‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 266 sur 723 · GL7MÈNE · texte numérisé non relu

GL7MÈNE

Là , vous dis-je.

Vorez qoTil i de mal ! Sa maltresse l'oblige i s'asse<nr sur un lit : quelle peine pour lui ! SaTe^TOlls ce que c'est? je veux rire aujourd'hui. Point de discours plaintifs : bannissez Je vous prie, Ces soopirs à la voix du sommeil ennemie ; Tôuoignez, s'il se peut , votre amour autrement. Vas que f eut cette main , qtu s'en vient bnuqaement?

ACATfTHE.

Cest pour vous obéir , et témoigner mon zèle.

CLTMÈNB,

l*obéissance en est tm peu trop ponctuelle ; Noos TOUS en dispensons : Acanthe , soyez coi. Si bien donc que votre âme est tout en feu pour moi?

ACANTHE

Tootenfèo.

CLTMÈNE.

Vous n'avez ni cesse ni relâche ?

ACANTHE

Attcone.

CLTMENE.

Toujours pleurs, soupirs comme â la tâche?

ACANTHE

Toujours soupirs et pleurs.

CLTMÈNE.

J'en yeux avoir pitié.

Allez , je vous promets...

ACANTHE

Et quoi?

CLTMÈNE.

De l'amitié.

ACANTHE

Ah ! madame , faut-il railler d'un misérable?

CLTMÈNE.

Vous reprenez toujours votre ton lamentable. Oui , je vous veux aimer d'amitié malgré vous ; Mais si sensiblement , que je n'aie , entre nous j De là jusqu'à Tamour rien qu'un seul pas à £ûre.

ACANTHE

Etqtiand le ferez-vous ce pas si nécessaire?

" CLTMÈNE.

Jamais.

ACANTHE

Reprenez donc l'offre de votre cœur.

CLTMÈNE.

Vous en aurez regret ; il a de la douceur. Vous feriez beaucoup mieux d'éprouver ses largesses. Je baise mes amis , je leur fais cent caresses : A l'égard des amants , tout leur est refusé.

ACANTHE

Je ne veux pomt du tout , madame , être baisé. Vous riez

CLTMÈNE.

Le moyen de s'empéeher de rire 1 On veut baiser Acanthe ; Acanthe se retire.

ACANTHE

Et le pourriez-vous.voir traiter de son amour Pour un simple baiser, souvent froid, toujours court?

CLTMÈNE.

On redouble en ce cas.

ACANTHE

Oui , d'autres que Glymène.

CLTMÈNE.

Êprouvez-le.

ACANTHE

De quoi vous mettez-vous en peine?

CLTMÈNE.

Moi? de rien.

ACANTHE

Cependant je vois qu^en votre esprit Le refus de vos dons jette un secret dépit.

CLTMÈNE.

n est vrai , ce refus n'est pas fort à ma gloire. Dédaigner mes«baisers I cela se peut-il croire ? ' Acantlie, je le vois , n'est pas fin à demi : Il devait aujourd'hui promettre d'être ami ;

CCYMÈNÉ.

Demain il eût repris son prtmier personnage.

ACANTHB.

Et Glymène aanit pa souffrir ce badinage ? Un baiser n'aurait pas irrité ses esprits?

CLYMÈlfE.

Qu'importe? L'on s'apaise , et c'est autant de pris. Vous en pourriez déjà compter une douzaine.

ACANTHE

Madame y c*en est trop : à quoi bon tant de peine? Pour douze d'amitié donnez-m'en im d'amour.

CLTMlklfE.

C'est perdre doublement ; je le rendrais trop court.

ACANTHE

Mais , madame , voyons.

CLTMÈNE.

Mais, Acantbe, tous disje, L'amitié seulement à ces>fiiYeurs m'oblige.

ACANTHE

Eh bienl je consens d'être ami pour un moment.

CLTUÈNE.

Sous la peau de Tami , je craindrais que l'amant Ne demeurât cadié pendant tout le mystère. L'heure sonne ^ il est tard ; n'avez-rous point aflkire?

ACANTHE

Non i et quand j'en aurais , ces moments sont trop dom.

GI.T1IÈNE.

Je me veux habiller ; adieu , retiraz-vons.

APOLLON

Vous finissez bientôt I

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