‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 185 sur 723 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

n Ta dies loi songer à cette afliiire : Rico ne lui peat dâyrooiller le mysière.

Trou joars n'étaient passés entièrement Qoe reroid chez Alis notre belle.

Vous n'avez pas , madame , loi dit-elle , Encore va, je pense, notre amant; De plus en plos sa poursuite s'augmente. Madame Alis s'emporte , se tourmente :

Qoel malheureux ! Pub , Tautre la quittant , Elle le mande. Il vient tout à l'instant. Dire en quels mots Alis fit sa harangue, 11 me faudrait une langue de fer ; Et, qoand de fer j'aurais même la langue , Je D'y pourrais parvenir : tout Tenfer Fat employé dans cette réprimande.

Allez, Satan; allez, vrai Lucifer, Maudit de Dieu. La fureur fut si grande , Qoe le pauvre homme , étourdi dès l'abord , Ne sot que dire. Avouer qu'il eût tort , C'était trahir par trop sa conscience, n s'en retourne ; il rumine , il repense, n rêve tant, qu'enfin il dit en soi : Si c'était là quelque ruse d'Aminte !

Je trouve , hélas ! mon devoir dans sa plainte. Elle me dit : OGléon ! aime-moi , Âime-moi donc , en disant que je l'aime. Je Taime aussi , tant pour son stratagème Qoe pour ses traits. JTavoue en bonne foi Que mon esprit d'abord n'y voyait goutte ) Mais à présent je ne fois aucun doute: / Afflinte veut mon cœur assurément.

Ah I si j'osais, dès ce même moment Je Tirais voir; et, plein de confiance, Je loi dirais quelle est la violence, Qœl est le feu dont je me sens é|NÎs. Poorquoi n'oser? offense pour offense , L'amoor vaut mieox enoor que le mépris. Mas si l'époux m'attrapait an logbl...

UisBons-la foire , et laissons-nous conduire.

Trois autres jours n'étaient passés encor ,

Qq Aminte va chez Alis pour instruire

Son cher Qéon du bonheur de son sort.

ni^ot, dit-elle, enfin que je déserte;

Voire parent a résolu ma perte ;

Urne prétend axpir par des présents :

Moi , des présents I c'est1>ien choisir sa femme.

Tenez, voilà rubis et diamants ;

Voilà bien pis; c'est mon portrait , madame :

Asnirément de mémoire on l'a foit ,

^mon époux a tout seul mon portrait.

A mon lever, celte personne honnête

Que TOUS savez , et dont je tais le nom ,*

S'en est venue , et m'a laissé ce don.

Votre parent mérite qu'à la tète

On le lui jette , et , s'il était ici...

Je ne me sens presque pas de colère.

Oyez * le reste : il m'a fait dire aussi

Qu'il sait fort bien qu'aujourd'hui pour aflhire

Mon mari couche à sa maison des champs ;

Qu'incontinent qu'il croira que mes gens

^ Seront couchés et dans leur premier somme ,

Il se rendra devers mon cabinet.

Qu'espère-t-U ? pour qui me prend cet homme?

Un rendez-vous ! es^il fol en effet ?

Sans que je crains de conunettre Géronte,

Je poserais tantôt un si bon guet ,

Qu'il serait pris ainsi qu'au trébuchet ,

Ou s'enfuirait avec sa courte honte.

Ces mots finis, madame Aminte sort.

Une heure après, Gléon vint; et d'abord

On lui jeta les joyiHx et la botte :

On l'aurait pris à la gorge au besoin.

Eh bien I cela vous sembl&t-il honnête?

Mais ce n'est rien , vous allez bien plus loin.

Alis dit lors 9 mot pour mot,ce qu' Aminte

Venait de dire en sa dernière plainte.

Qéon se tint pour dament averti.

J'aimais , dit-il , il est vrai , cette belle ;

Mais , puisqu'il fout ne rien espérer d'elle ,

Je me retire , et prendrai ce parti.

Vous ferez bien , c'est celui qu'il faut prendre ,

Lui dit Alis. H ne le prit pourtant.

Trop BTen , minuit à grand'peiae sonnant,

Le compagnon sans foute se va rendre

Devers l'endroit qu' Aminte avait marqué.

Le rendez-vous était bien expliqué ;

Ne doutez pas qu'il n'y fût sans escorte.

La jeune Aminte attendait à la porte :

Un profond somme occupait tous les yeux;

Même ceux-là qui brillent dans les cieux

Étaient voilés par une épaisse nue.

Comme on avait toute ehose prévue ,

n entre vite , et sans autre discours

Us vont... ils vont au cabinet d'amours.

Là le galant dès l'abord se récrie,

Gomme la dame était jeune et jolie ,

Sur sa beauté ; la bonté vint après ;

Et ceU&d suivît l'autre de près.

Mais , dites-moi de grâce, je vous prie,

Qui vous a foit aviser de ce tour?

Car jamais tel ne se fit en amour :

Sur les plus fins je prétends qu'il excelle.

Et vous devez vous-même l'avouer.

Elle rougit, et n'en fîit que plus belle.

« Êooatei.

Sur son esprit, sur ses traits, sur son zèle, D la loua. Ne fit-il que louer?

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