‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890Chapitre 44 sur 68 · ORIGINES DB LA VEINE PORTE · texte numérisé non relu

ORIGINES DB LA VEINE PORTE

médecins qui ont étudié cette question, des tubes de sûreté permettant le reflux du sang de la veine porte dans le système de la veine cave, toutes les fois qu'il y a gène de la circulation dans le premier système.

Les investigations récentes de M. Duret tendent à prouver, au contraire, que ces voies sont très étroites et difficiles, et je tiens de M. Sappey qu*il a observé la même chose. C'est donc par erreur qu'on a invoqué cette voie, comme servant d'habitude au rétablissement de la circulation collatérale dans la cirrhose et que Ton parle quelquefois de la fréquence du développement des hémorroïdes dans la cirrhose, par le fait de la maladie. La réalité est que les hémorroïdes ne sont pas communes dans la cirriiose, ainsi que Monneret autrefois, et dernièrement M. Duret, l'ont fait remarquer. Sur 9 cas recueillis récemment par ce dernier, il n'en est pas un seul où Ton ait constaté la présence des hémorroïdes.

3* Une autre anastomose entre le système général et le système porte, s'opère par l'intermédiaire de veines qui naissent dans les parois de l'intestin et qui, au lieu de se rendre dans le système porte, se jettent par le moyen d'un troncule, soit dans la veine cave elle-même» soit dans l'une de ses veines afférentes. Ces veines, par leurs radicules dans l'intestin, s'anastomosent avec les radicules des veines portes, et c'est de celte façon que se fait la communication entre les deux systèmes : tel est ce qu'on pourrait appeler le système de Retlius (1833). Je me bornerai à citer deux exemples, relatifs à ce genre d'anastomoses : 1^ du duodénum et du côlon, par lent des veines qui vont se jeter dans la veine cave« Nous possédons au moins un cas où le système de Retzius a servi au rétablissement de la circulation collatérale. Ce cas appartient à Rindfleisch (1) : la veine porte étant obUtérée, le cours du sang s'opérait par les veines très dilatées du plexus spermatique.

Toutefois, les voies de communication qui viennent d'être indiquées sont infîdèles et peu sûres. Il en est d'autres qui

(I) Anatomie pathologique^ p. 417.

térale puisqu'elles ne communi(|uent pas avec la veine porte et, parlant, elles ne sont d'aucun secours dans le cas d'obstacle intra-hiîpalique.

Deuxième groupe ou cystique. Il se compose de 12 à 13 veinules qui offrent deux variétés : a^ les unes se rendent du fond de la vésicule aux lobules du foie voisins de la fossette : — b) les autres partent do la partie antérieure de la vésicule et vont à la branche droite de la veine porte. De mOme que celles du groupe précédent, ces veines ne peuvent contribuer à la circulation supplémentaire. Les veines suivantes sont dans le mûme cas.

Troisième ijroupc. Il est formé : l°par des vaso-vasorum émanant : a) do la veine porte, b) des conduits biliaire,^, c) des

SYSTEMS DBS YBIMBS PORTES ACCESSOIRES. 239

artères hépatiques ; — 2® par un troncule ; 3® par des capillaires qui vont se jeter dans les lobules voisins.

Je n'insiste pas davantage sur ces groupes de veines portes secondaires, ayant hâte d'aborder la description des groupes qui nous intéressent plus spécialement.

Quatrième groupe ou veines portes accessoires du ligament suspenseur. Les origines se font dans l'épaisseur du diaphragme; les troncules descendent dans le ligament suspenseur : les divisions hépatiques se répandent dans les lobules en rapport avec le ligament suspenseur. Les premières s'anastomosent avec les diaphragmatiques, les dernières avec des branches de la veine porte qui répondent aux artères dites capsulaires (1). D'où il résulté que, si la circulation hépatique persiste dans certains troncs volumineux, le sang pourra passer par l'intermédiaire de cette voie dans le système général, dans les cas où le cours du sang est interrompu dans les lobules hépatiques. Ces vaisseaux, à l'état normal, sont très ténus. Dans un cas de M. Sappey, que nous avons déjà cité et dans lequel il n'existait pas d'ascite, on voyait partir de la surface convexe du foie dix à douze veines qui remontaient par le ligament suspenseur jusque dans l'épaisseur du diaphragme ; trois ou quatre de ces veines atteignaient le volume d'une plume de corbeau.

Cinquième groupe. Il peut être appelé groupe ombilical ou mieux para-ombilical. Les veines qui entrent dans sa composition proviennent de la partie sus-ombilicale de la paroi abdominale antérieure. Leurs racinessont en communication : J* avec celles des veines épigastriques ; 2® avec les veines sous-cutanées abdominales ; 3* avec les veines mammaires internes. Elles pénètrent dans l'abdomen en s'enfonçant dans l'épaisseur du ligament falciforme. Les plus importantes forment une sorte de plexus autour du ligament de la veine ombilicale qu'elles enlacent de leurs anastomoses. Voici maintenant comment les veines se comportent du côté du foie :

(l) Voir le Traité de Kulliker, p. 587.

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VEINES PAIIA-OMBILICALBS. 241

ombilicale^ peuvent être aujourd'hui rattachés à ce groupe, ce qui ferait un total de dix cas.

Je dois mentionner à ce propos qu'en produisant une obstruction porte progressive chez. le chat, M. Schiff serait parvenu à déterminer une dilatation artificielle de la veine paraombilicale qui, chez cet animal, communique surtout avec Tépigastrique.

Il importe de se souvenir que les veines para-ombilicales ne peuvent servir au rétablissement de la circulation que dans le cas où Tobstacle siège du cùté du foie, au delà du point où l'extrémité supérieure de ces veines s'insère sur le sinus de la veine porte. Quand l'obstacle siège soit dans le tronc de la veine porte, soit au-dessous, la circulation supplémentaire devra se faire plutôt par les troncs d'origine de la veine porte : hémorroïdales, œsophagiennes, veines de Retzius, etc.

Après avoir reconnu les effets de l'obstruction porte dans les branches abdominales de ce vaisseau, il nous faut étudier les modifications anatomiques que présentent les branches intra-hépatiques : c'est ce que nous ferons au commencement de la prochaine séance.

l'ictËrc. — Troubles du la foncUon d'hémopoièsc, — dea fancUona glfcogéniquc et dèaasBimilalricc. — Complication de ta clrrboae VDlgaire : matadiea du cœur cl des reins.

Messieurs,

Je mo suis appliqué dans la dernière séance à vous faire connaître les Hiodifications remarquables tant au point de vue anatomo-pathologique qu'au point de vue clinique, subies par le système porte abdominal sous l'influence qu'éprouve, en cas de cirrhose, dans son passage à travers le foie, le sang qui de l'inleslin et des annexes se dirige vers les veines sushépaliques. Actuellement, nous devons rechercher en quoi

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