I.a plupart des auteurs qui ont suivi ont renchéri eiicorp
(DR. Brjglil. - H--p'--h i-f mi-ikal Cases, p. 67 el p. 69. London, tili-
DOCTBINB SÉPARATISTE. 299
sur la doctrine de Tunicité ; elle compte parmi ses adhérents Frerichs et la plupart des médecins qui, jusque dans ces derniers temps, ont écrit sur la maladie de Bright, tant en France qu*en Allemagne.
Les premières oppositions à cette doctrine se sont élevées dans la patrie même de Bright, en Angleterre. Todd, Wilks^ Quain et G. Johnson ont été les premiers à se séparer franchement de Topinion courante ; le dernier surtout s'est prononcé très explicitement à cet égard, et il fait valoir en faveur de la doctrine qu'il embrasse, outre les faits anatomo-pathologiques, un argument tiré du domaine clinique, argument très significatif à mon sens, et qui mérite d'être relevé dès à présent. « Les malades à l'autopsie desquels, dit Johnson (1), on trouve le gros rein blanc de Bright ont eu, à peu près tous sans exception, des hydropisies à une époque quelconque de leur histoire clinique ; au contraire, la majorité de ceux qui succombent avec un petit rein contracté n'ont jamais souffert d'hydropisie à quelque degré que ce soit .» Et il cile une statistique dans laquelle on voit que, sur 25 cas de gros rein blanc, rhydropisie est signalée 26 fois, tandis que sur 33 cas de rein contracté, elle ne s'est montrée que 14 fois, et encore était-elle, dans ces cas, à peine appréciable.
Ces faits contredisent évidemment l'hypothèse suivant laquelle le rein contracté aurait passé par une phase correspondant au gros rein blanc ; car on ne comprendrait pas, si celte hypothèse était fondée, que la plupart des sujets présentant un rein contracté échappassent, pendant toute la durée de leurlongue maladie, à l'hydropisie qui est, pour ainsi dire, la règle dans la forme caractérisée par le gros rein blanc.Cel argument est puissant déjà ; mais ce n'est pas le seul, tant s'en faut, que l'on puisse faire valoir, nous le verrons, en faveur de la doctrine anglaise.
Cette doctrine compte, en Angleterre, outre les auteurs déjà cités, M. Goodfellow, auteur d'un livre intéressant surtout au point de vue clinique (1861); M. Dickinson, dont le traité
(\) Medico^M'. Transactions, 1859, p. 156.
{I) T. Grtinftcr-Slewarl. — .1 pradkal Treatise on Brî-jht's Disfa'ts ./ Mf rii/ncyï.*» édit. Edinbiir^li, 1811.
(il Ces leçons sur la maltdic de Brighl ont Mé faites pendant le trimestre <lVtî- de IR7i, et publiées peu de temps aprts dans le Pntgrèi mfttiivl. Depuis cette époque, plusieurs écrits ont paru sur le mèmi st^et -. nous nouj bomeroQs i cîler ceux qui suivent: L^corché, Trailê lies mntailKs du Rein. — Lancereaui, article Rein, du Dictionnaire ■'ncyelopêdii/iif ries science: médicales, !8T) ; — Bariela, Handbucli det Krankheilen des llarnapparales, tin Ziemssen's Handbiith, I S7j. — Eduanl Hall, Kliniscbe Studien aeùer ehroaiscke Brighl'sche Krankheil, Christiania, 1S73 ; analysé dans Virchoie's ArMv. 67 Bd. 3 bcfl. 1876. — Voir aussi un intéressant article de M. Labadie-Lagrsve dans la Revue des ifient-es mrdienles, i' annce, t. viii, 2» fascicule, p. 768, 1876, — Tons ces écrits concluent i la mulllplicilé des formes de la maladie de Brigbl.
RBIN CONTRACTÉ. 301
J'ai hûlc, Messieurs, d'en venir au côté descriptif, et je commencerai par Texposé des altérations propres au rein contracté, ou si vous Taimez mieux, à la néphrite interstitielle chronique primitive. Je supposerai tout d*abord un cas dans lequel les altérations se présentent dans leur état de parfait jléveloppement, par exemple celui d'un sujet goutteux, rendant depuis plusieurs années de Talbumine dans ses urines, sans avoir jamais eu d'œdème, et qui aura succombé à la suite d accidents urémiques.
A Tautopsie, on trouve les reins petits et tous deux à peu près également atrophiés (PL VI); leur poids est seulement la moitié du poids normal. Us présentent une consistance ferme et une coloration rouge générale ; mais lorsqu'on a enlevé la capsule, qui est éi)aissie et adhérente aux parties sous-jacentes, on voit la surface du rein parsemée de petites éminences à peu près toutes de môme volume, éminences jaunrs ou grises, contrastant par ce caractère avec les parties avoi- •>inantes, dont la coloration est d'un rouge plus ou moins vif. Les coupes montrent que l'atrophie porte principalement sur la substance corticale et beaucoup moins sur la substance médullaire. Par suite de la diminution de volume du rein, le bassinet parait plus ou moins considérablement dilaté.
Recherchons maintenant à quelles altérations histologiques correspondent ces apparences, et pour ce faire examinons d'abord à un faible grossissement des coupes du rein préparées à l'aide du picro-carminate d'ammoniaque, réactif qui, comme vous le savez, a la propriété de colorer plus vivement les éléments de formation naissante.
Si la coupe est faite parallèlement à la surface du rein et non loin de cette surface, elle aura nécessairement pour effet (le comprendre un certain nombre de lobules voisins. Or, voici
iy.„.. (■«,,,, m:, ,,.r i.« tr." miiiM.!'. j>'rp.n,j(fij-.>- pcii d'attention, lMn'M.'«™l[Il^.'î^rl!''^"'î^T^■M'lll''^"l'l^''!î'"""^ 01 reconnalt dans ïï!I^r't^J'riî^~^V™î'"\™ïwi^™i™n.L!îI^^ cetlezone rougela [.« iM ui» ft«io»nUfc •ifoÇi*'^f^«^Urf« ™brj^»"«j^'|« lumière, singulîè- ~-i,i'mM>.t«'. .r.pirt \>~ i«fp»riiiM> « m. K«iwh', rement rélrécie cl
comparable à un lil, ili'ïi <'iiiiaii\ ooiitoiirniis, qui d'aburd i-taient restés inii|>oi\us: i)iicli|iios-iin!i donlœ enx contiennent encore des lr«fi':i do Vi>|iith<'-tium glandulaire en vnie de dégénérescence iHnnuli>-Rraissensf ; ta plupart sont dépouillés de cel épilhélinnt i>l tapissi's sniivont (>ar uneraniK'c déjeunes cellules qui l'ormciil «u ivvt^li'monl i pilbélial nouveau, tout ditTérent de raucieu ; >utin bcaïu-oup de tube* *4.>nt remplis de cylindre* i;r«miloH\ ou tr«u>j^K>n'nls. — S* Kn dehor» de celle zone, '•'' \oienl It's tiloniérulesde Unlptiilii enveloppés d'une capsu If
ÉTUDE HISTOLOGIQDE. 303
épaissie et composée de plusieurs couches ; le glomérule luimême <a subi diverses altérations dont il sera question par la suite.
Je viens de vous présenter, Messieurs, les éléments nécessaires pour reconnaître la disposition topographique des lésions dans la néphrite interstitielle, et aussi pour comprendre la raison de Texistence des granulations.
En effet, Taltération porte surtout, vous le voyez, sur la trame conjonctive qui enveloppe les canaux contournés ; cell<^ trame subit d*abord une transformation t;n tissu embryonnaire et se trouve, à une époque plus avancée, remplacée par une gangue conjonctive bien organisée.
Cette néo-formation conjonctive a eu |)Our effet d'atrophier, sans doute par compression, les canalicules contournés dont l'épithélium a souffert, s'est dé- ^^. ^^7 T».^/'^*rini.
^ ' feres atrophté$ cl con-
sagréffé et a été plus tard remplacé par '«««'»' * /«f'»'" ce^'»'-
^ ^ ^, ,, , « /««en partie* dé*inté-
un revêtement déjeunes cellules ; en fin j^rA» et de» anuiuia-
, ,1 ... . , liant gmisfeufct. —
de compte, les parties qui composent la Gro». de 4so «liam*-
région du labyrinthe se sont atrophiées 1,^'rôètTe S^^^Tuii'^
et affaissées. La partie centrale du lo- «^-^^^^ ^^^l ,^« ,f
bule, au contraire, est restée peu altérée "" "*"®. ^ro»M9«c .em
' '^ (Cornjl et Ranvicr).
relativement, et les canaux collecteurs, qui la constituent surtout, persistent a peu près avec leurs dimensions normales. Vous comprenez facilement que la grcu iiw/afiow saillante sur la surface du rein correspond à cette partie centrale du lobule ; elle présente une coloration lantôl jaune et tantôt grise suivant que l'épithélium des canaux collecteurs est devenu graisseux ou, au contraire, resté normal. La collerette rouge, qui entoure la base de chaque granulation, répond à la région très vascu la risée, mais atrophiée du labyrinthe.
Si la coupe est faite perpendiculairement à la surface du rein, on constate encore, comme dans le cas précédent, que les rayons médullaires, dans la région corticale, sont peu altérés ; seulement les tubes collecteurs deviennent quelquefois tortueux. En dehors des ravons médullaires, dans la
itutrc^ par du li^su conjonclif embryonnaire ou déjà plusou moin^ organisé, les ^lomc'rules de Malpighi qui marquent le? liniilcj des lobules paraissent, en raison de l'atrophie subie par K's Uibes conlournés, beaucoup plus rapprochés les uns des autres que dans I olal normal.
Telle est ta constitution de la granulation, bien comprise dans le travail de M. Kelsch,très facile à constater sur les préjiaraliuns de cet anatomiste que j'ai entre les mains, et que .M. Wilksavait déjà signalée, du reste. Il ne faut pas confondre