‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890Chapitre 41 sur 68 · DIVERSES FORMES DE LA CIRRHOSE · texte numérisé non relu

DIVERSES FORMES DE LA CIRRHOSE

possible de qualifier, ici, Isl cirrhose d'insulaire, carraltération procède en réalité par îlots qui se forment au niveau des espaces. Ces tlots de tissu conjonctif nouvellement formé sont d*abord arrondis ; puis, ils poussent des prolongements, à extrémités obtuses^ dans la direction des fissures. Ce n*est qu'à la dernière limite que les promontoires, appartenant à des Ilots différents, finissent par se rencontrer et circonscrire le lobule dans toute son étendue. Même dans les cas anciens Tenceinte fibreuse du lobule reste çà et là interrompue et l'aspect que présente la coupe, rappelant le dessin géométrique d'un archipel est vraiment tout à fait spécial et bien différent, comme vous le voyez, de celui qu'offrent les préparations de cirrhose vulgaire. Donc, nous avons là une cirrhose Insulaire et mono/o&t//aire. J'ajouterai que, en opposition à cequi a lieu dans la cirrhose vulgaire, la substance du lobule, à la périphérie, est pénétrée progressivement par des travées conjonctives de second ordre qui s'insinuent entre les extrémités périphériques des colonnes de cellules. Il s'agit par conséquent, dans ces circonstances, d'une cirrhose intra-lobulaire à marche ceniripète.

Les caractères qui viennent d'ùtre relevés et qui contrastent d'une façon si remarquable avec ceux qui distinguent la cirrhose vulgaire, ne sont pas l'apanage exclusif delà cirrhose hypertrophique avec ictère. On les retrouve, à titre de caractère commun, dans toutes les hépatites scléreuses interstitielles où l'altération systématique des canalicules biliaires paraît être le fait primitif. Ainsi : aj dans la cm^hose produite expérimentalement par la ligature du canal cholédoque ; h) dans cdle qui résulte de \ oblitération des grandes voies biliaires par «« calcul, par une tumeur cancéreuse. Seulement l'évolution des Uots semble alors s'arrêter pour ainsi dire en chemin et jamais elle ne va aussi loin que dans le cas de la sclérose hypertrophique.

3* Après avoir opposé la disposition annulaire de la cirrhose vulgaire à la disposition insulaire commune au cas de cirrhose liée à une altération primitive des canalicules biliaires, iWtts n'avons pas épuisé la série.

VINGT-TROISIÈME LEÇON

De la cirrhose vulgaire (suite)

Sommaire. — Lésions «les ramifications intra-hépatiques de la veine portée

— Distension congestive de la veine porte et de ses rameaux. — Tumé- / fKtion de la rate. — Développement d'une circulation supplémentaire.

— Difficulté de la pénétration des ipjections*

Mécanisme de la circulation supplémentaire. — Voies pathologiques : néomembranes vascolaires. — Voies naturelles. — Notions anatomiques ^ sur les origines de la veine porte. — Système des veines portes accessoires: groupes gastro-épiploIque,cystique, etc.— Veines para-ombilicales

— Caput Meduix, — Applications pathologiques.

Messieurs,

Ainsi que j'ai eu l'occasion de le faire ressortir plusieurs fois déjà, il est un fait qui domine en quelque sorte lanatomie et la physiologie pathologiques de la cirrhose atrophique : je veux parler des lésions que subissent les ramifications intra- ^épaliques de la veine porte et qui ont pour conséquence d'entraver plus ou moins profondément le courant sanguin Çii, de l'intestin, se dirige vers les vemes sus-hépatiques.

Celle obstruction se traduit par une stase sanguine dont la veme porte abdominale est le siège. Les divers phénomènes qm peuvent être la conséquence de cette stase, — c'est là un Wl que j'ai laissé entrevoir — jouent un rôle prédominant ^wis l'histoire clinique de la cirrhose atrophique et méritent

mort inopinée quelques semaines après par syncope. On trouva, à l'autopsie un grand ijpanchement de sang coagulé dans l'épaisseur de l'épiploon gastro-hépatique et très peu de liquide dans la cavité péritonéale. Le foie était granuleux. Biizozero y reconnut une obstruction des vaisseaux portes inira-hépatiques. Nous reviendrons dans un instant sur ce cas qui offre un bel exemple de la dilatation des veines paraombilicale» dans la cirrhose.

B. La tuméfaction de la rate, accompagnement fréquent, à. peu près nécessaire, suivant quelques auteurs, de la cirrhoseairophique, est encore, pour une bonne part au moins, uneconséquence de l'oblitération des veines intra-hépatiques.

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