‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 204 sur 723 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

PHÉDRIE, THAÏS, PARMENON.

thaïs.

AhlPhédrielEh bons dieux! Quoi, vous voir en ce lieul Vraiment vous avez tort : que n'entrez-vous ?

PHÉDRIE.

Adîeo.

THAÏS

Adieu ! le mot est bon , et vaut que l'on en rie.

PHÉDRIE.

Quoi I Thaïs ! i raffront joindre la raillerie ! C'est trop.

THAÏS

De quel affront entendez*vous parier ?

PHBDRIB.

Voyez , qu'il lui sied bien de le dissimuler I

THAÏS

Pour le moins dite»-moi d'où vient votre oolèie.

PHÉDRIE.

Me gardiez- vou8| ingrate , un refus pour salaire ? Après tant de bienfidts , après tant de travau, M'exdure , et recevoir je ne sais quels rivaux 1

THAÏS

Je ne puis autrement , et j'étais empêdiée.

PHÉDRIE.

Encor si , comme moi , vous en étiez touchée, Ou bien si , comme vous , Je ponvtts m'ai moquer 1

THAÏS

Vous êtes délicat , et facile & piquer. Écoutez mes raisons d'un esprit plus tranqMille : Pour quelque autre destein Texcuse était utile , Bt vous Tapprouverez vous-même assurément.

PARMBNON.

Elle aura par amour renvoyé notre amant ,

Et par haine sans doute admis Tautre en sa place.

THAÏS

Parmenon pourrait-il me faire assez de grâce Pour n'mterrompre point im discours commenoé?

PARMBNOK.

Oui ; mais rien que de vrai ne vous sera passé.

THAÏS

Pour vous mieux débrouiller le nœud de cette affaire, Je prendrai de plus liaut le rédt qu'il faut &ire. Quoiqu'on ignore ici le nom de mes parents , Ils ont en divers lieux tenu les premiers rangs : Samos fût leur patrie , et Rhodes, leur demeure.

PARHENON.

Tout cela peut passer, je n'en dis rien pour l'heure, n faut voir à quel point vous voulez arriver.

thaIs.

Là , tandis que leurs soins étaient de m^élever, On leur fit un présent d^une fille inconnue Qui dans Rhodes était pour esclave tenue. Bien qu'ellefd t ton jeunCjCt n'eût lorsque qoiMC aos, Elle nous dit son nom , celui de ses parents, Qu'on l'appelait PamphUe, et qu elle était d'Atlkpe; Que ses parents avaient encore un fila unique y Qtf il se nommait Chromer, que c'était leur espoir; C'est tout ce que l'on put à cet âge en savoir.

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