LIVRE II
Qottd Dotre aveiitariar fit on dernier effort , Repoussa les brigands , reçut une blessure
Qui le mit dans la sépoHure,
Non sur-le-champ; derant sa mort Dpounrut àla belle , ordonna du Toyage , En diargea son neveu, jeune hcnnme de courage,
Loi léguant par même moyen
Le sorplos des foTCurs, avec son équipage ,
Et tout le reste de son bien.
Quand on Ait revenu de toutes ces alarmes , Et que Ton eut versé certain nombre de larmes ,
On satisfit au testament du mort.
On paya les foyeurs , dcmt enfin la dernière Echut justement sur le bord De la frontière.
En cet endroit le neveu la quitta , Pour ne donner aucun o^rage ; Elle goovemeur la guida Pendant le reste du voyage.
An Soudan il la fx^senta.
D'exprimer ici la tendresse ^
Ou, pour mieux dire , les tnmsports Qœ témoigna Zafren voyant la princesse,
n foodrait de nouveaux efTorts , Et je n'en puis plus fitire Til est bon que j*imite
Phébus , qui , sur la fin du jour,
Tombe d'ordinaire si court
Qu'on (finit qu^il se précipite.
Le gooremear aimait à se fkire écouter ; Ce ftit un passe-temps de Tentendre conter
Monts et mervdlles de la dapie , ' li riait sans doute en son âme.
Seigneur, ^t le bonhomme en parlant au aondan , Hispal étant parti , madame incontinent,
Pour fuir oisiveté , principe de tout vice ,
Résolut de vaquer nuit et jour au service
Dm dieu qui cbeï ces gens a beaucoup de crédit. Je ne vous aurais jamais dit Tous ses temples et ses chapelles ,
NoQunés pour la ^npart alcôves et ruelles.
U les gens pour idole ont un certain oiseau Qui dans ses portraits est fort beau, Quoîqu'îl n*ait des plumes qn^aux ailes. Au contraire des autres dieux , Qu'on ne sert que quand on est vieux , La jeunesse lui sacrifie.
Si vous saviez Tbonnête vie
Qo'en le servant menait madame Aladel , Yons béniriez cent fins le déL
De vous avoir donné fille tant accomplie.
Ab reste , en ces pays on vit d'autre bçon
Que parmi vous : les bdles vont et viennent;
Point d'eunuques qui les retiennent ; Les hommes en ces lieâx ont tous baibe au menton. Madame dès l'abord s'est faite à leur méthode ,
Tant elle est de facile humeur ;
Et je puis dire , à son honneur ,
Que de tout elle s'accommode.
Zalr était ravi. Quelques jours écoulés , La princesse partit pour Garbe en grande escorte. Les gens qui la suivaient furent tous régalés De beaux présents ; et d'une amour si forte Cette belle toucha le cœur de Mamolin , Qu'il^ne se tenait pas. On fit un grand fiestin,
Pendant lequel , ayant belle audience , Aladel conU tout ce qu'elle voulut',
Dit les mensonges qu'il lui plut.
Mamolm et sa cour écoutaient en sUence. La nuit vint : on porta la reine dans son lit.
A son honneur die en sortit :
Le prince en rendit témoignage.
Alaciel , à ce qu'cm dit ,
N'en demandait pas davantage.
Ce conte nous apprend que beaucoup de maris Qui se vantent de voir fort clair en leurs afCura N'y viennent bien souvent qu'après les favoris , Et, tout savants qu'ils sont, ne s'y connaissent guère» Le plus sûr toutefois est de se bien garder ,
Craindre tout, ne rien hasarder.
Filles , maintenez-vous : l'affaire est d'importance. Rois de Garbe ne sont oiseaux communs en Franca Vous voyez que l'hymen y suit l'accord de près,
C'est là l'un des plus grands secrets
Pour empêcher les aventures.
Je tiens vos amitiés fort chastes et fort pures; Mais Cnpidon alors fait d*étTanges leçons.
Rompez-lui toutes ses mesures :
Pourvoyez à la chose aussi bien qu'aux soupçons. Ne m'allez point conter : C'est le droit des garçons. Les garçons sans ce droit entassez on se prendra. Si qudqo'une pourtant ne s'en pouvait défencke, Le remède sera de rire en son malheur.
D est bon de garder sa fleur; Mais, pour l'avoir perdue , U ne se ISsiut pas pendre.