LIVRE m
Donni ponr arrhes on baiser.
L'époux ne Toulot pas poosser plus loin la diose , Ri de sa propre honte élre loi-niéina canae. Il reprit donc sa forme, et dit à sa moitié : Ah! Caliste, autrefois de Damon si chérie , Calbte , que j'aimai cent fois plus que ma vie , GaOste, qui m'aimas d*ime ardente amitié, Vvpski f est-il plus cher qu'une union si belle? Je derrais dans ton sang éteindre ce forfait : Je ne pois; et je t'aime encor tout infidèle : Ma mort seule expiera le tort que tu m'as fait.
Tkilre époose, voyant cette métamorphose, Demeora bien sarprise; elle dit peu de chose;
Les pleurs furent son seul recours.
Le mari passa quelques jours
A raisonner sur cette aCÊûre.
Un coco se pouvait-il faire Par la volonté seule, et sans venfr au poiqt?
L'était-il? ne l'étaitU po'mt?
Cette difficulté fut encore édaircîe ParNérie.
Si Toas êtes , dit-eUe , en doute de cela ,
Buvez dans celte coupe-là :
On la fit par tel an que, dès qu'un penonnage
Dûment atteint de cocuage T vent porter la lèvre, aussitôt tout s'en va ; D n^cm avale rien , et répand le breuvage Sot son sein , sur sa barbe, et sur son vètenml. Qoe s^'û n'est pomt censé cocu suffisamment
D J)oit tout sans répandre goutte.
Damoo , pour éciairdr son doute , Porte la lèvre au vase : il ne se répand rien. (Test , dit-il , réconfort ; et pourtant je sais bien Qoil n'a tenn qu'à moi. Qu'ai-je affaire de coupe?
Faites -moi place en votre troupe , Messieurs de la grandl)ande. Ainsi disait Damon , Faisaoït à sa femelle un étrange sermon. UGaérables humains ! si pour des cocuages n fint en ces pays l^e tant de façon ,
AlioDs-oons-en chez les sauvages.
1, de peur de pis , établit des Argus A Tcntoor de sa femme , et la rendit coquette.
Quand les galants sont défendus,
C'est alors que Ton les souhaite.
Le malheureux époux s'informe, s'inquiète , Et de tout son pouvoir court au-devant d'un mal Qoe la peur bien souvent rend aux hommes fatal . De quart d'heore en qoart d'henie il consulte la tasse.
D y boit huit jours sans disgrâce.
Mais, à la fin il y boit tant,
Qoe le breuvage se répand*
Ce fiit bien là le comble. O science fetale f Science que Damon eât bien feit d'éviter ! Il jette de fureur cette coupe infernale ; Lui-même est sur le pomt de se précipiter, n enferme sa femme en une tour carrée; Lui va , soir et matin , reprocher son forfeit. Cette honte, qu'aurait le silence enterrée , Court le pays, et vit du vacarme qu'il fait.
Calîste cependant mène une triste vie.
Comme on ne lui laissait argent ni pierrerie. Le geôlier fut fidèle ; elle eut beau le tenter.
Enfin la pauvre malheureuse Prend ion temps que Damoo, pleia tfaidear aniMireosê*
Était d'humeur à l'écouter.
Pai, dit-elle, conmiis on crime inexcusable ; Mais quoi ! sui»-je la seule ? hélas ! non. Pea d'éponx Sont exempts , ce dit-on, d'un accident semblable. Que le moins entaché se moque un peu 4^ vons.
Pourquoi donc être inconsolible ?
EhbienI reprit Damoa, je me consolerai,
Et même vous pardonnerai,
Tout, incontinent qne j'aurai Trouvé de mes pareils une telle légende , Qu'il s'en puisse former une armée assez grande Ponr s'appelar royale. H ne fent qu'employer Le vase qui me sut vos secrets révéler.
Le mari, sans tarder exécutant la chose. Attire les passants, tient table en son château. Sur la fin des repas , à chacun il propose L'essai de cette coupe, essai rare et nonvean. Ma femme , leur dit-il, m'a quitté ponr un antre :
Voulez-vous savoir si la vôtre Vous est fidèle ? il est quelquefois bon D'apprendre comme tout se passe à la maison» En voici le moyen : buvez dans cette tasse :
Si votre femme de sa grâce
Ne vous donne aucun suffragant.
Vous ne répandrez Nullement;
Mais si du dieu nommé Volcan Vous suivez la bannière, étant de nos eoafrèiea
En ces redoutables mystères,
De part et d'aatve la boisson
Coulera sur votre menton.
Autant qu'il s'en rencontre à qui Démon propose
Cette pernicieuse chose , Autant en font l'essai : presque tous y sont pris. Tel en rit , tel en pleure ; et, selon les esprits ,
Cocuage en plus d'une sorte
Tient sa morgue parmi ses gens.
Déjà Tarmée est assez forte
Pour faire corps et battre aux champs.
La Toilà tantôt qai meDace GouTerneurs de petite place, Et lear dit qu'ils seront pendus
Si de tenir ils ont Taudace :
Car , pour être royale , il ne lui manque plus
Que peu de gens; c'est une affaire
Que deux ou trois mois peuvent faite.
Le nombre croit de jour en jour
Sans que Ton batte le tambour.
Les différente degrés où monte cocuage
Règlent le pas et les emplois :
Ceux qu'il n'a visités seulement qu'une fois
Sont fontassins pour tout pouge '*,
On feit les autres cavaliers.
Quiconque est de ses familiers,
On ne manque pas de Télire
Ou capitaine , on lieutenant ,
Ou l'on lut donne un régiment,
Selon qu'entre les mains du sire
Ou plus ou moins subitement
I^ Ûquenr du vase s'épand.
Un versa tout en un moment :
n fut fait général. Et croyez que l'armée
De haute officiers ne manqua :
Plus d'un intendant se trouva;
Cette charge fut partagée.
Le n(»nbre des soldate étant presque complet,
Et plus que suffisant pour se mettre en campagne ,
Renaud, neveu de Charlemagne, Passe par ce château : Ton l'y traite à souhait ;
Puis le seigneur du lieu lui fiait
Même harangue qu'à la troupe.
Renaud dit à Damon : Grand merci de la coupe : Je crois ma femme chaste, et cette foi suffit.
Quand la coupe me l'aura dit.
Que m'en reviendra-t-il? Cela sera-t-il cause De me faire dormir de plus que de deux yeux?
Je dors d'autant, grâees aux dieux.
Puis-je demander autre chose?
Que sais-je? par hasard si le vin s'épanddt ; Si je ne tenais p9s votire vase assez droit?
Je suis quelquefois maladroit :
Si cette coupe enfin me prenait pour un autre ?
Messire Damon, je suis vôtre :
Commandez-moi tout , hors ce point.
Ainsi Renand partit y et ne hasarda point.
Damon dit : Celni-d, messieurs, est bien plus sage Que nous n'avons été : consolons-nous pourtant; Nous avons des pareils ; c'est un grand avantage, n s^en rencontra tant et tant
< Ripretrioa pioTerblale, ponr dire limplemeot, en tout, ponrloiit.
CONTES ET NOUVELLES
Que , Tannée à la fin royale devenne, Calisie eut liberté , selon le convenant ' ; Par son mari chère tenue , Tout de même qu'auparavant.
Époux, Renaud vous montre à vivre :
Pour Damon, gardez de le suivre.
Peut-être le premier eût eu charge de Tost * : Que sait-on? Nul mortel, soit Roland, soit Renaud , Du danger de répandre exempt ne se peut croire : Charlemagne lui-même aurait eu tort de boire.