Tome ienmie doit en personne
S'en acquitter trois fois le mois Vers les enfants de saint François.
Cela fondé sur TÉcriture:
Car il n'est bien dans la nature ( Je le répète , écoutez-moi ) Qui ne subisse cette loi De reconnaissance et d'hommage.
Or, les œuvres de mariage Étant un bien, comme savez , Ou savoir chacune devez , Il est dair que dlme en est due.
Cette dtme sera reçue Selon notre petit pouvoir t Quelque peine qu'il fiiille avoir.
Nous la prendrons en patience :
N*en faites point de consdenoe; Nous sommes gens qui n'avons pas Toutes nos aises icHias.
Au reste , il est bon qu'on vous Qu'entre la chair et la chemise 11 fiiut cacher le bien qu'on fait :
Tout ceci doit être secret Pour vos maris et pour tout autre.
Voici trois mots d'un b<m apêtre Qui font à nope intention :
Foi , charité , discrétion.
Frère André , par cette éloquence, Satisfit fort son audience , Et passa pour un Salomon :
Peu dormirent à son sermon.
Chaque femme , ce dit Thistoire , Garda très-bien' dans sa mémoire , Et mieux encor dedans son cœur, Le discours du prédicateur.
Ce n'est pas tout , il s'exécute :
Chacune accourt; grande dispute A qui la première paiera :
Blainle bourgeoise murmura Qu'au lendemain on l'eût remise.
Et notre mère sainte Église, Ne sachant comme renvoyer Cet escadron prêt à payer.
Fut contrainte enfin de leur dire :
De par Dieu , souffrez qu on respire t C'en est assez pour le présent ; On ne peut fiiire qu'en fidsant.
Réglez votre temps sur le nôtre ; Aujourd'hui l'une , et demain l'autre a Tout avec ordre ; et , croyez-nous , On en va mieux quand on va doux.
Le sexe suit cette sentence :
CONTES ET NOUVELLES
Jamais de brait pour la quittance , Trop bien quelque dbllation , Et le tout par dévotion.
Puis de trinquer à la commère.
Je laisse à penser quelle chère Faisait aloi-s frère Frapart.
Tel d'entre eux avait pour sa part Dix jeunes femmes bien payantes , Frisques , gaillardes , attrayantes :
Tel aux douze et quinze passait ; Frère Roc à vingt se chaussait \ Tant et si bien que les donzelles , Pour se montrer plus ponctuelles , Payaient deux fois assez souvent :
Dont il avint que le couvent, Las enfin d'un tel ordinaire , Après avoir à cette aHhire Vaqué cinq ou six mois entiers , Eût hït crédit bien volontiers :
Mais les donzelles , scnipuleuses , De s'acquitter étaient soigneuses , Croyant faillir en retenant Un bien à Tordre appartenant.
Point de dîmes accumulées.
Il s*en trouva de si zélées , .
Que par avance elles payaient.
Les beaux pères n'expédiaient Que les fringantes et les belles, Enjoignant aux sempiternelles De porter en bas leur tribut :
Car dans ces dîmes de rebut Les lais trouvaient encore à frire.
Bref, à peine il se pourrait dire Avec combien de charité Le tout était exécuté.
Il avint qu'une de la bande , Qui voulait porter son offrande Un beau soir , en chemin faisant , Et son mari la conduisant, Lui dit : Mon Dieu ! j'ai quelque affaire Là dedans avec certain frère ; Ce sera fait dans un moment.
L'époux répondit brusquement :
Quoi? quelle affaire? êtes-vous folle?
Il est minuit , sur ma parole :
Demain vous direz vos péchés :
Tous fes bons pères sont couchés.
Cela n'importe ; dit la femme.
Hé, par Dieu , si ! dit-il ; madame ^ Je tiens qu'il importe beaucoup ; Vous ne bougerez pour ce coup.
• C'eM-à-dire, s'arrangeait de vingt, en employait vfngt.
Qu'avez-vous fait? et quelle offense'
Presse ainsi votre conscience?
Demain matin , j'en suis d'accord.
Ah ! monsieur , vous me Ikites tort ,
Reprit-elle ; ce qui me presse
Ce n'est pas d'aller à confesse ,
C'est de payer ; car , si j^attends,
Je ne le pourrai de longtemps ;
Le frère aura d'autres affaires. —
Quoijiayer? — La dlrae aux bons pères.—
Quelle dlme? — Savez-vous pas? —
Moi , je le sais ! — C'est un grand cas ,
Que toujours femme aux moines donne...—
Mais cette dlme , ou cette aumône,
La saurai-je point à la fin? —
Voyez y dit-elle , qu'il est fin !
N'entendez-vous pas ce langage?
C*est des œuvres de mariage. —
Quelles œuvres? reprit l'époux. —
Eh ! la 1 monsieur , c'est de que nous...
Mais j'aurais payé depuis l*heure ;
Vous êtes cause qu'en deyieure *
Je me trouve présentement,
Et cela je ne sais comment ,
Car toujours je suis coutumière
De payer toute la première.
L'époux, rempli d'étonnement , Eut cent pensers en im moment ; Il ne sut que dire et que croire.
Enfin pour apprendre l'histoire Il se tut , il se contraignit ; Du secret , sans plus , se plaignit , Par tant d'endroits tourna sa femme , Qu'il apprit que mainte autre dame Payait la même pension :
Ce lui fut consolation.
Sachez , dit la pauvre innocente , Que pas une n'en est exempte ; Votre sœur paye à frère Aid)ry ; La baillie au père Fabry ; Son altesse à frère Guillaume, Un des beaux moines du royaume.
Moi, qui paye à frère Girard , Je voulais lui porter ma part.
Que de maux la langue nous caose !
Quand ce mari sut tonte chose. Il résolut premièrement . D'en avertir secrètement Monseigneur , puis les gens de ville.
«BnreUrd.Gemot, enoeaeoa.n'eaphiiiuitéqiieeamiiie tcnne' de palais.