LIVRE VI
IbnitlQHqaî n'en pentmais*, Dut périr mainl bateau
Le tout an sojet d'un manteaa .
Le cavalier eut sein d'empêcher qoe l'orage
Neae pât engouffier dedans.
Gela le préserra. Le Vent perdit son temps; Ptos Q se tonnnentait , plus Tantre tenait ferme : Q eut bean fiûre agir le collet et les plî$.
Sitdl qu'il fttt au bout du terme
Qn'à la gageure on avait mis ,
Le Soleil dissipe la nue, Récrée et pois pénètre enfin le caTalier ,
Soos son balandras * foît qu'il sue ,
Le contraint de s'en dépouiller :
Enoor n*usa-l-il pas de toute sa puissance.
Ploa bit douceur qoe violence*
FABLE IV
Jupiter el U Métayer.
Jnpller eut jadis une ferme à donner.
Mqrcuie en fit Tannonce, et gens se pi^sentèrent,
Firent des offires, écoutèrent :
Ce ne lot pas sans bien tourner;
L'unr alléguait que l'héritage Btail frayant ' et rude , et l'autre un autre si.
Pendant quils marchandaient ainsi , Cn d'eux , le plus hardi , mais non pas le plus sage, Promit d'en rendre tant , pourvu que Jupiter
Le laissât disposer de l'air ,
Lui donnât saison à sa guise , QoHeâtducfaaud, du froid, dubeautempsjdelabise.
Enfin du sec et du mouillé ,
Aussitôt qu*il aurait bâillé '.
Japiter y consent. Contrat passé , notre homme Trandieduroi desairs, pleut, vente, etfriif en somme Un dimat pour hii seul : ses plus proches voisins Ne s*en sentaient non plus que les Américains. Ce ftit leur avantage : ils eurent bonne année ,
neine moisson , pleine vinée.
* Dtmiti^, do mot latin wutgis. Sur cette lôeatlon, encore co ange du temps de la Fontaine , Toyes cl-aprèi , Uv. xi , bUeix.
s Le balandrat ou balandran était one sorte de manteau, noUean a dit dans ion Discours sur la satire : i Le sieur de • Profini anrait chansé son balandran en manteau court i
■ Oocasloonait beaucoup de frais ou de dépense.
* A eoomandement, et anssitdt qu'il aurait ouvert la boocbe. Si f cxpli^iiie le sens de cette phrase, c'est que, bien qu'elle ne piraisw pas présenter de doute, les commentateurs de notre pofte, et surtout chamfoit, s'y sont tons trompés : ils ont donné an mot bdilier le sens déjouer bail, confondant ainsi le tcrttt bdiiUr avec celui de bailler. La Fontaine a . dans les quatre éditions publiées de son Tivant, mis baailler, ce qui ne lasK aucun doute sur U véritable leçon t elle présente d'ailbn oa sent pins clair, plus français, et surtout plus plaisant.
Monsieur le receveur ftit Irès-mal partagée
L'an suivant, voilà tout diangé:
U ajuste d'une autre sorte
La température des cieux.
Son champ ne s'en trouve pas mieux ; Celui de ses voisins fructifie et rapporte. Que frdtil?II recourt au mtmarque des dieux,
Il confesse son imprudence.
Jupiteren usa comme un maître fort doux
Concluons que la Providence
Sait ce qu'il nous friut mieux que nous.
FABLE V
Le Cochet , U Chat , et le Souriceau»
Un souriceau tout jeune ,et qui n'avait rien vu ,
Fut presque pris au dêpourva. Voici comme il conta l'aventure à sa mère : J'avais franchi les monts qui bornent cet état ,
Et trottais comme un jeune rat
Qui dierche à se donner carrière, Lorsque deux animaux m'ont arrêté les yeux :
L'un doux , bénin', et gracieux , Et l'autre turbulent , et plein d'inquiétude ;
Il a la voix perçante et rude ,
Sur la tête un morceau de chair , Une sorte de bras dont il s'élève en l'air
' Comme pour prendre sa volée ,
La queue en panache étalée.
Or, c'était un cochet , dont notre souriceau
Fit à sa mère le tableau Comme d'un animal venu de l'Amérique, n se batiait, dit-il, les flancs avec ses bras ,
Faisant tel bruit et tel fracas , Que moi , qui grâce aux dieux de courage me pique ,
En ai pris la fuite de peur ,
Le maudissant de très-lxm cœur.
Sans lui j'aurais fait connaissance Avec cet animal qui m'a semblé si doux :
Il est velouté comme nous^ Marqueté , longue queue , une humble contenance , Un modeste regard , et pourtant l'œil luisant.
Je le crois fort sympathisant Avec messieurs les rats ; car il a des oreilles
En figure aux nôtres pareilles.
Je l'allais aborder , quand d'un son plein d'édal
L'autre m*a fait prendre la fuite.
Mon fils , dit la souris , ce doucet est un chat ,
Qui , sous son minois hypocrite,
Contre toute ta parenté
D'un malin vouloir est porté.
L'autre animal, tout au contraire ^
Bien éloigné de nous mal faire ,
FABLES
Servi» quelque jour peut-^tre à nos rqns. ^
Quant au chat, c'est sur nous qu'il fonde sa cuisine.
Garde^toi , tant que tu vivras , De juger des gens sur la mine.
• FABLE VL U Renard y U Sinqt, et Ue JMmoHX.
Les animaux , au décès d'un lion ,
En son vivant prince de- la contrée ,
Pour fiiire un roi s'assemblèrent, dit-^n.
De son étui la couronne est tirée :
Dans une cbartre * un dragon la gardait.
Il se trouva que , sur tous essayée ,
A pas un d'eux elle ne convenait :
Plusieurs avaient la tête trop menue,
Aucuns » trop grosse, aucuns même cornue.
Le singe aussi fit l'épreuve en riant;
Et, par plaisir la tiare essayant ,
n fit autour force grimaceries %
Tours de souplesse, et mille singeries,
Passa dedans ainsi qu'en un cerceau.
Aux animaux cela sembla si beau ,
Qu'il Alt élu : chacun lui fit hommage. Le renard seul regretta son suffrage , Sans toutefois montrer son sentiment.
Quand il eut fait son petit compliment, H dit au roi : Je sais, sire, une cache, Et ne croîs pas qu'autre que moi la sache. Or tout trésor, par droit de royauté, Appartient, sire, à votre majesté.
Le nouveau roi bâUle * après la finance ; Lui-même y court pour n'être pas trompé. C'était un piège : il y fut attrapé.
Le renard dit, au nom de l'assistance : Prétendi*ais-tu nous gouverner enoor, Ne sachant pas te conduire toi-même?
Il ftit démis ; et l'on tond)a d'accord Qu'à peu de gens convient le diadème.
FABLE VIL Le Mulet se vantant de ia généalogie.
Le mulet d'un prélat se piquait de noblesse , Et ne parlait incessamment '
' UnUeu de réflcrre, nue prison.
• Quclquewiii.. Voyei d^essus ta faWe i de ce «▼«. et d- •près ta fable xn du Uvre XII.
•Ce mot ne se tPouTc que dans notre poète, et il est si bien placé qu'on oublie qu'U a été Inventé pour ta rime.
4 Aspire après ta finance. Voyex sur cette expression ta note sur le vers 46 de ta fable xiii du livre II.
« Sans cesse. Ce mot se trouve encore employé en ce sens dans ta table. Ti du livre III.
Que de sa mère la jumem,
Dont il contait mainte prouesse.
Elle avait feit oed , pvis avait été là.
Son Sïs prétendait pour cela
Qu'<m le dût mettre dans l'histdie.
n eût cru s'abaisser servant un médecin. Étant devenu vieux , on le mit au moulin : Son père l'âne alors lui revint en mémoire.
Quand le malheur ne serait bon
Qu'à mettre un sot à la raison ,
Toujours serait-ce à juste cause
Qu'on le dit bon à quelque chose.
FABLE VIIL Le Vieillard et VAne.
Un vieillard sur son âne aperçut en passant
Un pré plein d'heflie et fleurissant :
n y lâche sa bête, et le grison se rue
Au travers de l'herbe menue ,
Se vautrant, grattan^et frottant.
Gambadant, chantant, et broutant.
Et Ikisant mainte place nette.
L'ennemi vient sur Fentrefaite.
Fuyons, dit alors le vieillard.
Pourquoi? répondit le paillard * ; Me fera-t-on porter double bât, double cfaai^? Non pas , dit le vieillard , qui prit d'abord le lai^. Et * que m'importe donc, dit Fane , à qui je sois?
Sauvez-vous, et me laissez paitre.
Notre ennemi, c'est notre maître :
Je vous le dis en bon françois.
FABLE IX
Le Cerf se voyant dans feaii .
Dans le cristal d'une fontaine
Un cerf se mirant autrefois
Louait la beauté de son bois,
Et ne pouvait qu'aveoque peine
Souffrir ses jambes de fuseaux , Dont il voyait l'objet ^ se perdre dans les eaux. Quelle proportion de mes pieds à ma tête! Disait-il en voyant leur ombre avec douleur ; Des taillis les plus hauts mon front atteint le faite ;
Mes pieds ne me font point d'honneur.
Tout en parlant de la sorte ,
Un limier le fait partir.
• LTjomme qui couche sur ta paille, le paysan. Ce mot n'i pins cette signiRcaUon.
> Vai. EMûaoB les éditions modrrnes.
' Umage projetée devant loi i objectus. C'est un taUnisme,