ATROPHIE JAUNE DU FOIE
nomène vital. En effet, pendant la vie, dans les cas d'atrophie jaune aiguë du foie, il est de règle que la leucine et la tyro-' sine se montrent dans Turine en même temps que Turée y fait défaut ou n'y est plus que dans une proportion très minime.
b) Le même processus de destruction des éléments cellulaires du foie, sur une grande échelle, se montre encore, mais cette fois d'une façon lente, dans différents cas d'altérations chroniques du foie consécutives à l'oblitération permanente des voies biliaires. Le foie qui, d'abord, en général, devient plus gros et prend une couleur vert-olive, subit à un instant donné une atrophie plus ou moins rapide. On y reconnaît, à l'autopsie, quelques-uns des caractères macroscopiques de l'atrophie jaune sur lesquels nous insisterons prochainement. De plus, le microscope y décèle l'existence d'une destruction plus ou moins généralisée et plus ou moins accentuée des cellules hépatiques. C'est même dans ces circonstances que la destruction totale des cellules hépatiques a été notée pour la première fois par deux auteurs anglais, Williams et Budd. Il n'est pas inutile de faire remarquer que la présence de la leucine et de la tyrosine (Harley) au sein du tissu hépatique a été plusieurs fois reconnue dans ces cas d'atrophie Jaune consécutive et que là aussi, comme dans l'atrophie aiguë, on observe des phénomènes cliniques se rapportant au syndrome ictère grave. J'aurai soin, plus tard, de démontrer que, contrairement à l'opinion de Rokitansky et Dusch, cette destruction des cellules hépaliqnes n'est pas le résultat de l'action de la bile et en particulier des acides biliaires sur les tissus.
Les cellules hépatiques peuvent encore devenir le siège de l'altération amyloïde. Dans le foie, de même que dans les autres viscères, cette altération débute par les capillaires arté^ riels et ne se répandrait que secondairement sur les éléments glandulaires. C'est là un point que nous aurons à traiter en détail. Toujours est-il que l'altération se prononce primitivement dans la zone moyenne du lobule. Les cellules hépatiques, altérées de la sorte, paraissent plus volumineuses, leurs
coBtâon sont arr3iif&. obCBi. ES» ont u aspect TÎtreox, un certaîa de^rE dToçoîeîORKif . Ott en rescoolie quelquefois des sérKs ttj«î entières, coaf-»piiKs ks mes aiee les antres, leurs limites n'étant piiu marquées qoe par nn lé^r étranglement |RindfieLf4i:b . Elles i^ffrent d'aHleors, par Faction de la teinture dl«:«de. Li coI^:>ral>:-a nMize-bnui passant an bien pâle lorsqn'on ajoute de Faei'ie salfarîqae.
Je mentioccierai, en dernier lien. Taltération pigmentaire de* cellules hrp'Ati.ques^ qui est à proprement parler une exaçératÎMQ des C'>nditioas normales. Dans certains cas de rétention biliaire ancienne, elle peut aller jusqu'à la formation de petits grains ou sraviers verts de biliverdine qui occupent quelquefois presque la moitié du o'^ps de la cellule.
Telles sont. Messieurs, les principales formes des lésions élémentaires des cellules hépatiques. Nous aurons maintes fois roccasion d y revenir et d'indiquer en même temps la part qu'elles prennent dans la constitution des diverses espèces anatomo-patbologiques que nous étudierons dans la suite de ces leçons.
QUATRIÈME LEÇON
Des capillaires biliaires.
SoMMAiRB. — Description des canalicules biliaires. — Division en quatre groupes. — Des capillûres biliaires : historique, description, distribotien générale ; — ont-ils une paroi propre ? recherches de Legros. «- Inflammation catarrhale des capillaires biliaires.
Messieurs»
Faisant un nouveau retour vers les études d'anatomie normale, je me propose de reprendre et de compléter aujourd*hui la description des capillaires biliaires hépatiques, que je n'ai pu qu'ébaucher jusqu'à présent. Ces capillaires doivent nous intéresser à un haut degré car ils sont, on le sait aujourd'hui, le siège d'un certain nombre d'altérations importantes.
Si nous jetons un coup-d'œil sur l'ensemble des canaux biliaires, depuis leur origine au hile du foie jusque dans leurs dernières ramifications, nous reconnaissons immédiatement la nécessité d'établir, dans ce système cependant partout continu, des divisions répondant à des modifications de topographie et aussi de structure. Lorsqu'on procède des parties extérieures aux parties profondes, on voit que les canaux biliaires doivent être divisés en quatre groupes:
i* Tout d'abord, viennent les gros canaux biliaires qui, îasqu*à un diamètre de 220 (&, ont une tunique fibroïde ex-
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terne contenant parfois des glandules spéciales qae nous aurons à décrire et qui sont revêtues à rintérieur d*im bel épithélium cylindrique.
2* A ces canaux succèdent les conduits moyens dans lesquels l'épithélium tend à s* aplatir progressivement et à prendre la forme cubique; en même temps que le diamètre relatif de la lumière du vaisseau s^amoindrit, la tunique externe devient de moins en moins épaisse et de plus en plus homogène: les glandules disparaissent.
It^ En troisième lieu, se présentent les canaux biliaires inter-lobulaires qu*on voit dans les espaces et les fissures qui séparent les lobules. Ici encore, Tépithélium offre la forme cubique. Ces canaux composent, dans rinter\'alle des lobules, un réseau d'où partent les canalicules intra-lobulaires.
4* CeuxHri. qu'on peut appeler capillaires biliaires, constituent un système réticulé de petits canaux cylindriques dont le diamltre ne dépasse pas i à 2 a: c*eàt ce système que je me propose d'étudier actuellement.
.V. La Cvmnais>ance du réseau capillaire biliaire est une acquisition qui ne remonte pas au-delà d*une quinzaine d*anntvs. Kioraan, Be.ile, Natalis Guillot en avaient soupçonné l'oxistonco. Mais la démonstration régulière, faite à Taide d*injtvlioas, est due à Ci.\'-l:ioh et à Brucke (i853j. Cette démonstrativMi a oto r^Muiue plus complète par .\ndrejevie(i861), Mac lîilUxry J8iU\ Eborth et Chrzonszczewsky (1866). 11 restait pourtvUit queK|uos incertitudes qui ont été complètement dis- :iip.^<*s par lo nMuarquable travail de Hering (1866). Depuis lors, ro\i>lonce du roseau des capillaires est un fait de connaissauco >ulj;airi^ el vous eu trouvez une description plus ou moins nùnutiouso dans tous les livres classiques. 11 est indisjHMïSx'^hlo» neannvMns» dt* dôdarerque la démonstration par injtsiiou n'a pu, jusqu'ici, être rendue évidente que chez les {ininu^ux, Cop.Muiant, mémo chez l'homme, l'existence du réseau est indubitable, ainsi que j'aurai, dans un instant, Tocoa^ion do vou'î lo domonln^r.
M, IXvrivous maintenant le ré^jeau capillaire biliaire, tel qu'il
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se révèle dans les injectioas pratiquées sur le lapin, car c'est encorecetsnimalquiaétéulilisésurtoulpour ce genre d'étude.
Les caractères généraux de ce réseau sont la grande ténuité (1 [Ji à 2 [i) des conduits formant des mailles polygonales et l'uniformité de leur calibre et la disposition particulière du réseau, telle que les conduits n'entrent jamais en contact avec les vaisseaux sanguins dont ils sont toujours séparés par une certaine épaisseur de proloplasma cellulaire.
Pour bien saisir la disposition de ce réseau, il Importe de se reporter au schéma que je vous ai présenté dans l'avant-dernîère séance et qui, d'après Hering, compare la cellule hépatique à un octaèdre tronqué à ses deux sommets et creusé le loag des arêtes de gouttières destinées à recevoir les vaisseaux capillaires sanguins.
Sur chacune des faces latérales de l'octaèdre, & égale distance des gouttières qui reçoivent les capillaires sanguins et parallèlement à ces gouttières sont creusés des demi-canaux qui partagent les faces latérale] en deux moitiés égales. Ces demi-canaux ou sillons se prolon^jnl sur les faces répondant
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aux sommets tronqués où elles se croisent à Tangle droit Usuît de là que. autour de chaque cellule, les demi-canaux figurent deux mailles hexagonales dont les plans se croisent sous un angle droit. Si nous supposons que dix octaèdres (ou cellules), construits sur le modèle de celui que nous venons de décrire, et creusés aussi de demi-canaux de même calibre et semblablement disposés, soient en rapport les uns avec les autres, vous comprendrez qu*il se produira des canaux cylindriques complets constituant autour de la cellule une double maille hexagonale. Admettons enfin que, par l'apposition successive d'un nombre suffisant d'octaèdres ou de cellules, cette disposition s*élende à toutes les parties du lobule, nous aurons alors une idée assez nette, quoique schématique à quelques égards, de la disposition du réseau capillaire biliaire et de ses relations : i"" avec les cellules hépatiques, 2^ avec les vaisseaux capillaires sanguins qui, comme vous avez pu le remarquer, n'entrent nulle part en contactavec le réseau capillaire biliaire. Cette vue schématique — et c'est là, en somme, son utilité — va nous servir à mieux comprendre les apparences sous lesipielle> se présentent dans la réalité, sur des coupes faites dans diverses directions, le réseau des canalicules biliaires injectés chez les divers animaux, et en particulier sur le lapin, objet actuel de nos investigation.
l* OtMnnieuoons par considi3rer une coupe pratiquée paral- IMonuMil à la direclion des vaisseaux capillaires radiés. Vous sa\o/., par no^ ôluiles anlérieiires, que, sur une pareille coupe, le*i ot^lhilos apparaissent sous la forme d'un rectangle à grand rt\r diriyrr* parallèlement aux vaisseaux sanguins. Les capillaires biliaires sie montrent là sous l'aspect d'une ligne paral- IMo au grand axo de la cellule, à peu près à égale distance des >aisst\uiK auxquels ils sont également parallèles, offrant un léger coude (;à et là, vers le milieu du corps de chaque tM*lluli\ (aM sinu(ïsités répondent à l'arête transversale de l'oclA^div sur le schéma et, dans la nature, au point où se renlient les surfaces do la cellule. Au niveau de Tinterstice qui m^pare ehaiiue cellule, on voit dans l'épaisseur du canalicule un )>erhiiA foncé qui n*est autre, comme il est facile de s'en
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assurer CD faiaantvarier le foyer de robjectif.quci' orifice d'un conduit, situé sur l'une des faces tronquées et parfois on peut suivre à une certaine dislance le corps de ce canal. (Voir Hering, loe. cit. , Tsf. IV, fig. 3 cl Kolliker, loc. cil. , flg. 308.)
2* Si la coupe, plus épaisse, comprend une ou deux couches de cellules, on pourra voir par transparence le double réseau polygonal qui entoure chaque cellule.
L'un de ces réseaux sera vu suivant un plan antéro-postérieur, l'autre suivant un plan transversal. Surde pareilles coupes, le réseau biliaire semble sur plusieurs points en contact avec le réseau sanguin ; mais ce n'est là qu'une apparence qu'il est aisé de rectifier avec un peu d'attenlion. (Voir Hering, Sckultze'i Archiv. T.