‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 178 sur 723 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Bref, le payer da soin quil prend ici : De ces friiil54à le dernier n*est le pire. Votre jardin Tiendra comme de cire :

Desœndez-y ; ne doutez da sacoès.

Voire mari ne se tiendra jamais ' Qo^à sa maison des champs , je tous i^assure , Tuidt il n'aille éprouver sa monture.

Vos douagnas en leur premier sommeil , VoDS descendrez , sans nul autre appareil Que de jeter une robe fourrée Sur TOtre dos , et viendrez au jardin.

De mon cdté Téchelle est préparée , Je monterai par la cour du voisin ; Je Tai gagné} U rue est trop publique.

Ne craignez rien. ... — Ah 1 mon cher Magnifique , Que je vous aime , et que je yoiia sais gré De œ dessein t venez , je descendrai. — Cesl vous qui parlj'... Ehl plût au ciel , madame, Qq'oo vous osât embrasser les genoux! — Moo Magnifique , à tantôt ; votre flamme Ne craindra point les regards d'un jaloux. L amant la quitte , et feint d^étre en courroux ; Puis, tout grondant : Vous me la donnez bonne , AMobrandin I je n'entendais cela.

Autant vaudrait ntétre avecque personne Que d'être avec madame que voilà.

Si TOQS trouvez dievaux à ce prix-là , Vous les devez prendre sur ma parole.

Le mien hennit du moins ; mais cette idole Est proprement un fort joli poisson.

Or sus , j!en tiens ; ce m'est une leçon. Quiconque veut le reste du quart d'heure N'a qu'à parler j'en ferai juste pri]^. • Aldfli>randin rit si fort qu'il en pleurer' Ces jeunes gens , dit-il, en leurs esprits Mettent toujours quelque haute entreprise. Notre féal , vous lâchez trop tôt prise ; Atcc le temps on en viendrait à bout.

J*7 tiendrai Tceil ; car ce n'est pas là tout ; Nous j savons encor quelque rubrique.

Et cependant , monsieur le Magnifique , La haqoenée est nettement à nous :

Plus ne fera de dépense chez vous.

Dès aujourd'hui , qu'il ne vous en déplaise , Vous me verrez dessus fort à mon aise Dans le chemin de ma maison des champs.

II n'j manqua, sur le soir ) et nos gens Au nndez-vous tout aussi peu manquèrent. Dire comment les dioses s'y passèrent , C'est on détail trop long; lecteur prudent, it m'en remets à ton bon jugement :

' Ptmr e'eit wmt qui pariêi, Inoomctioo et lioenoe.

La dame était jeune , fringante et belle, L^amant bien fait , et tous deux fort épris. Trois rendez- vous coup sur coup furent pris : Moins n'en valait si gentille femelle. * Aucun péril , nul mauvais accident , Bons dormilifs en or comme en argent Aut douagnas ', et bonne sentinelle.

Un pavillon vers le bout du jardin- Vint à propos : messire Aldobrandin Ne Tavait fait bâtir pour cet usage.

Conclusion, qu'il prit en oocuage Tous ses degrés : un seul ne lui manqua , Tant sut Jouer son jeu la haquenée l Content ne fut d'une seule journée Pour réprouver ; aux diamps il demeura Trois jours entiers, sans doute ni scrupule. J'en connais bien qui ne sont si chanceux ; Car ils ont femme , et n'ont cheval ni mule , Sachant de plus tout ce qu'on fait chez eux.

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