‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 123 sur 723 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

D pirtiin loir, prie un de ses amis De bire cette nuit les honnears du logis ,

Praidre sa piaoe, aller trouver la belle , Mant robsGiiritése cwicher auprès d'elle , Ré point parier; qu'il était fort aisé ; Et qa'eo s'aoqolttant bien de remploi proposé , Llnûote assorément agréerait son senrice. L*iiitre bien Tolontiers loi rendît cet office : Le moyen qu'on ami puisse être refusé I A ee Bonrean Yena la voilà donc en proie. II ne pot sans parier ocmtenir cette joie. UbeUese plaignit d'être ainsi leur jouet :

Gomment Tentend monsieur mon hôte ?

Dit-elle , et de quel droit me donner comme il fait? L*aotre confessa qu'en effet ns avaient tort; mais que tonte la feute Était au maître du logis.

Pour vous venger de son mépris , Puuiwiifit-il , comblez-moi de caresses ; Enchérissez sur les tendresses Que vous eôtes pour lui tant qu'il fut votre amant : Aima-moi par dépit et par ressentiment,

Si vous ne pouvez autrement.

Son oQiiseil fut suivi; l'on poussa les aibiies , L'on se vengea; l'on n'omit rien.

Que si l'ami s'en trouva bien , L'hdle ne s'en tourmenta guères.

Et de dnq , si j'ai bien compté.

Le sixième incident des travaux de l'infante

I^ quelques-uns est rapporté

D^mie manière différente.

Force gens oooduront de là Que d'un galant au moins je fais grâce à là belle.

G*est médisance que cela ;

Je ne voudrais mentir pour elle :

Son époux n'eut assurément

Qne huit précurseurs seulement.

Poursuivons donc notre nouvelle.

LliAte revint quand l'ami fut content.

Aiaeiel, lui pardonnant , Fit entre eux les choees égales.

U déownce sied bien aux personnes royales.

iioB demain en main Aladel passait , Et souvent se divertissait Aux menus ouvrages des filles Qd la servaient , toutes assez gentilles. Hleen ahnait fort une à qui l'on en contait; Btleconteur était un certain gentilhomme De ce logis, bien fait et galant homme , Hais violent dans ses désirs, Et grand ménager de soupirs ,

Jusquesà commencer, près de la plus sévère,

Par où l'on finit d'ordinaire.

Un jour, au bout du parc, le galant rencontra

Cette fillette; Et dans un pavillon fit tant , qu'il l'atthra Toute seuiette.

L'infante était fort près de là :

Biais il ne la vit point, et crut en assurance

Pouvoir user de violence.

Sa médisante humeur, grand obstacle aux fkveun^ Peste d'amour et des douceurs Dont il tire sa subsistance.

Avait de ce galant souvent grêlé ' l'espoir. La crainte lui nuisait autant que le devoir*. Cette fille l'aurait selon tonte apparetice Favorisé, Si la belle eût osé.

. Se voyant craint de cette sorte, n fit tant qu'en ce pavillon Elle entra par occasion :

Puis le galant ferme la porte ; Mais en vain , car l'inihnte avait de quoi l'ouvrir. La fille voit sa foute, et tâche de sortir, n la retient; elle crie , elle appelle : L'inCuite vient , et vient comme il fallait , Quand sur ses fins la demoiselle était. Le galant, indigné de la manquer si belle. Perd tout respect , et jure par les dieux Qu'avant que sortir de ces lieux L'une ou l'autre paiera sa peine , Quand il devrait leur attacher les mains. Si loin de tous secours humains , Dit4l , la résistance est vaine.

Tirez au sort sans marchander ; Je ne saurais vous accorder

Que cette grâce :

n ftiut que l'une ou l'autre passe

Pour atyourd'hui.

Qu'a ikit madame? dit la belle ; Pâtira-Uelle pour autrui ?

Oui , si le sort tombe sur elle , Dit le galant ; prenez-vous-en à lui.

Non , non , reprit alors l'infuite ; n ne sera pas çlit que l'on ait, moi présente,

Violenté cette innocente.

Je me résous plutôt à toute extrémité.

Ce combat plein de charité futpar lesortà la fin terminé; Uinfiinte en eut toute la gloire :

n loi donna sa voii, à ce que dit l'histoire. L'autre sortit, et l'on jura De ne rien dire de cela.

« Délnitt.

CONTES ET NOUVELLES-

Mato le galant ae serait laissé pendre,

Platôt qae de cacher un secret si plaisant ;

Et poor le divolguer il ne voulut attendre

Qae le temps qu'U fallait pour trouver seulement

Quelqu'un qui le voulût entendre.

Ce changement de favoris

Devint à Tinfonte une peine;

Elle eut regret d'être THélène

D'un si grand nombre de Paris.

Aussi l'Amour se jouait d'elle.

Un jour, entre autres , que la belle

Dans un bois dormait à l'écart ,

n s'y renomtra par hasard Un chevalier errant, grand dierchenr d'aventures, De ces sorU» de gens que sur des palefrois

Les belles suivaient autrefois ,

Et passaient pour diastes et pares.

Celui-d,qui donnait à ses désirs l'essor , Gomme luisaient jadis Roger et Galaor,

N'eut vu la princesse endormie , Que de prendre un baiser illbrmale dessein : Tout prêt à faire |sboîx delà boudie on da sein, n était sur le point d'en passer son envie ,

Quand tout d'un ooop il se soavint

Des lois de la chevalerie.

A ce penser il se retint,

Priant toutefois en son âme

Toutes les puissances d'amour

Qu'il pôt conrir en ce séjoor

Quelque aventure avec la dame.

LInCante s'éveilla , surprise an dernier point.

Non, non, dit-il , ne craignez point;

Je ne suis géant ni sauvage, Mais chevalier errant , qni rends grâces aux dieox

D'avoir trouvé dans ce bocage Ce qu'à peine on pourrait rencontrer dans les deux. Après ce compliment , sans plus longne demeure , Il lui dit en deux mots l'ardeur qui l'embrasait :

C'était un homme qui fiiisaît

Beaucoup de diemin en peu d'heure.

Le refrain fot d'offrir sa personne et son bras ,

Et tout ce qu'en semblable cas

On a de coutume de dire

A celles pour qui Ton soupire.

Son offre fot reçue , et la belle lui fit

Un long roman de son histoire ;

Supprimaat , comme Ton peut croire , Les six galants. L'aventurier en prit

Ce qu'il crut à propos d'en prendre; Et comme Aladel de son sort se plaignit , Cet inconna s'engagea de la rendre

Chez Zalr ou daosGarbe, avant qu'il IIM imnMiis.

Dans Garbe?non, repritelle , et pour oanaé : Si les dieux avaient mis la chose Jusques à présent à mon chdx , J'aurais voulu revoir Zafr et ma patrie. Pourvu qu'Amour me prête vie , Vous les verrez , dit-il. C'est seulement à tous D'apporter remède à vos coups , Et consentir que mon ardeur s'apaise ; Si j'en mourais (à vos bontés ne plaise ! ) Voos demeoreriez seule; et, pour vous parier franc, Je tiens ce service assez grJBOid Pour me flatter d'une espérance De récompense.

Elle en tomba d'aéoord , promit qnelqoes douceurs, Convint dn nombre de feveurs Qu'i^fin que la chose fttt sûre . Cette princesse lui paierait , Non tout d'un coup, mais à mesure Que le voyage se forait; Tant chaque joor, sans nulle fonte.

Le marché s'étant ainsiftdt ,

La princesse en croupe se met.

Sans prendre congé de son hôte.

L'inconnu, qui pour quelque temps

S'était défoit de tous ses gens, Les rencontra bientôt. Il avait dans sa troupe Un sien neveu fort jeune , avec son goaTemeur. Notre héroïne prend en descendant de croupe Un palefroi. Cependant le seigneur

Hardie toujours à côté d'elle ,

Tantôt lui conte une nouvelle.

Et tantôt lui parle d'aiBoar ,

Pour rendre le chenmi plas court.

Avecbeaucoop de foi le traité s'exécute :

Pas la moindre ombre de dispute ; Pointdefeutean calcul, non plasqu'entremardiaiidi. De foveur en feveur (ainsi comptaient ces gens) Jusqu'au bord de la mer enfin ils arrivèrent , Et fl^embarquèreat.

Cet élément ne leur fot pas moins doux Que l'autre avait été; certain calme, au contraire, Prolongeant le chemin, augmenta le salaire. Sains et gaillards ils débarquèrent tous Au port de Joppe , et là se rafiraldiirent; Au bout de deax jours en partirent, Sans autre escorte que leur train.

Ce ftrt aux brigands une amorce :

Un gros d'Arabes en chemin Les ayant rencontrés , ils cédaient à la foroBi

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