancées, on note une coloration verte ou tirant sur le vert. Il est clair que la coloration génércde du foie dérive de la couleur individuelle de chaque lobule. La couleur des granulations tranche d'ailleurs avec la teinte gris blanc, légèrement brillante, du tissu conjonctif intermédiaire. Les causes de cette diversité de coloration nous seront révélées par l'élude histologique ; mais nous pouvons dire par anticipation que la présence du pigment biliaire, de la graisse, du pigment hématique, en proportion variable, rendent 4:ompte de ces différences dans la coloration du lobule.
Avant d'entrer dans l'étude histologique des lésions hépatiques de la cirrhose, je crois qu'il y a intérêt à étudier tout d'abord les parties à l'aide de la loupe ou tout au moins de faibles grossissements. Vous vous apercevrez bientôt que ce genre d'étude fournit des caractères importants, permettant d'établir à eux seuls une ligne de démarcation tranchée entre les diverses formes de la cirrhose et qui, à mon sens, ont été surtout dans ces derniers temps, beaucoup trop négligés.
Déjà Carswell avait reconnu (1) que, dans la cirrhose vulgaire, les granulations qu'on pourrait appeler granulations depretnier ordre, sont composées de granulations plus petites «nplus ou moins grand nombre, et qui, elles-mêmes, sont formées d'un certain nombre de lobules hépatiques. Le revêtement fibreux de la granulation de premier ordre est constitué par une lame conjonctive relativement épaisse. Les travéesqui séparent les granulations secondaires sont d'une moindre épaisseur ; enfin, toujours d'après Carswell, les lobules hépatiques sont séparés les uns des autres par des travées très minces, ou au contraire souvent confondus les uns avec les autres sans ligne de démarcation bien tranchée.
(l) Atlas, planche XI, fi^. 5. Art. Atrophy.
composée d'un certain nombre de lobules hi^patiques serrés les uns contre les autres et qui ne sont pas séparés par des travées conjonctives. 11 faut ajouter en outre que ce genre de cirrhose est essentiel lement inlerlobutaire. En effet, la limite entre le parenchyme et le traclus fibreux est toujours nette, heurtée ; on ne voit pas dans la cirrhose vulgaire, contrairement à ce quY-crivent ccrtahis auteurs qui ont confondu tontes les formes de cirrhose dans une môme description, le tissu conjonctif pénétrer dans l'interv'alle des colonnes de cellules ou des cellules elles-mêmes à la périphérie du lobule et les isoler les unes des autres. Tels sont les caractères les plu» accentués dans ce type dont la cirrhose hyperlrophique >a. nous donner le contre-pied,
2* L'examen d'une coupe prise sur le foie, atteint de rwTAojff hijpertrophique avec ictère, ofïrevn aspect touldifTOrenl. Ilesl