LIVRE
Cbaeoii te dit, et diacon 8*en tmt là :
Or de prêter à moins que sur Ixm gage,
Poiotde DOOTellç : on oublia les dons
Et le m^te , et les belles raisons
De Fédérk , et sa première vie.
Le prolestant ' de madame Clitie
N'eat dn crédit qu'autant qu'il eut du fonds.
Tant qui! dura, le bal, la comédie
Ne manqua point à cet heureux objet ;
De maints tournois elle fut le siiget ;
Faisant gagner marchands de toutes guises,
Faiseurs d*babits , et feiseurs de devises ,
Musiciens , gens du sacré vallon :
Fédéric eut à sa table Apollon.
Femme n'était ni fille dans Florence
Qui n'employât , pour débaucher le opeur
Du cavalier , Tune un mot suborneur ,
L'autre un coupd'osil, l'autre quelqueautre avance :
Mais tout cela ne foisait que blanchir.
Il aimait mieux Clitie inexorable
Qu'il n'aurait foit Hélène fevorable.
Conclusion , qu'il ne la put fléchir.
Or , en œ train de dépense efAroyable , il envoya les marquisats au diable Premi^ement ; puis en vint aux comtés , Titres par lui {dus qu'aucuns regrettés , Et dont alors on toait plus de compte. Delà les monts chacun veut être comte , Ici marquis, baron peut-être ailleurs.
Je ne sab pas lesquds sont les meilleurs ; Mab je sais bien qu'aveoque la patente De œs beaux noms on s'en aille au niaithé , L'on reviendra comme on était allé :
Prenez le titre , et laissez-moi la rente. Clitie avait aussi beaucoup de bien ; Son mari même était grand terrien.
Almi jamais la belle ne prit rien , Aigent ni dons , mais souffrit la dépense Et les cadeaux , sans croire pour cela Etre obligée à nulle récompense.
S'O m'en souvient , j'ai dit qu'il ne resta Aq pauvre amant rien qu'une métairie , Chétive encore , et pauvrement bâtie. liFédéric alla se confiner , Honteux qu'on vit sa misère en Florence ; Honteux encor de n'avoir su gagner ,
Ifipar amonr , ni par magnificence ,
Ni par six ans de devoirs et de soins ,
Une beauté qn'il n*en aimait pas moins
H s'en prenait à son peu de mérite ,
Non à Clitie ; elle n'ouït jamais ,
oontinneltement des proCesCaUons d* amoor.
Ni pour froidenr , ni pour antres sqetSi Plainte de lui , ni grande ni petite.
Notre amoureux subsista comme il put Dans sa retraite , où le pauvre homme n'eiit Pour le servir qu'une vieille édentée ; Cuisine froide et fort peu fréquentée; A récurie , un cheval assez bon , Mais non pas fin ; sur la perche , un faucon Dont à l'entour de cette métairie Défunt marquis s'en allait , sans valets, Sacrifiant à sa mélancolie Mainte perdrix , qui , las l ne pouvait mais ' Des cruautés de madame Clitie.
Ainsi vivait le malheureux amant ; Sage s'il eût , en perdant sa fortune , Perdu l'amour qui Fallait consumant :
Mais de ses feux la mémoii*e importune Le talonnait ; toujours un double ennui Allait en croupe à la chasse avec lui.
Mort vint saisir le mari de Clitie.
Comme ils n'avaient qu'un fils pour tous enfants , ' Fils n'ayant pas pour un pouce de vie , Et que répoox , dont les biens étaient grands , Avait toujours considéré sa femme.
Par testament il déclare U dame Son héritière , arrivant le décès De l'enfançon ' , qui peu de temps après Devint malade. On sait que d'ordinaire A .ses enfants mère ne sait que faire Pour leur montrer l'amour qu'elle a pour eux; Zèle souvent aux enfants dangereux.
Celle-ci , tendre et fort passionnée , Autour du sien est toute la journée , Lui demandant ce qu'il veut , ce qu'il a ;, S'il mangerait volontiers de cela ; Si ce jouet , enfin si cette chose Est à son gré. Quoi que Ton lui propose , n le refuse y^et pour toute raison Il dit qu'il veut seulement le faucon De Fédéric ; pleure , et mène une vie A faire gens de bon cœur détester.
Ce qu'un enfant a dans la fantaisie Incontinent il faut l'exécuter , Si l'on ne veut l'ouïr toujours crier.
Or il est bon de savoir que Clitie A cinq cents pas de cette métairie Avait du bien , possédait un château :
Ainsi l'enfant avait pu de l'oiseau Ouïr parler. On en disait merveUles :
■ Ify pouvait rien. Mais slgnifle ici pitu, davinUge, et vient de mogU.
■ Du petit enbnt
CONTES ET NOUVELLES
On en comptait des dioses nonpareiUeB ; Que devant lui jamais une perdrix Ne se sauvait, et qii^il en avait pris Tant ce matin , tant cette après-dln^.
Son maître n'eût donné pour un trésor Un tel faucon. Qui fat bien empêchée?
Ce fut Clitie. Aller ôter encor A Fédéric Tunique et seule chose Qui lui restait ! et supposé qu'elle ose Lui demander ce qu'il a pour tout bien , Auprès de lui méritait-elle rien?
Elle Tavait payé d'ingratitude; Point de faveurs ; toujours hautaine et rode En son endroit. De quel front s'en aller Après cela le voir et lui parler , Ayant été cause de sa ruine?
D'autre côté Tenfant s'en va moniir , Refuse tout , tient tout pour médecine ; Afin qu'il mange, il fout l'entretenir De ce faucon; il se tourmente , il crie : . S'il n'a l'oiseau, c*est fait que de sa vie.
Ces raisons-d remportèrent enfin.
Chez Fédéric la dame un beau matin S'en va sans suite et sans nul équipage. Fédéric prend pour un ange des deux Celle qui vient d'apparaître à seas yenx ; Mais cependant il a honte , il enrage De n'avoir pas chez soi pour lui donner Tant seulement un malheureux dîner.
Le pauvre état on sa dame le treuve * Le rend confus. Il dit donc à la veuve : Quoi I venir voir le plus humble de ceux Que vos beautés ont rendus amoureux ; Un villageois , un hère , nn misérable ! C'est trop d'honneur, votre bonté m'accable. Assurément vous alliez autre part.
A ce propos notre veuve repart :
Non , non , seigneur ; c'est pour vous la visite ;* Je viens manger avec vous ce matin.
Je n'ai , dit-il , cuismier ni marmite : Que vous donner? N'avez-vous pas du pain ? Reprit la dame. Incontinent lui-même Il va chercher quelque œuf au poulailler , Qodqne morceau de lard en son grenier.
Le pauvre amant , en ce besoin extrême Voit son fanoon , sans raisonner le prend , Luitordlecou,leplume, lefricasse, Et l'assaisonne , et court de place en place. Tandis la vieille a soin du demeurant ; FouUle au bahut ; dioîsit pour cette fête Ce qu'ils avaient de tinge plus honnête ;
* Le trouve
Met le couvert; va cueillir an jardin
Dn serp(^et , nn peu de romarin ,
Cinq on six fleurs , dont la table est jonchée*
Ponr abréger f on sert la fricassée.
La dame en mange , et fdnt d'y prendre godt.
Le repas foit , cette femme résout
De haurder l'indvite requête ,
Et parle ainsi : Je suis folle, seigneur,
De m'en venir vous arracher le corar ;
Encore un coup , il ne m'est guère honnête
De demander à mon défunt amant
L'oiseau qui foit son seul contentement :
Doit-il pour moi s'en priver nn moment?
Mais excusez une mère affligée :
Mon fils se meurt; il veut votre fouoon.
Mon procédé ne mérite un tel don ;
La raison veut que je sois refusée :
Je ne vous ai jamais accordé rien.
Votre repos , votre honneur , votre bien,
S'en sont allés aux plaisirs de Clitie.
Vous m'aimiez plus que votre propre vie :
A cet amour j'ai très-mal répondu;
Et je m'en viens , pour comble d'injustice ,
Vous demander... et quoi ? c'est terni» podu ;
Votre foucon. Mais non : plutôt périsse
L'enfant , la mère , avec le demeurant ,
Que de vous faire nn déplaisir si grand !
Sonfh^ sans plus que cette triste mère.
Aimant d'amour la chose la plus chère
Qne jamais liemme au monde puisse avoir ,
Un fils nnlqne , une unique espérance ,
S'en vienne an moins s'acquitter du devoir
De la nature , et pour tonte allégeance
En votre sein décharge sa douleur.
Vons savez bien par vôtre expérience
Qne c'est d'aimer ; vous le savez , seigneur.
Ainsi je crois trouver chez voos excuse.
Hélas ! reprit l'amant infortuné.
L'oiseau n'est plus ; vous en avez dîné. L'oiseau n;est plus! dit la veuve confuse. Non , reprit-il : plût au ckl vous avoir Servi mon cœur , et qu'il edt pris la place De ce foucon ! Mais le sort me foit voir Qu'il ne sera jamais en mon pouvoir De mériter de vous aucune grâce.
En mon pailler rien ne m'était resté : Depuis deux jours la bête ^ a tout mangé. J'ai vu l'oiseau ; je l'ai tué sans peine : Rien coûte-t-il quand <m reçoit sa reine? Ce que je puis ponr vous est de chercher
>C*e8t4<Urele loup, le renard, le putob. le fuel, et lo autres bétes lanvaga qui a'introdaiteot dam let btMUiuniri el détruWentla volaUe.