LIVRE III
Lai parat avoir plus (fattraits Qoe n'en aoraient , à beaucoap près , Tous les joyaux de la oouronne.
Od rayait dès Tenfonoe élevé dans on bois.
LA , soa unique compagnie Consistait aux oiseaux; leur aimable harmonie
Le désennuyait quelquefois.
Tout son plaisir était cet innocent ramage ; Eooor ne pouvait-il entendre leur langage.
En une école si sauvage Soo père Tamena dès ses plus tendres ans.
H venait de perdre sa mère ; Et le pauvre garçonne connut la lumière
Qu'afin qu*il ignorât les gens.
Il ne s'en figura, pendant un fort long temps,
Point d^autres que les habitants
De cette forêt , c'est-à-dire , Que des loups , des oiseaux ; enfin ce qui respira Pour respirer sans plus , et ne songer à rien. Ce qui porta son père à (îiir tout entretien , Ce furent deux raisons , ou mauvaises , ou bonnes :
L'une , la haine des personnes; L'autre , la crainte ; et depuis qu'à ses yeux Sa fenune disparut , s'envolant dans les deux ,.
Le monde lui ftat odieux ;
Las d V gémir et de s'y plaindre ,
Et partout des plaintes ouïr, Sa moitié le lui fit par son trépas haïr,
Et le reste des femmes craindre.
n vofilot être ermite , et destina son fils
A ce même gense de vie.
Ses biens aux pauvres départis ,
n s'en va seul , sans compagnie Qoe celle de ce fils , qu'il portait dans ses bras : An ft»id d'une forêt il arrête ses pas. (Cet homme s'appelait Philippe , dit l'histoire. ) U, par im saint motif, et non par humeur noire, Notre ermite nouveau cache avec très^and soin Ceot choses à l'enfant , ne lui dit près ni loin
Qu'il fût au monde aucune femme,
Aucuns désirs , aucun amour ; An progrès de ses ans réglant en ce séjour
La nourriture de son àme.
A cinq, il lui nomma des fleurs, des animaux ,
L'entretint de p^ts oiseaux ; Et, parmi ce discours aux enfonts agréabljC ,
Mda des menaces du diable , Ld dit qu'il était foit d'une étrange façon. La crainte est aux enCuits la première leçon. Les dix ans expirés, matière plus profonde Scmitsarletapis :un peude l'autre monde
Au jeone enfant ftit révélé ,
Et de la femme point parlé.
Vers quinze ans, lui fût enseigné , Tout autant que l'on put, l'auteur de la nature.
Et rien touchant la créature.
Ce propos n'est alors déjà plus de saison
Pour ceux qu'au monde on veut soustraire; Telle idée en ce cas est fort peu nécessaire. Quand ce fils eut vingt ans , son père trouva bon
De le mener à la ville prochaine.
Le vieillard, tout cassé, ne pouvait plus qu'à peine Aller quérir son vivre : et lui mort , après tout , Que ferait ce cher fils 7 comment venir à bout
De subsister sans connaître personne?
Les loups n'étaient pas gens qni donnassent raomôna.
Il savait bien que le garçon
N'aurait de lui pour héritage
Qu'une besace et qu'un bâton :
C'était un étrange partage.
Le père à tout cela songeait sur ses vieuxans.
Au reste , il était peu de gens
Qui ne lui donnassent la miche *,
Frère Philippe eût été riche S'il eût voulu. Tous les petits enfants Let»nnaissaient , et , du haut de leur tête ,
Us criaient : Apprêter la quâibI Voilà frère Philippe. Enfin, dans la cité
Frère Philippe souhaité ' Avait force dévots, de dévotes pas une ,
Car il n'en voulait point avoir.
Sitôt qu'il crut son fils ferme dans son devoir. Le pauvre homme le mène voûr Les gens de bien, et tente la fortune. Ce ne fut qu'en pleurant qu'il exposa ce fils.
Voilà nos ermites partis ; Us vont à la dté , superbe , bien bâtie ,
Et de tous objets assortie :
Le prince y faisait son séjour.
Le jeune homme , tombé des nues , Demandait :Qa*est-oe là? — Ce sont des gens de eoor...— Eilà ?... —Ce sont palais...— Id l...^Ce sont stataes...-" n considérait tout , quand de jeunes beautés
Aux yeux vifs , aux traits enchantés , Passèrent devant lui. Dès lors nulle autre dioae
Ne put ses regards attirer.
Adieu palais , adieu ce qu'il ^ent d'admirer. Void bien pis , et bien une autre cause IVétonneraent.
Bavi comme en extase à cet objet charmant ,
< Bxçnsiloo proTert)iil« , pour dke qa'O y aviit très-peo Cm persoonci qui ne lui flisaot Youmémê, Dnc mUki est un pain d'nae on deux lirrsi.
CONTES ET NOUVELLES
Qu'est-ce là , dit-il à son père ,
Qui porte un sî gentil habit?
Comment TappeUe-t-on? Ce discours ne plut gnère
Au bon vieillard , qui répondit :
C'est un oiseau qui s'appelle oie.
G Tagréable oiseau ! dit le fils plein de joie. Oie I hélas 1 chante un peu , que j'entende ta Toix !
Ne pourrait-on point te connaître?
Mon père , je tous prie et mille et mille fois ,
Menons-en une en notre bois ,
Taurai soin de la faire paître.