VU. NICAISE
Un apprenti marchand était , Qu'avec droit Nicaise on nommait, Garçon très-neuf hors sa boutique Et quelque peu d'arithmétique , Garçon novice dans les tours Qui se pratiquent en amours.
Bons bourgeois du temps de nos pères S'avisaient lard d'être bons frères ; Ils n'apprenaient cette leçon Qu'ayant de la barbe au menton.
Ceux d'aujourd'hui , sans qu'on les flatte , Ont soin de s'y rendre savants
Oonîi^S' ^''"'"*J^'^«'*"î»er oa fao^jr. altérer, fuUiner,
Aussitôt que les autres gens.
Le jouvenceau de vieille date , Possible un peu moins avancé , Par les degrês n'avait passé.
Quoi qu'il en soit , le pauvre sire En trè»-beaa chemin demeura , Se trouvant court par oeloi-lâ :
C'est par l'esprit que je veux dire.
Une belle pourtant l'aima ; C'était la fille de son maître , Fille aimable autant qu'on peut l'être , Et ne tournant autour du pot % Soit par humeur Aranche et sincère , »Soit qu'il fût force d'ainsi faire, Étant tombée aux mains d'un^sot.
Quelqu'un de trop de hardiesse Ira la taxer ; et moi , non :
Tels procédés ont leur raison.
Lorsque l'on aime une déesse , Elle fait ces avances-là :
Notre belle savait cela.
Son esprit , ses traits , sa richesse , Engageaient beaucoup de jeunesse A sa recherehe; heureux serait Celui d'entre eux qui cueillerait , En nom d'hymen , certaine chose Qu'à meilleur titre elle promit Au jouvenceau ci-dessus dit :
Certain dieu parfois en dispose , Amour nommé communément. ' Il plut à la belle d'élire Pour ce point l'apprenti marchand.
Bien est vrai (car il faut tout dire) Qu'il était Irès-bien fait de corps , Beau , jeune , et frais ; ce sont trésors Que ne méprise aucune dame , Tant soit son esprit précieux.
Pour une qu'Amour prend par l'âme, Il en prend mille par les yeux.
Celle-ci donc , des plus galantes , Par mille choses engageantes Tâchait d'encourager le gars , N'était chiche de ses regards , Le pinçait , lui venait sourire ; Sur les yeux lui mettait la main , Sur le pied lui marciiait enfin.
A ce langage il ne sut dire Autre chose que des soupirs , Interprètes de ses désira.
« Ce>t-à>dirf,D'iié8lUntpas,tfétMtpMcml>MTiwéc; «pw- «ion proverbiale.