‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 196 sur 723 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Se cmrent, par mirade , en l'Olympe rendus.

Tous comblez , dirent-ils , vos moindres créatures :

Aurions-nous bien le cœur et les mains assez pures

Poor présider id sur les honneurs divins ,

Et , prêtres , tous ofirir les vœux des pèlerins I

Jopiter exauça leur prière innocente.

Bêlas I dit Pbilémon , si votre main puissante

Voulait fiivoriser jusqu'au bout deux mortels,

Ensemble nous mourrions en servant vos autels.

Qothon ferait d^un coup ce double sacrifice ;

D'autres mains nous rendraient un vain et triste office -,

Je ne pleurerais point celle-ci , ni ses yeux

Ne troubleraient non pins de leurs larmes ces lieux.

Jupiter à ce vœu fut encor favorable.

Mais oserahje dire un fait presque incroyable ?

In jour qu'assis tous deux dans le sacré parvis

Us contaient cette histoire aux pèlerins ravis ,

La troupe à Tentour d'eux debout prétait Toceille;

Philémon leur disait : Ce lieu plein de merveille

iN'a pas toujours servi de temple aux immortel^ :

Uq bourg était autour , ennemi des autels ,

Gens barbares , gens durs , habitade * d'impies ;

Do céleste courroux tous furent les hosties*.

Il ne resta que nous d'un si triste débris :

Vous en verrez tantdt la suite en nos lambris ;

Jopiter Vj peignit. En contant ces annales ,

PhilémoD regardait Bauds par intervalles ;

EUe devenait aihre, et lui tendait les bras ;

0 Teut loi tendre aussi les siens , et ne peut pas.

0 veut parler, Técorce a sa langue pressée.

L'on et Tautre se dit adieu de la pensée :

Le corps n'est tantdt ' plus que fecdllage et que bois.

D'étonnement la troupe ainsi qu'eux perd la voix.

Même instant , même sort â leur fin les entraine ;

Bauds devient tilleul, Philémon devient chêne.

On les va voir encore , afin de mériter

Les douceurs qu'en hymen Amour leur fit goûter.

Us courbent sous le poids des offrandes sans nombre.

Pour peu que des époux séjournent sous leur ombre ,

Ils s'aiment jusqu'au bout, malgré l'effort des ans.

Ah ! si... Mats autre part j'ai porté mes présents^.

Cdétiroos seulement cette métamorphose.

De fid^es témoins m'ayant conté la chose ,

Glio me conseilla de l'étendre en ces vers ,

Qui poarrontqudque jour l'apprendre à l'univers.

Qudqne jour on verra diez les races futures,

S(iQ8 Tappui d'un grand nom passer ces aventures.

' HabiUlioo. > Les Yictimes.

■ TnUt en dam 00 vers synonyme de bientôt , et U s'em* M noore ainai dans le style faioUier.

< U pensée de la Fontaine se reporte iei vers sa femme awc laquelle U ne vivait pas bien j U regrette d'une manière ^ndunle de ne pouvoir goûter les douceurs d'une union contote Men assortie. ( Voyet l'Histoire de fa vie et des ou- ^ogudeJeoMde la Fontaine, S* édlt. fn-s«, p. 369.)

Vendôme , consentez an lôs^ que j'en attends ; Faites-moi tnompher de l'Envie et du Temps : Enchaînez ces démons ; que sur nous ils n'attentent , Ennemis des héros et de ceux qui les chantent. Je voudrais pouvoûr dure en un style assez haut Qu'ayant mille vertus vous n'avez nul défaut. Toutes les célébrer serait œuvre mfinie ', L'entreprise demande un plus vaste génie : Car quel mérite enfin ne vous Sait estimer? Sans parler de celui qui force à vous aimer. Vous joignez à cesdons l'amour des beaux ouvrages; Vous y joignez un goût plus sûr que nos suffirages : Don du del , qui peut seul tenir lieu des présents Que nous font à regret le travail et les ans. Peu de gens élevés , peu d'autres eacor même , Font voir par ces faveurs que Jupiter les aime. Si quelque enfant des dieux les possède, c'est vous; Je l'ose dans ces vers soutenir devant tous. Clio, sur son giron , à l'exemple d'Homère , Vient de les retoudier , attentive à vous plaire : On dit qu'elle et ses soeurs , par l'ordre d' Apollon , Transportent dans Anet* tout le sacré vallon : Je le cnHs. Puissions-nous diantersout les ombrages Des arbres dont ce lieu va border ses rivages 1 Puissent^ls tout d'un ooiip élever leurs sourcils , Gomme on vit autrefois Philémon et Bauds I

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