‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 166 sur 723 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Les tieax amis reYiennent de plus lieau . Pir préoi|Nit ^ A notre belle on laisse Le jeone fils, le pasteur à Tabbesse : Et rimk» alla jasques an point Qa'on en prêtait à qoi n'en avait point.

VllI. LE ROI CAPTOAULE

ET LE MAiniE EN DROIT.

Foroe gens ont été Tinstrument de leur mal;

Gandaole en est. un témoignage.

Ce roi fut en sottise un très-grand personnage )

Q fit pour Gygès son vassal Une galanterie imprudente et peu sage .

VoQs voyez , lui ditril, le visage charmant Et les traits délicats dont la reine est pourvue : Je TOQs jure ma foi que Taoeompagnement Est (fan tout autre prix, et passe infiniment;

Oe n*est rien qui ne Ta vue Toute nue. Je TOUS la veux montrer sans qu'elle en sache rien,

Car j'en sais un très-bon moyen; Hais à condition... vctps m'entendez fort bien

Sans que yen dise davantage :

Gjgès , il TOUS (kut être sage;

Point de ridicule désir :

Je ne prendrais pas de plaisir Aox TOUX impertinents qu'une amour sotte et vaine

y (m ferait faire pour la reine.

Proposez-Tous de voir tout oe corps si charmant

Conune un beau marbre seulement.

Je Teox que vous disiez que l'art, que la pensée , Qœ même le souhait ne peut aller plus loin.

Dedans le bain je Tai laissée :

, ^OQS êtes connaisseur ; venez être témoin • I>e ma félicité suprême.

Os vont : Gygès admire. Admirer c*est trop peu :

Son étonnement est extrême.

Ce doux objet joua son jeu.

Gygès en fut ému, quelque effort qu'il pût faire.

n aurait voulu se taire, Et ne point témoigner ce qu'il avait senti ; Hais son silence eût fait soupçonner du mystère : L*eugéntion fut le meilleur parti.

n s'en tint donc pour averti ; £t,sansbirele fin, le froid, ni le modeste , ^^Hne point, chaque article , eut son fait , fut loué. I>ieox ! disait4i au roi, quelle félicité I I^ beau corps! le beau cuir 1 û dell et tout le reste!

De ce gaillard entretien

La reine n'entendit rien ;

' Par droit aoqabarantlo partage de U commonaaté.

Elle l'eût pris pour outrage :

Car en ce siècle ignorant Le beau sexe était sauvage, n ne l'est plus maintenant.

Et des louanges pareilles '

De nos dames d'à présent N'éoorchent point les oreilles.

Notre examinateur soupirait dans sa peau; L'émotion croissait, tant tout lui semblait beau. Le prince , s'en doutant , remmena : mais son âme Emporta cent traits de flamme ; Chaque endroit lança le nen.

Hélas ! fiiir n'y sert de rien ; Tourments d'amour font si bien Qu'ils sont toujours de la suite.

Près du prince, Gygès eut assez de conduite : Mais de sa passion la reine s'aperçut.

Elle sut L'origine du mal : le roi, prétendant rire, S'avisa de lui tout dire.

Ignorant ! savait-il point Qu'une reine sur ce pdnt N'ose entendre raillerie?

Et supposé qu^en son cœur Gela lui plaise , elle rie ,- Il lui ikut , pour son honneur, Gontrefkire la fbrie.

Gelle-ci le fiit vraiment , Et réserva dans soi-même De quelque vengeance extrême Le désir très- véhément.

Je voudrais pour un moment, Lecteur , que tu fusses femme; Tu ne saurais autrement Concevoir jusqu'où la dame Porta son secret dépit.

Un mortel eut le crédit De voir de si belles choses, A tous mortels lettres closes * ! Tels dons étaient pour des dieux ; Pour des rois , voulaîsje dire ; L'un et l'autre y vient de dre ', Je ne sais quel est le mieux.

Ges pensers incitaient la reine à la vengeance. Honte , dépit , courroux , son cœur employa toot ; Amour même , dit-on , fut de l'intelligenee ;

De quoi ne vient-il point à bout?

Gygès était bien foit, on l'excusa sans peine 3 Sur le montreur d'appas tomba tonte la haine, n était mari, c'est son mal; Et les gens de ce caractère Ne sauraient en aucune affiûre

' Tenues aecrfttet.

'BipraMioo proT«rbiale»poardlre7 viennent fort à propos.

sao

CONTES ET NOUVELLES

Commettre de péché qui ne soit capital. Qu*est-il besoin d'user d'uo plus ample prologue? Voilà le roi bal , voilà Gygès aimé ; Voilà tout foit et tout formé Un époux du grand catalogue, Dignité peu briguée, et qui fleurit pourtant. La sottise du prince était d'un tel mérite Qu'il fut dit in petto confrère de Vnlcan ; De là jusqu'au bonnet la distance est petite. Cela n'était que bien ; mais la Parque maudite Fut aussi de l'intrigue, et , sans perdre de temps , Le pauvre roi par nos amants Fut député vers le Cocyte ; On le 'fit trop boire d'un coup :

Quelquefois , hélas I c'est beaucoup.

Bientôt un certain breuvage Lui fit voir le noir rivage ; Tandis qu'aux ye^ de Gygès S'étalaient de blancs objets : Car, fût-ce amour, fût-ce rage , Bientôt la reine le mît Sur le trône et dans son lit.

Mon dessein n'était pas d'étendre cette histoire , On la savait assez. Mais je me sais bon gré ,

Car l'exemple a très^ien cadré ; Mon texte y va tout droit : même j'ai peine à croire Que le docteur en lois dont je vais discourir Puisse, mieux que Gandaule, à mon but concourir. Rome, pour ce coup-ci, me fournira la scène , Rome, non celle-là que les mœurs du vieux temps Rendaient triste, sévère, mcommode aux galants ,

Et de sottes femelles pleine ; Mais Rome d'aujourd'hui , séjour charmant et beau ,

Où l'on suit un train plus nouveau.

Le plaisir est la seule affaire

Dont se piquent ses habitants :

Qui n'aurait que vingt ou trente ans ,

Ce serait un voyage à foire,

Rome donc eut naguère un maître dans cet art Qui du Tien et du Mien tire son origine ; Homme qui hors de là ikisait le googuenard .*

Tout passait par son étamine *;

Aux dépens du tiers et du quart n se divertissait. Avint que le légiste , Parmi ses écoliers , dont il avait toujours

Longue liste.

Eut nn Français, moins propre à filtre en droit un coors

Qu'en amours.

Le docteur, un beau jour, le voyant sombre et triste Lui dit : Notre féal , tous voilà de relais ,

' BxpraHkNi proYerblale. pour dira par lOtt examen.

Car vous avez la mine, étant hors de Véodkj De ne lire jamais Barthole.

Que ne vous poussez-vous ? Un Français être ainsi

Sans intrigue et sans amourettes !

Vous avez des talents; nous avons des coquettes,

Non pas pour une, Dieu merci.

L'étudiant reprit : Je suis nouveau dans Rome. Et puis, hors les beautés qui font plaisir aux gens Pour la somme \

Je ne vois pas que les galants

Trouvent ici beaucoup à foire.

Toute maison est monastère ; Double porte , verrous, une matrone austère, Un mari, des Argus. Qu'ind-je , à votre avis,

Chercher en de pareils logis?

Prendre la lune aux dents serait moins difficUe. Ha 1 ha ! la lune aux dents I repartit le docteur ;

Vous nous faites beaucoup d'honneur.

Pai pitié des gens neu& oonune vous. Notre ville Ne vous est pas connue, en tant que je puis toit.

Vous croyez donc qu'il faille avoir Beaucoup de peine à Rome en fait que d'aventures? Sachez que nous avons ici des créatures

Qui feront leurs maris cocus

Sur la moustache des Argus :

La chose est chez noos très-commune.

Témoignez seulement qiie vous cherchez fortone; Placez-vous dans l'église auprès du bénitier; Présentez sur le doigt aux dames l'eau sacrée;

C*est d'amourettes les prier.

fil l'air du suppliant à quelque dame agrée,

Celle-là , sachant son métier,

Vous enverra faire un message.

Vous serez déterré, logeassiez-vous en lien

Qui ne fftt connu que de Dieu :

Une vieille viendra , qui, feite au badinage , Vous saura ménager un secret entretien :

Ne vous embarrassez de rien.

De rien ; c'est un peu trop, j'excepte quelqoedïoie: U est bon de vous dire en passant, notre ami, Qu'à Rome il faut agir en galant et demi. En France on peut conter des fleurettes, roocanse; Id tous les moments sont chers et précieux : Romaines vont au but. L'autre reprit : Tant mieux-

Sans être Gascon je puis dire

Que je sois un merveilleux sire.

Peut-être ne l'était-il point :

Tout honmie est Gascon sur ce point.

Les avis du docteur furent bons : le jeune homme Se campe en une église où venait tons les joon

• Gre8t-à-dire.honletooartiiane8.<iQeroaoMeotlprix(rtf cent.

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