‹ Œuvres complètes de J.-M. Charcot v. 9, 1890Chapitre 46 sur 68 · TUMÉFACTION DE LA RATB · texte numérisé non relu

TUMÉFACTION DE LA RATB

de rechercher dans quelle mesure leur pathogénîe est éclairée par les connaissances anatomo-paihologiques que nous avons recueillies.

Je ne reviendrai pas sur les divers phénomènes, déjà suffisamment étudiés, de la stase du sang dans les vaisseaux portes abdominaux. Je ne parlerai donc pas de VascitCy du catarrhe gastro-intestinal^ des hémorragies stasiques. Je relèverai cependant, en passant, que toutes les hémorragies qui se produisent dans la cirrhose du foie ne peuvent pas s'expliquer toujours parla raison mécanique : telles sont, entre autres, les hémorragies nasales, celles qui succèdent aux piqûres de sangsues, le purpura, et qui se montrent même dans les phases peu avancées, ainsi qu'on en a fourni récemment un exemple à la «SoctV/^ ana/om/^tie. DéjàBright avait invoqué, pour en rendre compte, une altération de la crâse du sang. Mais, en quoi consiste cette altération et quelle est rinOuence qui lui donne naissance ? C'est ce qu'on ne sait pas quant à présent.

Un mot sur la tuméfaction de la rate. Quelques auteurs, Bamberger et Oppolzer, en font un accompagnement à peu près constant et par conséquent un symptôme très important dans l'histoire de la cirrhose. Bamberger, sur 36 cas, n'a vu que deux exceptions et encore dans ces derniers cas y avait-il un épaississement de la capsule splénique ayant pu contrebalancer l'influence delà stase. Toutefois, l'absence de tuméfaction splénique, notée dans la moitié des cas par Frerichs, ne peut pas s'expliquer constamment par la présence de cette lésion. Aussi quelques auteurs (Virchow, Niemeyer), sans nier l'influence de la stase, ont-ils admis que la tuméfaction splénique est le plus souvent un phénomène coordonné et non pas une conséquence toute mécanique.

Nous savons que Yictère n'est pas un phénomène fréquent dans la cirrhose vulgaire et nous avons cherché à établir que, quand il existe^ il n'est pas indispensable de faire intervenir toujours l'existence hypothétique d'un catarrheou d'une compression du canal cholédoque.

Un point qui, jusqu'à ces derniers temps, n'a pas été suffisamment mis en relief, c'est que les troubles de la nutrition

rhose vulgaire. Autrefois, on comptait parmi les complications les maladies du CŒur. Ainsi, dans un mémoire bien connu. Becquerel relevoit, sur 42 cas de cirrhose, 21 cas de maladies organiques du cœur. C'est que Becquerel avait confondu la cirrhose avec le foie muscade ou cardiaque. Aujourd'hui que la distinction est faite, cette complication n'existe plus. Bamberger, surplus de cent cas de maladies du cœur, H'arencontré que deux cas de cirrhose. Sur 30 cas de cirrhose rassemblés par le même auteur, le cœur était normal, sauf dttns les deux cas ci-dessus. Nous allons voir cependant une t^tinbinaison dans laquelle l'hypertrophie du CŒur et lacirrho>i« pourraient coïncider.

t« maladie de Bright, dans sa forme alrophique, est quelijutiïitU siuis la dépendance de l'alcoolisme. 11 n'est donc pas ùa^wlivi' tlo la voir coexister assez fréquemment avec la cir-

COMPLICATIONS RÉNALBâ. 253

rhose. SuriO cas de cirrhose du foie (1), réunis par M. Dickînson, et pour la plupart d*origine alcoolique, les reins étaient granuleux dans 8 cas : le rapport est donc de 1 à 5. Mais bien souvent la néphrite interstitielle échappe à cette étiologie. Sur 250 cas de dégénérescence granuleuse, le foie a été envahi 37 fois ; la proportion est donc de i sur 7. Les chiffres de M. Slewart concordent avec les précédents : ainsi sur 100 cas de rein contracté, il a trouvé 15 cas de cirrhose, soit 1 sur 6. En supposant que tous les cas de cirrhose où il y a eu coïncidence fussent d'origine alcoolique, on pourrait conaprendre la situation ainsi qu'il suit : Le foie est l'organe affecté le premier et le plus fréquemment par l'alcool dont il reçoit en quelque sorte l'action directe. Le rein, placé plus loin, n'est touché qu'indirectement et échappe de fait le plus souvent à cette influence. Il ne faudrait pas dans un cas de cirrhose conclure à la réalité de la néphrite albumineuse, parla seule constatation de Talbumine dans les urines. En eiïet, toutes les foisqu*ilyaascile, ainsi que Ta fait remarquer M. Murchison, la compression des veines rénales peut avoir pour conséquence de faire passer dans les urines une certaine quantité d'albumine qui disparait lorsque la ponction est pratiquée.

(1) Dickinson, /oc. ctï.> p. 140.

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