‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 100 sur 723 · LIVRE ri · texte numérisé non relu

LIVRE ri

Mtts oomme il était difficile

De croire nn tel cas dès l'abord ,

11 Youlut avoir le rapport

I>o dnôle à qui payait sa femme .

Le lendemain devant la dame

D fût venir frère Girard ,

Loi porte à la gorge on poignard,

Lui fidt conter tout le mystère ,

Puis, ayant enfermé ce frère

A double def , bien garrotté ,

Et la dame d'autre côté ,

fl va partout conter sa chance.

Au l<)gis du prince il commence ;

Pub il descend chez Téchevin ;

Puis il bit sonner le tocsin.

Toute la ville en est troublée , On court en foule à llassemblée , Et le sujet de la rumeur N'est point su du peuple dimeur.

Chacun opine à la vengeance.

L'un dit qu'il &ut en diligence Aller massacrer ces cagots ; L'autre dit qu'il fout de fagots Les entourer dans leur repaif e , El brûler gens et monastère ; Tel veut qu^ils soient à l'eau jetés , Dedans leurs frocs empaquetés , • Afin que la gent cordelière , Flottant ainsi sur la rivière, S'en aille apprendre à l'univers Comment pn traite les pervers.

Tel invente on antre supplice , Et chacon selon son caprice; Bref , tous conclurent à la mort ; L'avis du feo fut le plus fort.

On coort au couvent tout à l'heure ; Mats , par respect de la demeure , L'arrft ailleurs s'exécuta ; Un bourgeois sa grange prêta.

La penaille*, ensemble enfermée Fut en peu d'heures consumée , Les maris sautant alentour , Et dansant au son du tambour.

Rien n'échappa de leur colère , M moinillon , ni béat père :

Robes , manteaux, et capuchons Tout frit brûlé conmie cochons ;

• PemaUlon ilgiiifie une gueoffle, un haillon; et, par ternie de népri^ on moine. La penaille désigne donc la troupe vêtue de penaflloos. on uoe troupe de moines. Ce root est.Jecrois, de liBventtoBde U Fontaine.

Tous périrent dedans les flammesi Je ne sais ce qu'on fit des TemmeH.

Pour le pauvre frère Girard, Il avait eu son &it à part.

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